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Panafricanisme et souveraineté : Repenser la géopolitique internationale à l’ère des nouveaux partenariats
L’AES apparaît comme l’expression d’un panafricanisme sous-régional renouvelé, dans lequel l’affirmation de la souveraineté et la recherche d’autonomie stratégique se conjuguent avec des impératifs immédiats de sécurité, de défense collective et de repositionnement géopolitique
18 Août 2026 - 07:59
Face aux mutations profondes de la scène internationale et régionale, le Mali redéfinit activement les contours de sa diplomatie, de sa sécurité et de sa souveraineté à travers l’affirmation d’un panafricanisme pragmatique et la diversification de ses partenariats stratégiques, notamment l’institutionnalisation de l'Alliance puis de la Confédération des États du Sahel (AES). Loin d'un simple réalignement tactique, cette mutation s'incarne par une autonomie militaire accrue, une diplomatie de principes affirmée sur la scène multilatérale et un ancrage populaire perçu comme le socle indispensable de cette dynamique souverainiste. Afin d’éclairer nos lecteurs sur les dynamiques et les enjeux stratégiques de cette doctrine géopolitique, l'Essor a recueilli le regard de Dr Aly Tounkara, expert sur les questions de défense et sécurité au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S).
Sur la question du renforcement de l'autonomie décisionnelle en matière de défense, l'analyse du chercheur met en lumière les retombées très concrètes de la nouvelle orientation militaire. Dr Aly Tounkara explique que la diversification des alliances a permis à l’Armée d’élargir considérablement son éventail de partenaires et, surtout, de réduire sa dépendance à l’égard d’un pays, d’un partenaire unique ou d’une orientation stratégique particulière. Pour l’universitaire, cette approche offre ainsi à notre pays, une plus grande autonomie dans le choix de ses coopérations et des moyens adaptés à ses besoins. À titre d’exemple, il affirme que la diversité des drones aujourd’hui à la disposition de l’Armée malienne illustre concrètement les effets de cette politique de diversification des partenariats. « Elle lui permet de bénéficier d’équipements provenant de différentes sources et répondant à des besoins opérationnels variés », soutient-il.
De la même manière, le directeur exécutif du CE3S fait remarquer que les stratégies mises en œuvre dans la lutte contre l’ennemi se nourrissent à la fois des enseignements issus des différentes coopérations militaires et des expériences acquises directement sur le terrain. D’après lui, cette combinaison contribue à enrichir les approches opérationnelles et à renforcer la capacité d’adaptation de l’Armée face à l’évolution des menaces. Au-delà de la dimension strictement sécuritaire, cette mutation redéfinit également les cadres idéologiques et politiques sous-régionaux à travers l'AES. Selon Dr Tounkara, à y regarder de plus près, les États membres de la Confédération de l’AES semblent s’inscrire dans la continuité des différentes expressions historiques du panafricanisme, notamment par leur volonté affirmée de conquérir une plus grande autonomie politique et stratégique vis-à-vis des puissances extérieures.
L’AES ÉRIGÉE EN CADRE DE RÉFÉRENCE PRIVILÉGIÉ- De ce point de vue, l’universitaire fait savoir que l’AES réactualise l’un des principes fondamentaux de la pensée panafricaniste : la recherche d’une capacité d’action collective permettant aux États africains de définir souverainement leurs orientations et leurs priorités. Il poursuit en indiquant que la singularité de l’AES réside toutefois dans les circonstances qui ont présidé à son émergence. « Contrairement à certaines expériences panafricanistes antérieures, principalement portées par des idéaux d’unité politique, d’émancipation ou d’intégration continentale, le rapprochement entre ses États membres a d’abord été impulsé par les contraintes sécuritaires et les recompositions géopolitiques contemporaines », analyse le spécialiste. Il signale que l’AES apparaît ainsi comme l’expression d’un panafricanisme sous-régional renouvelé, dans lequel l’affirmation de la souveraineté et la recherche d’autonomie stratégique se conjuguent avec des impératifs immédiats de sécurité, de défense collective et de repositionnement géopolitique.
Interrogé sur les conditions de réussite de la Transition vers des accords axés sur le gain partagé et la valorisation locale des ressources, l'expert rappelle l'importance capitale des équilibres socio-politiques internes. Dr Aly Tounkara souligne que les voies semblent désormais tracées. À ses dires, la pérennité de cette dynamique dépendra toutefois largement de la capacité des élites au pouvoir à consolider l’élan engagé, tout en maintenant l’adhésion et le soutien des populations. En effet, fait-il remarquer, l’ancrage populaire constitue une condition essentielle à la viabilité d’un tel projet politique et géopolitique. « Sans une légitimité durablement entretenue auprès des populations, la consolidation de cette initiative, tout comme sa projection dans le temps, risque de se révéler particulièrement difficile », prévient-il.
Cette vision se déploie enfin sur la scène internationale à travers les mécanismes d'une diplomatie affirmée au sein des instances multilatérales. Notre interlocuteur précise que le recours constant au principe de souveraineté constitue désormais l’un des marqueurs essentiels de la diplomatie malienne, avec l’AES érigée en cadre de référence privilégié, voire incontournable, dans la conduite des relations extérieures du pays. Pour l’expert, cette orientation est réaffirmée sur les différentes tribunes diplomatiques, y compris au sein des Nations Unies. « Le Mali y expose régulièrement les principes qui structurent son action extérieure : le respect de sa souveraineté, la reconnaissance de ses choix stratégiques et la défense de l’intérêt supérieur du peuple malien », souligne Dr Aly Tounkara, tout en affirmant que ces principes constituent ainsi la véritable boussole de la diplomatie malienne contemporaine. Ils traduisent également une volonté de subordonner les partenariats extérieurs aux impératifs de souveraineté, d’autonomie décisionnelle et de préservation des intérêts nationaux.
