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https://lefaso.net/spip.php?article148819
De la vulnérabilité à la durabilité : Analyse de la variabilité des ressources en terres dans le grenier agricole du Burkina Faso (Boucle du Mouhoun)
Publié le mercredi 26 août 2026 à 21h10min
Adama TINGUERI , Arouna Goama NAKOULMA et Oumar KABORE
Doctorant, Laboratoire Dynamiques des Espaces et Sociétés (LDES), Université Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso, tingueriadama099@gmail.com ExplorerDes Créations De La Mode Africaine
2 Géographe, Maître de Recherche, Institut des Sciences des Sociétés (INSS), Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), 03 BP 7047 Ouagadougou 03, Burkina Faso/ Laboratoire Dynamique des Espaces et Sociétés/ Université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso, ngoama@yahoo.fr
3 Géographe, Maître de Recherche, Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA)/GRN-SP/CTIG/ Laboratoire Dynamique des Espaces et Sociétés/ Université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso, oumarkabore@hotmail.com
Résumé
L’article de vulgarisation est extrait de l’article scientifique intitulé « Variabilité des ressources en terres dans la Boucle du Mouhoun, publié dans la revue Science et Technique, Lettres, Sciences Humaines et sociales, Spécial hors-série n°1, Octobre 2024 – ISSN 1011-6028. Cet article vise à déterminer la productivité et la durabilité des agroécosystèmes, afin d’orienter les stratégies d’adaptation et de résilience. La méthodologie adoptée s’articule autour de la revue de la littérature, des enquêtes socioéconomiques et de l’analyse spatiale. La méthodologie adoptée s’articule autour de la revue de la littérature, des enquêtes socioéconomiques et de l’analyse spatiale. Cette recherche a aussi abouti à la spatialisation des classes de fertilité et leur proportion selon les paramètres chimiques.
Mots-clefs : Dynamique, Ressources potentielles en terres, SIG, Boucle du Mouhoun.
Introduction
Au Burkina Faso, la subsistance et les revenus des ménages ruraux proviennent dans une large mesure d’agriculture pluviale, d’élevage extensif, de la pêche, du ramassage de bois etc. Cela, en conjugaison avec des phénomènes naturels, catalysent la dynamique des ressources potentielles en terres. Cette dynamique des ressources potentielles en terres est un phénomène très inquiétant, avec des terres fortement dégradées estimées à 6 498 610 hectares qui doivent faire l’objet de récupération et de restauration (MAAH, 2018). Ainsi, des actions sont mises en place pour parvenir à une neutralité (Tharcisse et Tudal, 2018, p.3). Parmi les stratégies développées, il y a l’action de conserver et de restaurer les différents services écosystémiques, tout en utilisant rationnellement les ressources naturelles pour subvenir aux besoins de la population. En effet, les politiques ciblent la gestion durable des terres et donc, l’amélioration de l’état et de la résilience des écosystèmes, suivant différentes approches d’évitement, de réduction ou d’inversement de la dégradation. ExplorerDes Créations De La Mode Africaine
Dans la présente étude, les chercheurs se demandent comment rendre disponible l’information spatiale pour permettre une maitrise scientifique et technique des finages villageois par les populations locales ?
1. But de la recherche
Le but de la recherche est de rendre disponible l’information spatiale pour une maitrise scientifique et technique des finages villageois par les populations locales et savoir quelle est le niveau d’intensité que les pertes de sols ont atteint ces dernières années dans la région de la Boucle du Mouhoun ainsi que la variabilité de fertilité chimique en vue d’élaborer des données à référence spatiale pouvant servir d’outils de planification dans ladite région.
Y-a-t-il des outils misent en place pour une maitrise scientifique et technique des finages villageois par les populations locales ? Comment les populations locales perçoivent-elles les pertes de sols dans leur milieu ? A qui ces populations locales imputent-elles la responsabilité de cette situation de pertes de terres ?
