|
|
https://lefaso.net/spip.php?article148818
Analyse de l’adoption des technologies agroforestières dans la zone rurale et périurbaine de Bobo-Dioulasso
Publié le mercredi 26 août 2026 à 21h05min
Koueta Téré Roland1 , Nakoulma Goama et Gomgnimbou P.K. Alain
1Université Joseph KI-ZERBO, Département de Géographie, Laboratoire Dynamiques des Espaces et Sociétés, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, tererolandkoueta@gmail.com
2 Institut des Sciences des Sociétés, Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique/Laboratoire Dynamique des Espaces et Sociétés, UJK-Z, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, ngoama@yahoo.fr
3Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole/Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique, Laboratoire Sol-Eau-Plante, BP 910, Bobo Dioulasso, Burkina Faso, gpkalain@yahoo.fr/gomalain@gmail.com
Résumé
L’article de vulgarisation est extrait de l’article scientifique intitulé « Pratiques agroforestières et facteurs déterminants leur adoption dans la commune rurale de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso », publié dans la revue, IJPSAT, International Journal of Progressive Sciences and Technologies, Vol.40, N°2 ISSN : 2509-0119.
Cette étude visait à faire l’état des lieux des pratiques agroforestières et à analyser les facteurs clés de leurs adoptions afin d’obtenir plus de clarté sur l’agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso en vue de promouvoir de bonnes pratiques agroforestières. Pour atteindre cet objectif, des entretiens individuels sur la base d’un questionnaire semi-structuré ont été conduits auprès de 385 producteurs, chefs de ménages, choisis de manière aléatoire dans cinq villages de la commune. Sur l’échantillon de 385 producteurs enquêtés, 85,05% ont affirmé une tendance à la hausse de l’agroforesterie au cours des 40 dernières années
Mots clés – Pratiques Agroforestières, Facteurs D’adoption, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.
Introduction
L’agroforesterie, qui associe arbres et agriculture, est une alternative entre déforestation et conservation des forêts (CTA, 2004 ; Young A., 1988). Cependant, l’introduction de nouvelles cultures a entraîné un déclin de l’importance des arbres dans les zones agricoles (Ouoba H. Y. et al., 2018). Face aux coûts environnementaux de ces pratiques, la communauté scientifique appelle à un changement vers des systèmes agroalimentaires durables et résilients (Lamouri J. et Lavoie A., 2016). L’agroforesterie, qui répond à ces enjeux, refait surface avec de nouveaux projets (Mormont M. M., 2011). Au Burkina Faso, l’agroforesterie a été adoptée comme une alternative durable de gestion des terres après les sécheresses de 1973 et 1974 (Hallé F., 1986). Cependant, malgré de nombreuses recherches (Bengali M. M., 2018 ; Cissé M. et al., 2018 ; Ouoba H. Y. et al., 2018 ; Akplo T. M. et al., 2019 ; Natta A. K. et al., 2012 ; Adekambi S. A. et al., 2021 ; Johns K., 2017 ; Mormont M. M., 2011), les pratiques agroforestières sont peu adoptées par les producteurs. Cette étude vise à analyser les facteurs qui influencent l’adoption de ces pratiques dans la commune de Bobo-Dioulasso.
1. But de la recherche
Le but de cette recherche est d’analyser les facteurs clés de leur adoption de l’agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso. L’objectif ultime était d’obtenir une meilleure compréhension de l’agroforesterie dans cette commune afin de promouvoir de meilleures pratiques agroforestières pour le bénéfice des populations locales et de l’environnement. Quels facteurs biophysiques et socio-économiques influencent-ils leurs adoptions dans la commune de Bobo-Dioulasso ?
2. Comment avons-nous procédé ?
L’étude a été menée dans la commune de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, dans cinq villages choisis pour leur proximité ou leur éloignement de la ville. Un total de 384 producteurs ont été interrogés, déterminés par un échantillon par quota. La taille de l’échantillon a été calculée à l’aide de la formule : 𝒏=(𝒁²∗𝒑(𝟏−𝒑)) /𝒆². La carte ci-dessous présente les sites de recherche.
