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Burkina/Religion : Le CERFI revient sur les grands enseignements du sermon d’adieu du prophète pour l’humanité
Publié le lundi 7 septembre 2026 à 23h21min
Dans son élan de répondre à l’attente de tous ceux qui désirent s’informer et se former, le Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) a animé, dans la soirée du dimanche 6 septembre 2026 à son siège national, à Ouagadougou, une conférence publique sur les grands enseignements du sermon d’adieu du prophète pour l’humanité. TéléchargerUn Guide
« Le sermon d’adieu du prophète : la dernière grande leçon pour l’humanité ». C’est sur ce thème précis que l’imam Alidou Ilboudo a donné cet enseignement en cette soirée dominicale et devant des fidèles composés de toutes les couches sociales. Pour mieux examiner le sujet, le communicant l’a déroulé à travers trois couches, à savoir le contexte, le contenu du sermon puis les enseignements qu’on peut en tirer.
Ainsi, et situant le contexte, l’imam Ilboudo relève d’abord que parler de « sermon d’adieu » ne signifie pas dernier pèlerinage, comme pourraient penser certains, mais plutôt le seul pèlerinage du Prophète, selon les règles de Islam.
Pour bien cerner la portée révolutionnaire de ce discours, il faut d’abord, dit-il, plonger dans le contexte unique de ce voyage, qui marque un tournant définitif pour l’Islam, un moment de transition historique. « Nous sommes au mois de Dhul-Hijjah de l’an 10 de l’Hégire (mars 632 après J.-C.). Le Prophète Mohammed (PSDL) a 62 ans. Il ressent, par inspiration divine, que sa mission terrestre touche à sa fin. C’est la première et la dernière fois de sa vie qu’il accomplit le grand pèlerinage (le Hajj) après l’instauration de l’Islam. Ce moment est crucial, car le Prophète va fixer pour l’éternité, les rites de ce pilier de l’Islam, mais surtout, il s’apprête à livrer son testament spirituel », remémore imam Alidou Ilboudo.
Ce pèlerinage draine une marée de fidèles, avec à l’actif une situation géopolitique et sociale exceptionnelle incarnée par l’unification de l’Arabie (après des décennies de guerres tribales, d’idolâtrie et d’injustices sociales, la période de la Jahiliyyah, la péninsule est enfin unifiée sous la bannière du monothéisme) ; une rupture avec le passé (le Prophète se tient devant un peuple qui est encore en train de désapprendre ses anciens réflexes : racisme tribal, vengeance du sang, exploitation des femmes et des pauvres) et une ambiance solennelle (l’atmosphère est chargée d’une immense émotion…). « Les croyants savent que le Prophète est fatigué et que ses paroles résonnent comme des adieux. Le Sermon n’est pas un simple discours juridique : c’est une charte universelle des droits humains et des devoirs spirituels, prononcée au sommet d’une montagne, scellant l’achèvement de la mission prophétique », poursuit-il.
Avant de poursuivre, le conférencier a souligné que le Sermon d’adieu n’est pas un texte compact, c’est un regroupement de fragments de discours du Prophète, rapportés par des sources pour constituer un texte, tel que présenté et publié. « Dans la science du Hadith, le Sermon d’Adieu (Khutbat al-Wada’) est particulier ; il ne s’agit pas d’un texte unique d’un seul bloc dans un seul livre, mais plutôt d’une série de déclarations fortes prononcées à différents moments du Pèlerinage d’Adieu (à Arafat, à Mina, le jour du sacrifice). Les compilateurs de hadiths ont consigné ces passages dans différents chapitres (le pèlerinage, les jugements, les exhortations). Pour un cours d’éducation religieuse, voici les références majeures et incontournables à donner à vos élèves », a présenté l’imam.
Selon le conférencier, le Sermon est constitué de quatre sources. La version la plus longue et complète (première source) est le Mousnad de l’Imam Ahmad. « Si vous cherchez le texte qui regroupe de manière fluide la quasi-totalité des thèmes (droits des femmes, égalité, usure, etc.), c’est la référence principale (Mousnad Ahmad, Hadith nᵒ 19774) », a indiqué l’imam Ilboudo.
La deuxième source est constituée du « récit détaillé du pèlerinage » de Sahih Muslim. « L’Imam Muslim rapporte un très long hadith transmis par le compagnon Jâbir ibn Abdillah (qu’Allah l’agrée). Ce hadith décrit tout le voyage du Prophète et intègre les passages-clés du sermon prononcés dans la vallée d’Uranah (Arafat). Il y mentionne explicitement l’abolition du sang de la Jahiliyyah, de l’usure, et les recommandations sur les femmes (Sahih Muslim, Livre du Hajj, Le Pèlerinage, Hadith n° 1218, parfois répertorié sous le numéro 98 selon certaines éditions) », déroule-t-il.