2. Comment avons-nous procédé ?
Les techniques de collecte des données ont consisté à la recherche documentaire, focalisée sur l’exploitation des ouvrages. Les données spatiales de la base nationale de données topographiques (BNTD) et pédologiques ainsi que des données de type statistique ont été collectées auprès de plusieurs structures comme le BUNASOLS, IGB, INSD/RGPH, ANAM et SP-CNDD. Pour la collecte de données relative à la perception des populations, une enquête de terrain a été nécessaire en Février 2023. Pour ce fait un échantillon de la population cible a été déterminer. Au regard de la nature des informations recherchées, le choix raisonné a été privilégié. A cet effet, 384 chefs de ménage ayant une tranche d’âge de 38 ans et plus ont été interrogés dans la capitale régionale (Dédougou) car elle serait à mesure de donner des informations nécessaires sur la variabilité des ressources potentielles en terres durant ces vingt dernières années. Le choix de la capitale régionale (Dédougou) s’explique par son rôle central de décision. C’est une des villes d’accueil des Personnes Déplacées Internes de la région, la présence des multiples projets d’aménagement au tour de la ville et la pression démographique et sa stabilité sécuritaire. Les guides ont été adressés aux responsables de la mairie, de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage. Les données collectées sont relatives à la dynamique des ressources naturelles de la région et les stratégies de gestion. Par ailleurs, des observations directes sur le terrain ont été faites pour faire l’état des lieux des ressources naturelles et les levés GPS. ConsulterDes Encyclopédies Et Outils De Référence
3. Qu’avons-nous appris ?
Résultats 1 : Spatialisation de l’indice d’encroutement des sols dans la Boucle du Mouhoun
L’indice d’encroutement varie non seulement en fonction des types de sols mais aussi en fonction de son emplacement géographique qui est lié aux paramètres climatiques, topographiques, géologiques et environnementaux (microclimats, végétation, biotique, biotope etc..), et de la composition des sols (sols associés) rencontrés dans l’espace d’étude. La Boucle du Mouhoun présente une superficie de 2 859 719,50 ha soit environ 83,23 % de la superficie totale, occupée par des sols extrêmement battants avec un indice d’encroutement compris entre 2,091 et 10,813. Cela l’expose à l’érosion hydrique dont les pertes des terres annuelles sont estimées à 4831917,997 t/an en 2003 ; 4529099,45 t/an en 2013 et 10541393,64 t/an en 2023.
Résultats 2 : Spatialisation des pertes de terres dans la Boucle du Mouhoun entre 2003 et 2013 ainsi que 2013 et 2023.
L’évolution des pertes de terres montre leur variation intense au cours de la période 2003 à 2013. Durant la période 2003 à 2013, la classe 0 à 1 t/ha/an (faible) a connu une hausse des pertes de terres. Cette variation positive la plus importante (40,04%), soit 1368 911, 93 t/an se justifie par l’expansion des champs, la coupe frauduleuse et anarchique du bois vert aussi bien dans la brousse que dans les forêts classées crée par un arrêté ministériel datant du 27/03/1937 et surtout l’absence des pratiques antiérosives qui ont occasionné un ruissellement important d’eau de pluie. La baisse des pertes de terres au niveau des quatre (04) autres classes serait due aux aléas climatiques. Ces quatre (04) classes ayant connu des variations négatives entre 2003 et 2013 sont la classe 1 à 5 t/ha/an (moyen), 5 à 10 t/ha/an (assez fort), 10 à 20 t/ha/an (fort) et ≥ 20 t/ha/an (très fort) lié non seulement à la topographie de certaines entités (pentes) mais aussi à la baisse de la pluviométrie. Durant la période 2013 à 2023, la hausse des pertes de terres se justifient par une hausse d’occupation des champs sur des pentes élevées comprises entre 7 – 11,3 % ; 11,3 – 17,6 % ; 17,6 – 26,8 % et supérieur (>) à 26,8 % avec 7,6 % de cultures pluviales en 2013 et 8,23% en 2023.On note aussi une hausse de la pluviométrie pour la même période. La baisse des pertes de terres s’explique d’abord par la prise de conscience des populations locales sur leur responsabilisation dans la gestion et la surveillance des ressources en terres (la technique de récupération des terres dégradées invitée aux paysans) à travers des différents projets intervenants dans la gestion durable des terres. Il faut noter cependant, une baisse des cultures pluviales lié à l’insécurité et à l’exode rurale des jeunes vers les villes ou vers d’autres contrées à la recherche des meilleurs revenus avec l’apparition des sites d’orpaillages.