Les données pour cette étude ont été collectées à l’aide de méthodes quantitatives et qualitatives, notamment des enquêtes et des entretiens individuels et de groupe de discussion avec des producteurs, des associations agricoles. Ces données ont été recueillies à l’aide de questionnaires et de formulaires d’entretien implémentés dans l’application Kobo Collect. Le traitement des données a été réalisée à l’aide de plusieurs logiciels, notamment R pour la conception du modèle de régression logistique binaire, Excel pour l’élaboration des tableaux et graphiques croisés dynamiques. Aussi, une tablette a été utilisée pour les prises de vues et le logiciel ArcGIS pour la réalisation de la carte de localisation.
3. Qu’avons-nous appris ?
Résultats 1 : Facteurs déterminants l’adoption des pratiques agroforestières
L’introduction intentionnelle des ligneux dans les champs tient compte des facteurs consignés dans le tableau ci-dessous (Tableau 1). Une analyse de régression binaire a permis de tester certaines variables pouvant avoir une influence significative sur l’adoption des pratiques agroforestières dans la commune.
Source : R Koueta, données terrain 2023
Les modèles de régression Logistique basés sur les valeurs du pseudo R² de McFadden sont de qualité suffisante pour expliquer les facteurs d’adoption des pratiques agroforestières, où Chi2 à 18° degrés de liberté = 240,28***. Le test de Chi-deux a permis d’apprécier globalement le modèle. Dans le cas présent, le modèle est nettement meilleur que le modèle trivial qu’il améliore de près 48%. Les facteurs explicatifs du modèle et des pratiques agroforestières comprennent des variables telles que l’éducation, l’adhésion à des organisations paysannes, les conditions environnementales et le village de producteurs. L’analyse du tableau montre que la variable niveau d’éducation (secondaire) est significatif au seuil de 1% et que l’appartenance à un groupement paysan et les conditions biophysiques sont significatifs au seuil de 10% et le village d’appartenance du producteur au seuil de 5%. Cela traduit que lorsque le producteur à un niveau secondaire, il est très influencé à adopter l’agroforesterie. Il en est de même pour ceux qui sont dans des groupements de producteurs et le contexte environnemental. Plus le producteur est dans un groupement de producteurs, plus il est influencé à pratiquer l’agroforesterie pour améliorer la productivité de ses sols ; et plus le climat est bien humide, plus les producteurs sont tentés d’adopter l’agroforesterie.
Résultats 2 : Défis des pratiques agroforestières dans la commune
Les résultats ont révélé que de nombreux défis constituent de réels obstacles au développement de l’agroforesterie. On note cependant que l’insuffisance de moyen (48,40 %) constitue pour la plupart des producteurs l’obstacle principal pour son adoption suivi des pénuries de terres (45,45 %) (Tableau 2).
Conclusion et recommandations
Cette étude révèle que les facteurs sociaux, économiques et écologiques jouent un rôle déterminant dans la mise en œuvre de l’agroforesterie. Cependant, des défis subsistent, notamment financiers, technologiques, politiques, d’accès à l’eau et de sécurité. Pour surmonter ces défis, il est nécessaire de repenser l’approche de la filière, d’offrir un soutien continu aux producteurs, notamment en matière de formation, de microcrédit et de conseil. La création et la promotion de bonnes pratiques agroforestières, le renforcement des capacités des organisations paysannes et l’installation de minis châteaux d’eau sont essentiels pour freiner la déforestation et favoriser l’émergence d’innovations agricoles durables dans le monde rural.
Pour en savoir plus
Adekambi, S. A., Codjovi, J. E. A., & Yabi, J. A. (2021). Facteurs déterminants l’adoption des mesures de gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS) au nord du Bénin : Une application du modèle probit multivarié au cas de producteurs de maïs. International Journal of Biological and Chemical Sciences, 15(2), 664 678
Akplo, T. M., Dan, B. S. C., Houessou, L. G., Houinato, M. R. B., & Sinsin, A. B. (2019). Typologie et structure des systèmes agroforestiers dans la commune de Djidja (Bénin). Revue Internationale des SciencesAppliquées, 1, 29 39. Bengali, M. M. (2018). Perceptions de l’agroforesterie par les paysans et paysannes du groupement mixte de Bissiga, dans la région du Plateau Central, au Burkina Faso. Université Laval, 101.
CTA. (2004). L’AGROFORESTERIE. No04/3, 26.
