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Niger : le patron des Armées, le général Salaou Barmou débarqué par le Général Tiani
vendredi, 11 septembre 2026 22:50
Le Général de Division Moussa Salaou Barmou n'est plus le chef d'état-major des Armées (CEMA) nigériennes. Il a été remplacé à ce poste par le Général de Brigade Mahaman Sani Kiaou, actuel chef d'état-major de l'armée de terre (CEMAT). L’annonce a été faite ce vendredi dans la soirée à travers un communiqué du ministère de la Défense nationale qui rapporte un décret du Président de la République, le Général d'armée Abdourahamane Tiani, qui a également procédé à quelques changements dans la haute hiérarchie militaire. Aucune explication n’a été donnée pour ce limogeage en bonne et due forme du général Moussa Salaou Barmou, en poste depuis la prise du pouvoir par les militaires du CNSP dont il est membre. Le débarquement de l’ancien patron des forces spéciales, le Général Moussa Salaou Barmou constitue l’un des plus grands bouleversements au sein de l’armée depuis les évènements du 26 juillet 2023 et la prise du pouvoir par le Général Tiani. Il intervient quelques jours après les évènements du 28 au 29 août dernier de Niamey, dans lesquels des éléments des forces spéciales ont été impliqués. Tout comme son prédécesseur, le nouveau patron des Armées, le général Sani Kiaou, actuellement en tournée d'explications à l’intérieur du pays, est lui aussi passé par les forces spéciales nigériennes.
Jusqu’au jour de ce vendredi 11 septembre, rien, absolument rien, ne présageait que les secousses des évènements du 28 au 29 août dernier à Niamey allaient impacter le haut commandement de l’armée nigérienne et même ébranler le CNSP.
La veille, jeudi 10 septembre, le patron des Armées, le Général de division Moussa SALAOU BARMOU, était aux côtés du ministre d’État en charge de la Défense nationale et n°2 du CNSP, le Général d’armée Salifou MODY, à Tondibiah, près de Niamey, pour assister à la cérémonie de triomphe de la 21e promotion des élèves officiers de l’École de formation des officiers des forces armées nigériennes (EFOFAN). Absent de la cérémonie, contrairement à la tradition, le chef d’état-major de l’armée de terre, le Général de brigade Mamane SANI KIAOU, était pour sa part en pleine tournée d’explications à l’intérieur du pays, au niveau des différentes zones de défense.
Ce vendredi 11 septembre, le vent a brusquement changé de direction. Dans un communiqué du ministère de la Défense nationale lu dans la soirée à la télévision nationale, on apprend que le Président de la République, le Général d’armée Abdourahamane TIANI, a procédé à de nouvelles nominations au sein de la haute hiérarchie militaire. Le premier à faire les frais de la série de nominations, c’est le Chef d’état-major des Armées (CEMA), le Général Salaou Barmou, qui a été remplacé par le chef de l’armée de terre, le Général Sani Kiaou.
Dans la foulée, plusieurs officiers généraux et supérieurs ont été promus à de nouvelles fonctions. À la tête de l’armée de terre, c’est l’adjoint en poste, le Général de brigade Abdourahalane ABOU ZATAKA, qui a été nommé, avec comme nouvel adjoint le Colonel-major Ibrahim ABDOURAZAK BEN. À l’armée de l’air, un nouvel adjoint a été nommé à l’état-major, le Général de brigade aérienne Ismaël Ka SIDI OMAR KA, qui était jusque-là le commandant de la base aérienne 101 de Niamey.
Des conjectures et des spéculations autour d’une mise à l’écart qui ne dit pas son nom
C’est le premier mouvement d’ampleur opéré à la tête de l’armée nigérienne depuis les évènements du 26 juillet 2023 et la prise du pouvoir par le CNSP, dont le Général Salaou Barmou était une des figures de proue.
Ancien patron des forces spéciales, son limogeage est celui qui attire le plus d’attention au regard, notamment, de son poids dans l’armée nigérienne. Officier aguerri, formé entre autres aux États-Unis, il est passé par plusieurs unités et théâtres d’opérations, notamment dans l’est du pays, au contact des éléments du groupe terroriste nigérian Boko Haram et de ses différentes factions. Un parcours au fil duquel il s’est bâti une solide réputation tant au niveau des soldats qu’au sein de l’opinion nigérienne.
