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Hausse des prix des produits : Le ministre Serge Poda appelle les consommateurs à refuser toute complicité
Publié le lundi 10 août 2026 à 22h23min
Le ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Serge Poda, a animé, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, une conférence de presse sur les mesures de lutte contre la hausse des prix des produits de grande consommation. Pour l’occasion, le ministre a appelé, d’une part les opérateurs économiques au strict respect de la règlementation en vigueur et à l’abandon des pratiques spéculatives et, d’autre part les consommateurs à jouer un rôle de veille et à ne surtout pas être complices des pratiques malveillantes.
La disponibilité des produits de grande consommation et la stabilité des prix constituent, rassure le ministre, l’une des priorités de l’action gouvernementale, en raison de leur impact direct sur le pouvoir d’achat des populations. « À ce titre, plusieurs mesures ont été prises et des actions menées par le gouvernement à travers le renforcement du dispositif juridique de régulation des prix, l’intensification des contrôles économiques, la surveillance accrue des circuits de distribution, la réglementation des prix de plusieurs produits de grande consommation ainsi que l’amélioration de la coordination entre les différentes structures de contrôle », présente Serge Poda, relevant qu’en dépit des efforts consentis par le gouvernement, il s’observe « avec regret », la persistance de tensions sur certains marchés.
« Des phénomènes de spéculation, de rétention de stocks et de hausse injustifiée des prix continuent d’être signalés, notamment pour les huiles alimentaires, le ciment, les motocycles, le savon, les œufs, le poisson et la viande de bœuf », cite le ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat.
Selon le conférencier, la surveillance périodique du marché révèle des prix supérieurs aux prix plafonds fixés par la réglementation. À titre illustratif, le ministre indique qu’au mois de juillet 2026, les hausses allant jusqu’à 18,33 % pour le sucre SOSUCO granulé, 16, 67% pour les œufs et plus de 16% pour le savon ont été constatées. « Pour les produits dont les prix ne sont pas fixés par voie réglementaire, comme la viande de bœuf et le poisson, ils ont également connu une tendance haussière, dépassant parfois 20% d’augmentation annuelle pour le cas du poisson chinchard. Ces variations s’expliquent non seulement par des facteurs externes, mais aussi par des facteurs internes. Concernant le poisson, il faut noter que la hausse des prix découle de la réduction de l’offre mondiale, de la forte consommation et des pratiques spéculatives des acteurs sur le marché du poisson. En ce qui concerne les motocycles, même avec la tendance baissière des prix en raison de l’amélioration de l’offre et des actions de contrôle, il faut noter que des motocycles restent toujours inaccessibles pour le citoyen lambda, au regard des pratiques spéculatives des acteurs. S’agissant du ciment, il est constaté une baisse de l’offre liée à des difficultés d’approvisionnement en clinker et à une forte demande de la population. À ces éléments explicatifs s’ajoutent les pratiques spéculatives de certains acteurs véreux profitant de cette situation. Quant à la viande de bœuf, la hausse du prix constatée ces trois dernières années résulte d’une faiblesse de l’offre nationale en bétail », détaille le ministre Poda.
Face à cette situation, dit le conférencier, le gouvernement a pris de nombreuses actions. Il s’agit de la déclaration des lieux de stockage rendue obligatoire pour éviter les pratiques clandestines à des fins de spéculation ; de l’intensification du contrôle des prix, des stocks et des lieux de stockage des produits de grande consommation ; de la suspension temporaire de l’exportation de certains produits comme le riz, le niébé, les céréales et le bétail sur pied ; de la conduite de l’opération spéciale de vente de certains produits de grande consommation à l’occasion du jeûne musulman, du carême chrétien et de ventes promotionnelles par la société d’État « Faso Yaar ». À ces actions s’ajoutent la réduction des délais de validité des autorisations spéciales d’importation de douze mois à six mois pour éviter les comportements opportunistes des importateurs ; la suspension de l’exportation de certaines matières premières afin de permettre aux unités industrielles de disposer de la matière première ; le renforcement du suivi de la production et des circuits de distribution du ciment pour rendre disponible le produit et lutter contre la spéculation.
La fixation des prix de vente de certains produits de grande consommation tels que le riz, les huiles alimentaires, le ciment, le poisson de production locale ; le renforcement de la régulation du secteur des cycles, motocycles et cyclomoteurs par l’instauration de l’agrément pour la fabrication/le montage, l’importation et la distribution des motocycles et leur soumission à autorisation spéciale d’importation pour mieux organiser le secteur et réguler le marché ; la nationalisation de la SOSUCO et la SN-CITEC ; le renforcement du dialogue entre les acteurs économiques et la partie gouvernementale ; l’information et la sensibilisation des commerçants et des consommateurs dans les différentes régions du pays sont autant d’actions entreprises par le gouvernement.