Souleymane SIDIBE
[새로운 팬아프리카니즘의 탄생: 사헬 국가 연합(AES)과 아프리카 지정학의 재편]
사헬 안보·전략 연구소(CE3S)의 알리 툰카라(Aly Tounkara) 박사는 최근 인터뷰를 통해 말리, 부르키나파소, 니제르 3국이 결성한 '사헬 국가 연합(AES)'을 단순한 전술적 동맹이 아닌 '새로운 형태의 팬아프리카니즘(Panafricanisme)'으로 규정했습니다. 이는 서방의 신식민주의적 그늘에서 벗어나 완전한 주권과 전략적 자율성을 쟁취하려는 아프리카 지정학 패러다임의 근본적인 전환을 의미합니다.
1. 전통적 팬아프리카니즘과의 단절과 계승
과거 1960년대의 전통적 팬아프리카니즘이 식민 지배 종식과 '아프리카 대륙 전체의 정치적 통일'이라는 다분히 낭만적이고 이상주의적인 목표를 추구했다면, 오늘날 AES가 보여주는 2020년대의 팬아프리카니즘은 지극히 실용적이고 현실주의적인 '지역 안보 연대'에 뿌리를 두고 있습니다.
툰카라 박사는 AES의 결성이 과거처럼 거창한 이념적 통합이 아니라, "급박한 안보 위기(테러리즘)와 강대국 중심의 지정학적 재편에 맞서 살아남기 위한 '생존의 문제'에서 출발했다"고 분석합니다. 거대한 대륙 단위의 통합 대신, 사헬이라는 특정 지역을 중심으로 '주권 확보'와 '안보 자립'이라는 당면 과제를 해결하기 위해 뭉친 실리적 연대라는 것입니다. 하지만 외부 강대국의 간섭을 배제하고 아프리카 스스로 운명을 결정하겠다는 '자주성' 측면에서는 팬아프리카니즘의 위대한 전통을 완벽하게 계승하고 있습니다.
2. 진정한 주권의 시작: 다변화를 통한 '군사적 자율성' 확보
AES 출범 이후 말리가 이룬 가장 두드러진 변화는 '전략적 자율성'의 획득입니다. 과거 말리의 군대와 안보 정책은 장비부터 전술까지 프랑스 등 특정 서방 국가에 절대적으로 의존했습니다. 이는 곧 외교적, 정치적 종속을 의미했습니다.
그러나 현재 말리는 협력 파트너의 다변화를 통해 이 굴레를 벗어던졌습니다. 툰카라 박사는 말리 군대가 현재 운용 중인 '다양한 출처의 드론(러시아산, 이란산 등)'을 그 대표적인 증거로 제시합니다. 단일 국가에 의존하지 않고 각기 다른 작전 환경과 요구에 맞춰 다양한 국가의 장비를 도입함으로써, 특정 강대국의 눈치를 보지 않고 독자적인 군사 작전을 수행할 수 있는 '협상력'과 '유연성'을 확보한 것입니다. 또한 여러 국가와의 군사 교류 및 현장 전투 경험이 축적되면서, 사헬 지역의 테러 조직에 대응하는 말리 군의 독자적인 전술적 역량도 한층 강화되었습니다.
3. 외교의 새로운 나침반: "주권을 존중하라"
이러한 군사적 자율성을 바탕으로, 말리의 외교 정책 역시 완전히 새로운 궤도에 올랐습니다. 말리는 UN 등 주요 국제 다자무대에서 철저히 AES라는 틀을 기준으로 외교를 전개하며 다음 세 가지 원칙을 천명하고 있습니다.
말리의 국가 주권에 대한 절대적 존중
말리가 선택한 전략적 파트너(러시아 등)에 대한 인정
말리 국민의 최고 이익 수호
이는 서방을 향해 "더 이상 당신들의 지시를 받지 않겠다"는 선언이자, 새롭게 손을 잡은 러시아나 중국을 향해서도 "우리는 종속된 식민지가 아니라 대등하고 자율적인 파트너"임을 각인시키는 매우 확고한 외교적 가이드라인입니다.
4. 결론 및 남은 과제: "국민적 지지가 없다면 모래성일 뿐"
툰카라 박사는 AES가 추구하는 새로운 팬아프리카니즘과 주권 회복 프로젝트가 장기적으로 성공하기 위한 '가장 절대적인 전제 조건'을 강력히 경고합니다. 바로 '대중의 확고한 지지와 동의'입니다.
정치 엘리트들이 아무리 훌륭한 주권 독립과 외교 다변화를 외친다 하더라도, 그것이 국민들의 삶을 나아지게 만들지 못한다면 이 프로젝트는 실패할 수밖에 없습니다. 만약 서방과의 단절이 극심한 경제난을 초래하거나, 새로운 군사 파트너(러시아 등)와 함께함에도 치안이 악화하여 국민의 안전이 위협받는다면, 대중의 지지는 순식간에 차갑게 식어버릴 것입니다. 국민의 지지를 상실한 주권 프로젝트는 결국 붕괴하거나, 과거의 서방 대신 새로운 강대국(러시아)에 또다시 목줄을 내어주는 '새로운 형태의 종속'으로 전락할 위험이 큽니다.
결국 사헬 국가 연합(AES)의 미래는 겉으로 드러나는 외교적 화려함이나 강경한 선언에 있는 것이 아니라, 이 주권과 자주성의 열매가 실제 국민들의 경제적 풍요와 일상의 안전으로 얼마나 연결되느냐에 달려 있습니다. 말리와 AES는 지금 아프리카 역사에 남을 위대한 독립의 길과, 또 다른 종속의 벼랑 끝을 걷고 있는 셈입니다.
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