https://lefaso.net/spip.php?article148556 Coopération numérique : Le Burkina Faso et le Nigéria mènent la réflexion pour concrétiser des projets structurants Publié le mercredi 12 août 2026 à 23h47min
La coopération numérique entre le Burkina Faso et le Nigéria entre dans une phase plus concrète. En visite officielle à Ouagadougou, le ministre nigérian des communications, de l’innovation et de l’économie numérique, Dr Bosun Tijani, a pris part à une séance de travail avec son homologue burkinabè. À l’ouverture des travaux, la ministre de la transition digitale, des postes et des communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a plaidé pour une collaboration renforcée entre les deux pays, fondée sur des projets structurants capables d’accélérer la transformation digitale et de produire rapidement des résultats visibles. L’évènement s’est tenu ce mercredi 12 août 2026.
Une poignée de main, des retrouvailles entre deux délégations et, surtout, la volonté affichée de donner une traduction concrète à des engagements déjà pris. À Ouagadougou, la visite officielle du ministre nigérian des communications, de l’innovation et de l’économie numérique, Dr Bosun Tijani, ouvre une nouvelle séquence dans les relations de coopération entre le Burkina Faso et le Nigéria dans le domaine du numérique.
En souhaitant la bienvenue à son hôte, Dr Aminata Zerbo/Sabané a d’abord tenu à saluer une visite qu’elle considère comme un prolongement naturel des échanges engagés quelques semaines plus tôt à Abuja. La ministre burkinabè est en effet revenue sur la septième session des plénipotentiaires de l’Union africaine des télécommunications (UAT), organisée dans la capitale nigériane. Une rencontre au cours de laquelle les deux responsables avaient eu un entretien bilatéral et posé les bases d’un rapprochement plus soutenu entre leurs pays.
« Nous nous sommes engagés à renforcer notre collaboration, à rapprocher les deux pays dans le domaine du numérique en allant ensemble sur des projets concrets », a rappelé Dr Aminata Zerbo/Sabané Le ministre nigérian des communications, de l’innovation et de l’économie numérique, Dr Bosun Tijani, a souligné que la visite de la délégation de son pays au Burkina Faso s’inscrit dans une volonté de donner une nouvelle dimension à la coopération numérique entre les deux États. Elle est inspirée, selon lui, par la récente visite de la ministre burkinabè Dr Aminata Zerbo/Sabané à Abuja, à l’occasion de la conférence des plénipotentiaires de l’Union africaine des télécommunications. Cette démarche, dit-il, vise surtout à identifier des opportunités concrètes de collaboration.
Dr Bosun Tijani affirme avoir été marqué par la vision portée par son homologue burkinabè, une vision qu’il estime susceptible de bénéficier non seulement au Burkina Faso, mais également à l’ensemble de la sous-région ouest-africaine et au continent. Dans un contexte où l’Afrique, continent le plus jeune au monde, s’apprête à fournir une part croissante de la future main-d’œuvre mondiale, il invite les dirigeants africains à mieux préparer cette jeunesse aux opportunités à venir. Fort de ses nombreuses ressources humaines, naturelles, culturelles et entrepreneuriales, le continent doit, selon lui, s’appuyer davantage sur les technologies, notamment le numérique, pour valoriser ses atouts et accélérer son développement.
Selon le ministre nigérian des communications, de l’innovation et de l’économie numérique, Dr Bosun Tijani, l’heure est désormais à des partenariats pragmatiques et à des initiatives capables de produire des résultats concrets Le numérique, une opportunité à saisir
La ministre burkinabè estime que le potentiel du numérique, et plus particulièrement celui de l’intelligence artificielle, ne fait plus débat. Les technologies numériques représentent, selon elle, une opportunité majeure pour les pays africains d’accélérer leur développement socio-économique, d’améliorer les conditions de vie des populations et d’ouvrir de nouvelles perspectives à une jeunesse de plus en plus connectée et créative.
Mais encore faut-il créer les conditions nécessaires pour transformer cette promesse en réalité. Afin de réussir la transformation digitale, Dr Aminata Zerbo/Sabané juge que les infrastructures, la connectivité, les capacités d’hébergement, la formation et le développement des compétences locales, sont indispensables. Sans oublier la cybersécurité, la dématérialisation des services publics, la structuration et la valorisation des données.
Le défi est immense. Et à ses yeux, il serait difficile pour chaque pays de le relever seul. « Les défis qui sont les nôtres pour faire de la transformation digitale une réalité dans nos pays peuvent être difficilement relevés par chaque pays isolément », a-t-elle insisté. C’est donc autour d’une conviction commune que le Burkina Faso et le Nigéria entendent bâtir leur partenariat : mutualiser les efforts, les ressources et les intelligences afin de faire du numérique un véritable levier de développement dans l’ensemble des secteurs de l’économie et de la société.