Nommé à la tête de l’armée nigérienne au lendemain du coup d’État contre le régime de Bazoum Mohamed, celui que certains dans la troupe surnomment « l’Américain » faisait office de figure de proue du CNSP, au sein duquel il est considéré comme le « numéro 4 », après les généraux Tiani, Mody et Toumba (Intérieur).
Aucune explication n’a été donnée par les autorités pour justifier ce changement qui, au final, n’aura concerné que l’emblématique patron de l’armée nigérienne, puisqu’il est le seul à quitter le navire, les autres nominations n’étant qu’une sorte de jeu de chaises musicales.
À Niamey, pourtant, au-delà des conjectures et autres spéculations, le lien entre ce limogeage du Chef d’état-major des Armées et les évènements de la nuit du 28 au 29 août dernier a été vite établi. D’autant que, pour des raisons dont certaines sont évidentes, plusieurs aspects entrent en ligne de compte dans ce rapport de forces qui secoue le régime de la Refondation du Président Tiani.
Les évènements qui ont secoué la capitale sont, en effet, partis d’une mutinerie menée par des soldats du Bataillon Spécial de Recherche du Commandement des opérations spéciales (BSR/COS). Une unité d’élite que le Général connaît donc bien pour avoir été l’un de ses patrons par le passé, le plus connu et réputé à ce jour d’ailleurs.
Ce sont ces éléments des forces spéciales de l’armée qui ont pris d’assaut plusieurs endroits névralgiques de la ville, dont le Palais présidentiel, avant de se replier dans l’enceinte de la base aérienne 101 de Niamey. Comme l’a reconnu le gouvernement par la suite, il a fallu l’appui des partenaires russes de l’Africa Corps à la Garde présidentielle (GP) pour venir à bout de ce que le gouvernement a qualifié, d’abord, de « mouvement d’humeur de soldats en rupture avec le règlement militaire », et ensuite, d’« agression extérieure » contre le Niger, orchestrée par la France d’Emmanuel Macron avec le soutien de certains pays africains.
Depuis, les autorités ont assuré avoir repris le contrôle de la situation. Aucun bilan des affrontements entre forces loyalistes et mutins, et encore moins l’identité des meneurs de la mutinerie, n’ont été à ce jour dévoilés. Cependant, comme le montrent les images diffusées à la télévision publique en même temps que l’arsenal aux mains des belligérants, des dizaines de mutins ont été interpellés alors que d’autres se sont rendus. Ils ont été, dans un premier temps, mis à la disposition de la Gendarmerie nationale pour les besoins des investigations toujours en cours.
La reprise en main de la situation et la version officielle qui mettait plutôt en avant une nouvelle « tentative de déstabilisation mise en échec », comme dévoilée par le gouvernement, ont suscité un vaste mouvement de soutien en faveur des autorités de la Refondation à travers tout le pays. Il ne faudrait pourtant pas être militaire pour savoir que certains aspects de cette intervention, notamment celle des partenaires russes, auront laissé des séquelles même au sein de l’Armée. Ce n’est certes pas la première fois que les éléments du corps africain du ministère russe de la Défense interviennent au Niger, mais cette fois, c’était contre des soldats nigériens, bien qu’ils soient « en rupture avec le règlement militaire », comme mis en avant par la version officielle.
Le grand ménage après les évènements de Niamey
Les derniers évènements de Niamey, qui font suite aux attaques terroristes de la zone aéroportuaire de janvier et juin derniers, ont été les premiers à véritablement ébranler le pouvoir du Général Tiani puisque la menace venait de l’intérieur. C’est un truisme de présager qu’il y aura forcément des séquelles, même si l’épreuve semblait avoir été surmontée.
Quelques jours après ces évènements, c’est du reste le Chef d’état-major des Armées en poste, le Général Barmou, qui a, dans un message, lancé un appel aux militaires qui ont déserté à regagner leurs casernes. Ce qui a été perçu comme un geste d’apaisement, d’autant que certains parmi ces derniers, des recrues des dernières années, ont été de toute évidence manipulés par leurs chefs, comme certains l’ont avoué.