Résultats 3 : Cartographie de l’état de fertilité chimique globale des sols
Les pertes dues au ruissellement en nappe sont des matières légères, des matières organiques, les argiles et limons. Il ressort des réponses issues des questionnaires adressés aux paysans notamment les Personnes Déplacés Internes (PDI) et les observations terrains que les petits cours d’eau et les marigots sont comblés par les dépôts de terres. La distribution dans la région donne quatre classes de fertilité chimique du sol dont le niveau très bas occupe une faible superficie de 339116,545 ha soit 9,90 % de la région avec des traces se retrouvant localisées dans l’ensemble des six provinces. Le niveau bas occupe une superficie 767 733,075 ha soit 22,42 % dont les traces se retrouvent localisées plus dans les provinces du Sourou et du Nayala ainsi que dans celles des Banwa et de la Kossi. Le niveau moyen occupe une superficie de 1958535,59 ha soit 57,20 % de la région et concerne les provinces des Banwa, du Mouhoun et des Balé. Le niveau élevé occupe une superficie de 358830,48 ha soit 10,48% de la région. Cette classe est localisée aux alentours des localités de Dokuy, Sanaba, Barani, Bomborokuy, Sono, Nouna, Bourasso, Djibasso, le long du cours d’eau du Mouhoun et quelques traces localisées à Kouka. La carte 10 montre la spatialisation de la fertilité chimique globale du sol dans la région.
5. Recommandations
Les recommandations ci-dessous ont été formulées sur la base des analyses, des perceptions et des différentes attentes.
• Renforcer le processus de récupération d’une zone endommagée et les techniques de conservation des eaux et des sols utilisés par les paysans ;
• Mettre en place un système de géo-information pour améliorer les connaissances des paysans sur des ressources potentielles en terres et suivre les dynamiques des ressources potentielles en terres ;
• Améliorer l’accès des fertilisants notamment la fumure organique aux femmes en milieu rural, surtout l’apprentissage des techniques des fosses compostières adaptés à leurs besoins ;
• Diminuer les capacités d’évacuation et de déplacement des terres par l’adoption des techniques culturales ;
• Améliorer le potentiel d’infiltration et de stockage sur la surface du sol en accordant des financements adaptés, des superficies exploitables, ainsi que des équipements aux paysans ;
• Vulgariser en langue locale (traduction en langues nationales/sensibilisation, etc.) sur des techniques culturales ;
• Adopter et maitriser l’application juridiques du foncier existantes pour garantir la sécurité foncière lors des mises en valeurs des terrains acquis ;
• Mettre en place des mécanismes d’incitation comme optimisation de l’efficacité des chartes foncières locales afin de concilier justice sociale et durabilité environnementale, en associant une action locale réussie comme les obligations réelles environnementales.
Conclusion
La Boucle du Mouhoun réputée une zone agricole par excellence nécessite à cet effet un regard scientifique de ses sols d’une manière permanent afin de faire obstacle à tout éventuelle dégradation des terres. Ainsi la géo-information est un outil d’aide à la décision dont l’importance dans le domaine agricole est considérable. Cela a permis dans cette étude de comprendre d’abord le système des dynamiques des ressources potentielles en terres dans la région. Ensuite, de montrer que l’approche géostatistique de la variabilité spatiale des paramètres physiques et chimiques du sol permet d’évaluer la fertilité des sols. Enfin, de montrer comment les SIG pouvaient offrir des pistes d’adaptation et d’orientation politique, notamment dans le cadre de la gestion efficace du foncier rural et dans un contexte où l’enjeu de « produire plus et mieux avec peu » vise à développer le capital productif. Cependant, la géolocalisation pourrait être utile en rendant instantanément aux producteurs la disponibilité des connaissances de la notion globale de fertilité, décortiqué en une multitude de paramètres physiques, chimiques et biologiques par l’agronomie.
Pour en savoir plus
Adama TINGUERI et Goama NAKOULMA, Aude NIKIEMA et al, Variabilité des ressources en terres dans la Boucle du Mouhoun », Spécial hors-série n°1, Science et Technique, Lettres, Sciences Humaines et sociales, Octobre 2024, pp 61-85.