La coordinatrice du projet Project Bridge, Jumoke Akande a présenté les expériences du Nigéria en matière de connectivité, d’intelligence artificielle et de transformation digitale
De la volonté politique aux réalisations concrètes
Au-delà des déclarations d’intention, la visite du ministre nigérian à Ouagadougou se veut une étape vers l’action. Pour Dr Aminata Zerbo/Sabané, le temps est venu de transformer les échanges entre responsables en une feuille de route commune, assortie de projets capables de produire des résultats tangibles. « Je suis donc ravie qu’au-delà des discours, nous prenions des actions », a-t-elle souligné.
La séance de travail doit ainsi permettre aux deux parties d’examiner plusieurs initiatives jugées structurantes et à fort impact. Parmi elles figurent les douze chantiers majeurs engagés par le Burkina Faso dans le cadre de sa transformation digitale, mais également le vaste projet de connectivité envisagé par le Nigéria, avec l’ambition de renforcer l’interconnexion avec les pays voisins.
Autre sujet appelé à occuper une place importante dans les discussions : l’intelligence artificielle et les langues africaines. Un enjeu stratégique dans un continent où l’essentiel des innovations technologiques demeure encore largement conçu dans des langues et selon des réalités parfois éloignées des contextes locaux.
Les avancées de la digitalisation au Nigéria ont été également partagées par le Dr Olubunmi Ajala, directeur national du Centre national pour l’intelligence artificielle et la robotique
Pour la ministre burkinabè, ces différents projets peuvent constituer des tremplins pour bâtir une coopération plus structurée entre Ouagadougou et Abuja. L’objectif est clair : définir des actions communes et faire en sorte que les retombées du rapprochement entre les deux pays soient perceptibles dans les meilleurs délais.
Une coopération appelée à dépasser les frontières des deux pays
Mais l’ambition ne s’arrête pas à une relation bilatérale. Dr Aminata Zerbo/Sabané souhaite que l’initiative engagée entre le Burkina Faso et le Nigéria puisse, à terme, inspirer et entraîner d’autres pays de la sous-région. Dans un environnement où les défis technologiques ignorent les frontières nationales, la construction d’infrastructures communes, le partage des compétences et la mise en réseau des écosystèmes numériques apparaissent comme des pistes susceptibles de renforcer la souveraineté technologique du continent.
Le ministère a présenté à travers Dr Tégawendé François d’Assise Bissyandé, les 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l’horizon 2030 et des principales priorités du Burkina Faso La visite officielle de Dr Bosun Tijani prend ainsi une dimension qui dépasse la seule coopération entre deux administrations. Elle porte l’idée d’une Afrique qui cherche à mieux coordonner ses initiatives, à éviter la dispersion des efforts et à faire émerger des projets capables de répondre aux réalités propres au continent.
Créer l’environnement pour libérer le talent des jeunes
Au cœur de cette ambition, il y a aussi la jeunesse. Dr Aminata Zerbo/Sabané a rappelé que les deux pays disposent de jeunes talents dont le potentiel ne demande qu’à s’exprimer. Le rôle des pouvoirs publics et des acteurs du numérique, estime-t-elle, consiste désormais à mettre en place l’environnement favorable à l’émergence de ces champions.
Des jeunes capables de concevoir des produits compétitifs, de s’imposer au-delà des frontières de la sous-région, mais surtout de développer des solutions adaptées aux problèmes concrets des populations. « Nous avons des jeunes qui sont pétris de talent et qui attendent que nous puissions mettre en place l’environnement qu’il faut pour exprimer ce talent », a affirmé la ministre.
La Feuille de route nationale de l’intelligence artificielle et de ses principaux axes a été présentée par le Dr Rodrigue Kafando, expert en IA du Secrétariat permanent de l’innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SPIVTEN) L’enjeu, selon elle, est de permettre à cette créativité de donner naissance à des innovations dont les Africains pourront être fiers, tout en apportant des réponses aux défis réels auxquels leurs pays sont confrontés. La séance de travail qui s’ouvre à Ouagadougou est donc attendue comme un moment de convergence entre visions politiques, ambitions technologiques et projets opérationnels. À travers cette visite officielle, le Burkina Faso et le Nigéria affichent leur volonté de faire de la coopération un accélérateur de leur transformation digitale.
Reste désormais à traduire cette volonté en projets, en investissements, en infrastructures et en solutions concrètes. C’est à cette condition que le rapprochement voulu entre les deux pays pourra rapidement produire les résultats espérés et, peut-être, tracer la voie d’une coopération numérique sous-régionale plus intégrée.