Cissé, M., Bationo, B. A., Traoré, S., et Boussim, I. J. (2018). Perception d’espèces agroforestières et de leurs services écosystémiques par trois groupes ethniques du bassin versant de Boura, zone soudanienne du Burkina Faso. Bois & forets des tropiques, 338, 29 42
Hallé, F. (1986). Un système d’exploitation ancien, mais une interface scientifique nouvelle : L’agroforesterie dans les régions tropicales. Milieux et paysages : essai sur diverses modalités de connaissance, Paris : Masson, 37 53.
Johns, K. (2017). Facteurs d’adoption de l’agroforesterie par les paysans de la province de Cienfuegos à Cuba [PhD Thesis]. Université Laval, 196.
Lamouri, J., et Lavoie, A. (2016). L’agroforesterie, pilier de l’agroécologie au Sahel ? Sahel Agroforesterie, No21, 8.
Kouéta Téré Roland, Nakoulma Goama et Gomgnimbou P .K. Alain(2023), Pratiques agroforestières et facteurs déterminants leur adoption dans la commune rurale de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, IJPSAT, International Journal of Progressive Sciences and Technologies, Vol.40, N°2, 28-311
Mormont, M. M. (2011). Analyse des facteurs d’adoption ou de rejets de l’agroforesterie dans le cadre d’un projet en région wallonne. 99.
Natta, A. K., Bachabi, S. F., Wallis, N. Z., et Dicko, A. (2012). Typologie et structure des parcs agroforestiers dans la zone soudanienne du nord bénin. Annales des Sciences Agronomiques, 16(1), 67 90.
Ouoba, H. Y., Bastide, B., Coulibaly-Lingani, P., Kabore, S. A., et Boussim, J. I. (2018). Connaissances et
perceptions des producteurs sur la gestion des parcs à Vitellaria paradoxa CF Gaertn.(Karité) au Burkina Faso. International Journal of Biological and Chemical Sciences, No12(6), 2766 2783
Young, A. (1988). Agroforestry and Its Potential to Contribute to Land Development in the Tropics. Journal of Biogeography, No15(1), 19 30. https://doi.org/10.2307/2845042
5️⃣ 아그로포레스트리(농림업) 채택 요인 분석: 보보디우라소 사례 연구
기사 요약
발표일: 2026년 8월 26일
형식: 과학 논문의 대중화 버전
저자: Koueta Téré Roland, Nakoulma Goama, Gomgnimbou P.K. Alain (조지프 KI-ZERBO 대학 및 CNRST)
연구 대상: 부르키나파소 보보디우라소 시골·도시주변 지역
핵심 발견
1. 아그로포레스트리의 채택
기간: 지난 40년간 아그로포레스트리 채택 증가 추세 (85.05% 응답자 동의)
정의: 나무와 농업을 결합하는 방식 (숲 보존과 삼림 파괴 사이의 중간 경로)
2. 채택에 영향을 미치는 요인 (로지스틱 회귀 분석)
요인 영향 정도 해석
교육 수준(중등) 매우 높음 (1% 유의) 교육받은 농민이 아그로포레스트리 더 채택
농민 조직 가입 높음 (10% 유의) 협동조합 소속 농민이 더 적극적
환경 조건(습도) 높음 (10% 유의) 습도 높은 지역에서 더 채택
마을 소재지 중간 (5% 유의) 지역별 차이 존재
3. 아그로포레스트리의 장애 요소
장애 비율 의미
자금 부족 48.40% 초기 투자 어려움
토지 부족 45.45% 인구 증가로 경작지 확보 어려움
맥락 및 의미
부르키나파소의 농업 위기:
사막화 진행: 1973-1974년 가뭄 이후 사헬이 계속 건조화
인구 압박: 부르키나파소는 매년 높은 인구 증가율 (약 2.8%)
기후 변화: 강우량 불규칙, 토양 황폐화 가속
정책 함의:
아그로포레스트리는 지속 가능한 농업의 해법으로 인정됨
그러나 채택 확산에는 교육, 자금, 조직화, 토지 보장이 필수
단순 기술 전달로는 불충분; 사회경제적 조건 개선 필요
왜 이 소스를 인용하는가?
부르키나파소 농업 연구의 최신 학술 자료
기후 변화 적응의 구체적 전략 분석
세계은행, UNDP 등 국제 지원 사업의 기초 자료로 활용됨
사헬 지역의 식량 안보와 환경 복원력 평가 자료
|
|