Des actions que l’autorité entend intensifier à travers des contrôles et des circuits de distribution ; l’assainissement des circuits de distribution par la réduction des intervenants de la chaîne de distribution ; le renforcement du maillage territorial au niveau des grands centres, des régions et des provinces en matière de contrôle. Il y a également l’amélioration de l’offre nationale grâce au développement de la production agricole et industrielle ; le renforcement des sanctions à l’encontre des contrevenants (fermetures des lieux de vente en apposant la mention ‘’fermé pour non-respect de la règlementation’’, retrait de titre ou d’autorisation d’exercer) ; la réquisition des contrevenants pour la réalisation des travaux d’intérêt commun.
Le gouvernement prévoit, en outre, la commercialisation de certains produits à travers les points de vente des structures étatiques comme « Faso Yaar » et la SONAGESS en cas de persistance des perspectives ; la reconnaissance des acteurs exemplaires et patriotes dans leurs secteurs d’activité ; le renforcement de la collaboration avec les organisations de défense des droits des consommateurs ; la modernisation des outils de suivi des marchés et des contrôles par la digitalisation ; la possibilité de l’intervention de l’État dans la distribution de certains produits stratégiques.
Le gouvernement réitère l’appel aux acteurs économiques à faire preuve de responsabilité dans l’exercice de leurs activités, au strict respect de la règlementation en vigueur et à l’abandon des pratiques spéculatives.
« L’inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné… »
Le gouvernement exhorte également les consommateurs à jouer un rôle de veille en ne se faisant pas complices des pratiques malveillantes. « Si vous êtes un consommateur, vous savez très bien qu’un prix est fixé, que nous travaillons toujours à lutter contre ceux qui fixent les prix de façon exagérée, et vous acceptez d’aller en connivence avec le commerçant, s’il vous donne une facture où il met le prix réglementé et derrière, vous acceptez de payer un prix supérieur, vous voulez qu’on fasse quoi ? Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ! Au contraire, vous devez non seulement refuser de payer à ce prix, ensuite collecter l’information et immédiatement la reporter avec tous les éléments, pour qu’à l’instant T, nous puissions faire une descente là-bas. Ou bien que nous passions par des consommateurs aussi, que nous-mêmes allons commissionner, pour aller faire le test et prendre ces commerçants véreux, la main dans le sac et les mater ! », réagit le ministre à une question posée sur fond de cas d’illustration.
Pour Serge Poda, il ne sert à rien de jouer le jeu malveillant avec le commerçant, pour ensuite entrer chez soi et appeler les émissions interactives pour se plaindre. Tant que des consommateurs continueront à entretenir cette situation, avise le ministre, il y aura toujours des opérateurs malveillants qui vont s’y adonner « parce que la situation devient normale, elle n’est plus anormale ».
« Il faut qu’à un certain niveau, il y ait un acteur qui dise ‘’non’’, pour permettre aux actions du gouvernement qui sont engagées de pouvoir avoir des effets », interpelle-t-il.
Commentant subséquemment, le ministre explique qu’« en toute honnêteté, la tendance générale des prix des produits de grande consommation est baissière ».
« Quand vous prenez les statistiques au niveau du ministère de l’Industrie et du commerce, les statistiques sur l’inflation au niveau de l’INSD (Institut national de la statistique et de la démographie), et même les statistiques au niveau de la BCEAO, l’inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné. Ce qu’il faut noter aussi, c’est que dans la durée, dans le temps, les prix des produits ne peuvent pas être statiques ; ils peuvent baisser, augmenter, en fonction de la situation internationale… », a-t-il démontré.
Sur une préoccupation relative à la hausse du prix du gasoil, intervenue il y a quelques heures, le patron du département de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, tout en reprenant en compte les motifs donnés par le président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, rassure : « Nous ne souhaitons pas, et nous ne tolérerons pas, qu’un acteur s’adonne unilatéralement à une répercussion démesurée des prix de certaines prestations, du fait de l’augmentation légère du prix du gasoil. Sinon, il entrera dans le statut de ces opérateurs véreux qui s’adonnent à des spéculations inexpliquées, et donc, nous verrons pour pouvoir mater cela avec toute la rigueur ».
O.L. et Elysée Nikiéma
Lefaso.net
부르키나파소 물가 급등 사태: 정부의 가격 규제 한계와 숨겨진 진실
최근 부르키나파소의 세르주 포다(Serge Poda) 산업·상거래·수공업 장관은 기자회견을 열고 생활용품 가격 급등에 대응하기 위한 정부의 강력한 규제 조치를 발표했습니다. 아울러 상인들의 투기 행위를 비판하며, 소비자들이 불법적인 가격 인상에 타협하지 말고 적극적으로 신고해 줄 것을 촉구했습니다.
하지만 정부의 단호한 발표 이면에는 통제 불가능한 거시 경제적 요인과 정책적 한계, 그리고 실패의 책임을 대중에게 전가하려는 의도가 얽혀 있습니다.
