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Intelligence artificielle : « Il faut s’en servir comme d’un outil qui muscle la pensée », Steve Tassembedo
Publié le dimanche 23 août 2026 à 01h03min
L’intelligence artificielle transforme le travail et l’apprentissage, mais crée aussi une "dette cognitive" : une perte progressive de compétences due à la délégation répétée des tâches mentales. Steve Regis Tassembedo, ingénieur logiciel, spécialisé en Big data et Intelligence artificielle, alerte sur quatre paliers de dépendance et appelle à une intégration pédagogique de l’IA qui renforce plutôt que remplace la pensée humaine.
L’IA ne viendra pas demain nous remplacer par des armées de robots, mais elle peut nous affaiblir insidieusement. C’est l’alerte centrale de Steve Regire Tassembedo qui le résume en ces termes : chaque tâche qu’on confie systématiquement à l’IA est un muscle mental qu’on laisse s’atrophier. Plutôt qu’une rupture brutale, la perte de compétences suit la logique d’un crédit accumulé : on emprunte aujourd’hui, on paye demain en moins de capacité à penser.
Pour illustrer les niveaux de la dette cognitive, l’intervenant distingue quatre paliers. "D’abord l’usage quotidien, normal. Ensuite le réflexe : face à un problème, l’IA est la première pensée, comme Google l’a été avant elle. Puis vient l’incapacité à accomplir des tâches courantes sans ces outils. Enfin, le pire : l’acceptation sans critique des réponses générées" a-t-il egrené. À ce stade, confie-t-il : des citoyens intègrent des réponses automatiques comme des vérités immuables et cessent de les questionner. C’est là, selon lui : "le nœud du problème."
Les preuves en la matière sont preoccupantes selon l’auteur. De ses explications, une étude menée par le MIT, a pu observer une activité cérébrale plus faible chez des utilisateurs d’IA avancée, comparés à des personnes qui travaillent sans assistance de l’IA. Plus qu’un effet immédiat, c’est l’accumulation qui conduit à l’oubli des procédures, à la disparition des automatismes et à l’appauvrissement de la métacognition (capacité à reconnaître et corriger ses erreurs) a-t-il souligné
Toutefois, l’usage de l’IA n’est pas uniformément néfaste. La différence tient au contexte et au niveau de maîtrise préalable. "Un journaliste expérimenté peut recourir à l’IA pour produire un premier jet, puis le remodeler, l’adapter et rester maître du sens. En revanche, un étudiant qui s’appuie sur l’outil sans avoir construit les compétences en amont devient dépendant : il obtient peut‑être une bonne note, mais il n’a pas effectué le parcours intellectuel nécessaire pour expliquer ou défendre son travail" a-t-il expliqué.
Intégrer l’IA dans les écoles et universités est inévitable. Mais cette intégration doit s’accompagner d’enseignements méthodiques : apprendre à interroger l’IA, vérifier ses sources, reformuler ses productions et conserver la pratique régulière des exercices cognitifs. Pour les pays africains, l’intervenant voit une opportunité. "Le retard d’adoption permet d’observer les erreurs faites ailleurs et de bâtir des habitudes vertueuses" a-t-il fait observer.
En somme, l’enjeu n’est pas d’interdire l’IA, mais de la mettre au service d’une pensée active. Utiliser ces outils pour augmenter la réflexion et non pour l’éteindre, exige volonté politique, formation ciblée et vigilance individuelle. Sans cela, la promesse de progrès risque de venir au prix d’une dette dont nous serons les payeurs involontaires a-t-il assuré.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
기사는 부르키나파소 매체인 Lefaso.net에 게재된 인공지능(AI) 관련 오피니언 보도로, AI가 인간의 인지 능력에 미치는 부작용을 경고하고 올바른 활용법을 제시하고 있습니다.
기사의 핵심 요약과 이 논의가 등장하게 된 사회적·교육적 맥락을 정리해 드립니다.
1. 기사 내용 요약