BUNASOLS, 1985, Etat de connaissance de la fertilité des sols du Burkina Faso, Documentation technique n°1, p.50 et annexes.
BOTONI Edwige et SUBSOL Sébastien., 2013, « La mise à l’échelle de la gestion durable des terres au Sahel : des solutions pour une sécurité alimentaire durable », Communication, Bonn, Allemagne.
PARE Tahibou, 2020, Evaluation de la fertilité et des pertes en sols du bassin versant du lac Bam, Mémoire de master en technologie de l’environnement, Master, Université Joseph KI ZERBO.
ROOSE Eric J., 1977, Adaptation des méthodes de conservation des sols aux conditions écologiques et socio-économiques de l’Afrique de l’ouest, L’Agronomie Tropicale, pp. 132–140.
ROUDIER Philippe., 2012, Climat et agriculture en Afrique de l’Ouest : quantification de l’impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l’utilité des prévisions saisonnières, thèse doctorat, Paris, EHESS, pp.189-191.
SAWADOGO Issa ,2012, Ressources fourragères et représentations des éleveurs, évolution des pratiques pastorales en contexte d’aire protégée : Cas du terroir de Katchari à la périphérie de la réserve de biosphère du W au Burkina Faso, Environnement et Société, Museum national d’histoire naturelle, 338 p.
THARCISSE Guedegbe, SINSIN Tudal et Mohammed Rachid Doukkali, 2018, « La neutralité en termes de dégradation des terres en Afrique est-elle envisageable ? », OCP Policy Center, pp.1-5
YAMEOGO Augustin, 2021, Caractérisation de la dynamique érosive dans le bassin versant supérieur de la Sissili (Burkina Faso), thèse doctorat, Koudougou, Université Norbert ZONGO, pp. 127-128.
6️⃣ 부르키나파소 무할운 보울(농업 곡창지)의 토지 자원 가변성
기사 요약
발표일: 2026년 8월 26일
형식: 과학 논문의 대중화 버전
저자: Adama TINGUERI, Arouna Goama NAKOULMA, Oumar KABORE (조지프 KI-ZERBO 대학 및 INERA)
연구 영역: 무할운 보울(Boucle du Mouhoun) - 부르키나파소의 주요 농업 지대
핵심 발견
1. 토양 침식 악화 추세
시기 토양 손실량 트렌드
2003년 483만 t/년 기준
2013년 452만 t/년 10년간 소폭 감소
2023년 1,054만 t/년 2013~2023년 급증
원인 분석:
2003-2013: 가뭄으로 강우량 감소 → 침식량 감소
2013-2023:
강우량 회복
경사지에서의 경작 확대 (7.6% → 8.23%)
불법 벌목 증가
2. 화학 비료도 급감
매우 낮은 비료: 9.90%
낮은 비료: 22.42%
중간 정도: 57.20% (주로 분포)
높은 비료: 10.48%
3. 주민의 인식과 책임
현지 주민들은 자신들의 책임을 인식하고 있음
토지 복구 기술 도입 시작 (NGO 프로젝트 덕분)
청년 이탈로 경작 감소하는 측면도 존재 (불안정, 금광 채굴로 이동)
맥락 및 의미
부르키나파소의 "과립(Grenier)" 딜레마:
무할운 보울: 국가 식량 생산량의 25% 차지
위기: 토양 황폐화 가속 + 청년 이탈 + 불안정
모순: 최고 비옥도 지역이라고 불리는데 토양 손실 심화
관리 방안 제안:
토양 정보 지리정보화: 농민들이 자신의 토지 비옥도를 지도로 파악
보수 기술 홍보: 토양·수자원 보존 방식을 지역 언어로 교육
토지 보안 강화: 불법 점유 방지, 장기 경작권 보장
여성 지원: 유기 비료 기술 교육
자금 지원: 토지 개량에 필요한 기술 장비 제공
왜 이 소스를 인용하는가?
부르키나파소 환경 연구의 최신 학술 자료
식량 안보와 환경 황폐화의 구체적 데이터
세계은행의 "토지 황폐화 중립화(Land Degradation Neutrality)" 이니셔티브와 연계
사헬의 기후 적응 및 환경 복원력 정책 수립에 활용
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