1. 정부의 공식 입장: "물가 상승의 주범은 투기와 소비자의 방관"
기자회견에서 포다 장관은 국가 통계청(INSD)과 중앙은행(BCEAO)의 자료를 근거로 부르키나파소의 전반적인 인플레이션은 하향 추세이거나 정체되어 있다고 주장했습니다.
그럼에도 불구하고 설탕(18.33%), 계란(16.67%), 비누(16%) 등 특정 생필품의 가격이 치솟는 이유는 악덕 상인들의 의도적인 재고 은폐와 유통망의 비효율 등 '투기 행위' 때문이라고 규정했습니다. 특히 장관은 소비자들이 계산서에는 규제 가격을 적게 하고 실제로는 더 높은 현금을 지불하는 관행을 꼬집으며, 이러한 타협이 투기꾼들을 돕는 '공모 행위'라고 강하게 질타했습니다.
이를 해결하기 위해 정부는 가격 상한제 실시, 창고 신고 의무화, 국영 기업(Faso Yaar)을 통한 특별 할인 판매, 수출 임시 금지 등 전방위적인 규제 단속을 펼치겠다고 선언했습니다.
2. 현실의 괴리: 구조적 요인 vs 투기 요인
정부는 소비자 고발과 단속을 통해 물가를 잡을 수 있다고 역설하지만, 실제 물가 상승의 원인을 분석해 보면 정부의 통제 범위를 벗어난 '구조적 요인'이 절반 이상을 차지합니다. 물가 급등은 크게 두 가지 축으로 나뉩니다.
상승 요인 / 주요 품목 / 원인 및 현황 /정부의 통제 가능성
구조적 요인 (통제 불가)/ 생선(칭친), 소고기, 시멘트/ 국제 어획량 감소, 사막화로 인한 국내 가축 생산 감소, 글로벌 원자재(클링커) 수급 악화로 인한 필연적 가격 상승./ 0% (단기적 개입 및 해결 불가능)
투기적 요인 (일부 통제)/ 식용유, 계란, 오토바이, 비누/ 상인들의 의도적 출고 조절, 복잡한 유통 단계를 통한 마진 부풀리기, 심리적 불안을 이용한 가격 인상./30~60% (단속과 적발을 통해 일부 억제 가능)
위 표에서 보듯, 소고기나 생선의 20% 이상 가격 급등은 악덕 상인 때문이 아니라 척박해지는 기후와 글로벌 공급망의 붕괴 때문입니다. 정부가 아무리 단속을 강화해도 국제 시세나 자연재해로 인한 공급 부족은 단기간에 해결할 수 없습니다.
3. 정부 가격 규제의 실효성과 한계
물론 정부의 노력이 전혀 성과가 없었던 것은 아닙니다. 국유화를 단행한 의약품 부문에서는 약값을 72% 인하하는 극적인 성공을 거두었으며, 곡물 가격 역시 안정세를 보였습니다.
그러나 곡물 가격 안정화의 진정한 원인은 정부의 훌륭한 통제 시스템보다는 기후 호조로 인한 18%의 농업 생산량 증가(풍작)에 있습니다. 실질적인 물가 안정 기여도를 따져보면 날씨와 풍작이 80%를 차지하며, 정부의 규제는 15%, 소비자의 신고 협력은 5% 미만에 불과합니다.
더욱 치명적인 한계는 안보 위기입니다. 현재 부르키나파소 국토의 약 30%는 무장 단체(지하드)의 통제 아래에 놓여 있습니다. 지보나 세바 같은 봉쇄 지역에서는 정부의 행정력이 전혀 미치지 않아 전국 평균보다 100% 이상 높은 암시장 물가가 형성되어 있지만, 정부는 이에 대해 속수무책인 상황입니다.
4. 숨겨진 진실: 칭찬은 정부 몫, 책임은 시민 몫
결과적으로 이번 기자회견에 담긴 정부의 강력한 메시지는, 자국의 경제 통제력을 훌쩍 넘어서는 거시적 위기 앞에서 핑곗거리를 찾으려는 정치적 방어 기제에 가깝습니다.
종합 결론
부르키나파소의 2026년 밥상 물가는 단기적인 단속이나 소비자의 신고 정신만으로 해결될 수 없는 복합적인 위기입니다.
정부가 가격 상한제를 실시하고 국유화를 통해 공급을 늘리려는 시도는 긍정적이지만, 식량 자급률 향상이나 국제 공급망 안정화라는 거시적 장벽 앞에서는 역부족일 수밖에 없습니다. 소비자들이 상인의 횡포에 단호히 "아니오"라고 말하는 것은 분명 건강한 시장을 위해 필요합니다. 하지만 부르키나파소의 물가가 진정으로 안정되기 위해서는 기후 요인이 뒷받침된 지속적인 농업 생산력 증대와, 안보 위기 해소를 통한 물류 유통망의 정상화라는 길고 험난한 구조적 과제를 먼저 해결해야만 할 것입니다.
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