La décision d’écarter le patron de l’armée nigérienne a été surprenante, bien qu’elle relève des prérogatives du chef suprême des Armées. Toutefois, dans le contexte actuel, elle suscite des interrogations et, pour certains analystes, le Général Tiani est en train de faire le ménage au sein de la « Grande muette ».
En attendant la suite des évènements, il faut noter que c’est le premier remaniement d’une telle ampleur au sein de la haute hiérarchie militaire depuis l’avènement du CNSP au pouvoir. Et s’il s’agit d’une mise à l’écart du Général Salaou Barmou, comme beaucoup le pensent au regard des circonstances de son limogeage, les séquelles vont se faire sentir non seulement dans l’armée, mais au sein même du CNSP. Il est vrai que, par le passé, en cours de route, d’autres membres de ce que la presse occidentale qualifie de « junte militaire » ont également été écartés pour diverses raisons. Il s’agit notamment du Colonel des Douanes Abou Oubandawaki, patron des douanes nigériennes (DGD), actuellement en détention depuis plusieurs mois pour une affaire liée au trafic de cigarettes.
En avril 2025 également, le Colonel-major Karimou Hima Abdoulaye, à la tête de la Gendarmerie nationale, a dû passer le relais au Haut-commandement au Colonel-major Kimba Tahirou, mais il est toujours membre du CNSP. Tout comme le Colonel Sidi Mohamed, Commandant du Groupement national des sapeurs-pompiers, qui est resté membre actif du CNSP bien qu’on lui ait retiré la Direction générale de l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN).
Ces évènements, somme toute mineurs, n’ont pas l’ampleur de la décision qui vient de frapper le désormais ex-chef d’état-major des Armées, le Général de division Salaou Barmou. Les prochains jours permettront peut-être d’en savoir un peu plus sur les raisons de cette décision du chef suprême des Armées, mais déjà, certains oiseaux de mauvais augure n’ont pas tardé à rappeler que, de tout temps, tous les régimes militaires du Niger qui se sont succédé à la tête du pays ont eu, à un moment ou à un autre, à traverser ou affronter ces zones de turbulences. Avec des conséquences diverses en fonction des contextes, qui ne sont jamais les mêmes…
A.Y. Barma (actuniger.com)
2026년 9월 11일, 니제르의 국가원수 압두라흐만 티아니(Abdourahamane Tiani) 장군이 무사 살라우 바르무(Moussa Salaou Barmou) 참모총장(CEMA)을 전격 경질하고, 마만 사니 키아우(Mahaman Sani Kiaou) 육군참모총장을 후임으로 임명했습니다. 바르무 장군은 2023년 7월 쿠데타를 주도한 조국수호국민회의(CNSP)의 핵심 인물(서열 4위)이자 명성 높은 특수부대 사령관 출신입니다. 당국은 해임 사유를 밝히지 않았으나, 지난 8월 28~29일 수도 니아메에서 발생한 특수부대(BSR/COS)의 반란 사건 직후 이루어진 조치라는 점에서 문책성 인사로 파악됩니다. 이는 CNSP 집권 이후 군 수뇌부에서 일어난 가장 큰 규모의 지각변동입니다.
맥락 이해
권력 투쟁과 내부 숙청: 바르무 장군이 과거 지휘했던 정예 특수부대가 8월 반란을 주도했다는 사실은 군부 정권 내부의 심각한 분열을 시사합니다. 반란군이 대통령궁과 공군기지를 습격한 초유의 사태 이후, 티아니 장군이 자신의 권력을 공고히 하고 군 내부의 잠재적 위협 세력을 제거하기 위해 대대적인 '숙청'을 단행한 것으로 분석됩니다.
지정학적 노선 갈등 (미국 vs 러시아): 바르무 장군은 미국에서 군사 훈련을 받아 군 내부에서 '미국인(l'Américain)'으로 불리며, 쿠데타 직후 서방과의 주요 소통 창구 역할을 해왔습니다. 반면 이번 8월 특수부대 반란을 진압하는 데 결정적인 역할을 한 것은 대통령 경호대를 지원한 러시아 '아프리카 군단(Africa Corps)'이었습니다. 서방에서 교육받은 온건파 군 수뇌부가 축출되고 러시아 용병이 정권 수호의 핵심으로 부상한 것은, 니제르가 서방과 완전히 단절하고 친러시아 노선으로 안보 구조를 재편했음을 보여주는 결정적 장면입니다.
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