Hamed Nanéma Lefaso.net
🌍 부르키나파소-나이지리아 디지털 협력: 선언을 넘어 행동으로1. 회담의 배경과 핵심 목표 2026년 8월 12일, 부르키나파소의 수도 와가두구에서 양국의 디지털 분야 수장인 아미나타 제르보/사바네(부르키나파소) 장관과 보순 티자니(나이지리아) 장관이 만나 공식 회담을 가졌습니다. 이번 만남은 과거의 추상적인 선언을 넘어, '구체적이고 구조적인 디지털 프로젝트(Projets structurants)'를 실현하기 위해 마련되었습니다. 아프리카가 직면한 거대한 도전 과제를 개별 국가가 혼자 해결할 수 없다는 공감대 아래, 양국은 자원과 지식을 공유하는 실용적 파트너십을 구축하기로 합의했습니다. 2. 주요 협력 의제: AI, 연결성, 그리고 청년 양국은 아프리카의 기술 주권을 확보하기 위해 세 가지 핵심 영역에 집중하고 있습니다.
- 디지털 인프라 및 연결성 강화: 부르키나파소가 추진 중인 '2030 디지털 전환 12대 프로젝트'와 나이지리아의 광역 연결성 프로젝트인 '프로젝트 브릿지(Project Bridge)'를 연계하여 서아프리카 지역의 통신망을 통합합니다.
- 아프리카 현지 맞춤형 AI 개발: 서구 중심의 언어와 환경으로 학습된 기존 AI의 한계를 극복하기 위해, 아프리카 고유의 언어와 현지 맥락을 이해하는 AI를 개발합니다. 이는 아프리카인들의 실질적인 문제를 해결하는 데 필수적인 전략입니다.
- 청년 인재 양성: 세계에서 가장 젊은 대륙인 아프리카의 잠재력을 폭발시키기 위해, 청년들이 혁신적인 제품을 개발하고 글로벌 무대로 나아갈 수 있는 디지털 생태계를 조성합니다.
3. 협력의 지정학적, 경제적 함의 이번 협력은 서아프리카의 외교 및 경제 지형에서 매우 중요한 의미를 지닙니다. 아프리카 1위의 인구와 경제 규모를 자랑하는 '기술 선도국' 나이지리아는 자신의 노하우(AI 센터 운영, 광역 통신망 등)를 전수함으로써 사헬 지역으로의 기술적 영향력을 확대할 수 있습니다. 반면, 최근 프랑스 등 서방 국가들과 거리를 두고 독자 노선을 걷고 있는 부르키나파소는 친서방 국가인 나이지리아와 손을 잡음으로써 국제적 고립을 탈피하고, 디지털 산업 발전과 일자리 창출이라는 경제적 도약을 기대할 수 있습니다. 이는 아프리카 국가들이 외부(서방)에 의존하지 않고 내부 결속을 통해 '기술적 자립'을 이뤄내려는 강력한 신호입니다. 4. 뼈아픈 현실의 벽: 한계와 우려사항 비록 원대한 비전이 제시되었지만, 이 프로젝트가 마주한 현실적인 장벽은 매우 높습니다. 가장 큰 문제는 '안보와 기초 인프라의 부재'입니다. 부르키나파소를 비롯한 사헬 지역은 현재 극단주의 테러 조직의 활동으로 치안이 극도로 불안정하여, 안정적인 통신 인프라 구축 자체가 생명의 위협을 동반합니다. 또한 막대한 프로젝트 자금을 어떻게 조달할 것인지 불투명하며, 쿠데타로 집권한 군부 정권 하에서 장기 정책의 연속성이 보장될지도 미지수입니다. 당장 식량난과 전력 부족에 시달리는 사헬 지역의 참혹한 현실을 고려할 때, 첨단 AI와 디지털 혁신이라는 목표가 현실과 괴리되어 있다는 지적도 피할 수 없습니다. 5. 종합 평가 및 전망 부르키나파소와 나이지리아의 이번 디지털 협력은 단순한 기술 교류를 넘어, 아프리카 국가들이 스스로 미래의 성장 동력을 창출하려는 의미 있는 발걸음입니다. 치안 불안과 자금 부족 등의 현실적 한계로 인해 2030년까지 모든 계획이 완벽하게 실현되기는 어려울 수 있습니다. 하지만 나이지리아의 앞선 기술력이 부르키나파소에 성공적으로 이식되고 '아프리카 언어 기반 AI' 개발이 가시화된다면, 이는 서아프리카 전체의 디지털 통합과 기술 주권 확보를 이끄는 강력한 기폭제가 될 것입니다. |