La troisième source est de Sahih al-Bukhari. Elle est relative à « la sacralité des vies et des biens ». L’imam al-Bukhari, explique le communicant, a fragmenté le sermon selon les thématiques de son recueil. Le passage le plus célèbre qu’il rapporte (via le compagnon Abou Bakra) insiste sur la sacralité absolue du sang, des biens et de l’honneur des musulmans (Sahih al-Bukhari, Hadiths nᵒ 1623, 1626, 1741 et 6361), enseigne le religieux.
La quatrième source est de l’imam Jami’at-Tirmidhi. Elle fait référence au legs (le Coran et la Sunna) et à la fraternité. « L’Imam at-Tirmidhi met l’accent sur les avertissements contre Satan, les droits des époux, et le fait que le Prophète laisse après lui deux guides pour ne pas s’égarer (Sunan at-Tirmidhi, Hadiths n° 1628, 2046 et 2085) », soutient-il.
Le devoir de traiter les femmes avec dignité et douceur !
Selon Alidou Ilboudo, imam du CERFI et de l’Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB), le Prophète Muhammad, par ce sermon puissant (mieux connu sous le nom de Khoutbat al-Wada, ou le dernier sermon), réaffirme les fondements de la morale et donne une guidance complète sur la manière de vivre et de se comporter en véritable croyant (voir au bas de l’article, l’intégralité du sermon, lu par le conférencier). VisionnerDes Documentaires
Quels enseignements peut-on tirer du Sermon d’adieu du Prophète Muhammad ?
Selon l’orateur, en éducation religieuse, ce sermon est généralement découpé en trois grands thèmes, autour de points-clés : la dimension spirituelle et théologique, la dimension sociale et les droits de l’Homme, la notion de responsabilité individuelle.
De la dimension spirituelle et théologique, l’imam Ilboudo indique que le Prophète rappelle d’abord la souveraineté absolue d’Allah et l’obligation de n’adorer que Lui. Ensuite, les piliers de l’Islam (obligation stricte de pratiquer la prière, le jeûne, la Zakat et le Hajj, si possible). La fin de la Prophétie ; Muhammad (PSDL) confirme qu’il est le sceau des prophètes (Khatam an-Nabiyyin). Les deux guides, à savoir le Coran et la Sunna, qui sont laissés comme boussoles pour éviter l’égarement.
En ce qui concerne la dimension sociale et des droits de l’Homme, le Prophète annonce l’égalité universelle, rejetant donc le racisme, le tribalisme et le nationalisme. « La seule valeur de différenciation est la piété (Taqwa) », fait ressortir l’imam Ilboudo, ajoutant que le Prophète déclare également que l’Arabe/le Blanc n’est pas supérieur au non-Arabe, et vice-versa.
Sur le droit des femmes, qu’il souligne être un élément essentiel, le conférencier est allé dans les détails : « Le Prophète a donné un commandement prophétique, qui est de traiter les femmes avec douceur, respect et justice, et en disant : ‘Vous avez des droits sur elles, mais elles aussi, elles ont des droits équivalents sur vous’’. (…). Il dit que les femmes sont les sœurs jumelles des hommes, donc l’autre moitié des hommes. Il faut dire que la femme avait un traitement dans la communauté dans laquelle elle était. Quand le prophète est venu, il a trouvé que les femmes étaient traitées par les Arabes, à la limite, comme des objets, des biens qu’on possédait avec son troupeau, son or… et le Prophète a travaillé avec l’islam pour les élever au rang d’humain avec le même grade que l’homme. Le Coran va dire de ne pas hériter des femmes contre leur consentement (on connaît ce verset, parce qu’on héritait des femmes, comme cela se faisait aussi chez nous). Et pour moi, c’est un enseignement que le Prophète a donné aux musulmans : respecter la dignité des femmes. Cela ne signifie pas que ça s’arrête seulement à ce moment, mais que si le monde se complexifie et que les droits des humains évoluent, il faut regarder quelle est la situation de la femme et aller dans le sens dans lequel le Prophète nous a laissés. Il n’y a pas de plafond, il faut toujours faire mieux. Il y a aussi des choses que les hommes n’avaient pas au temps du Prophète. Donc, il faut se dire qu’on est sur un chemin progressif, donc prendre en compte l’évolution, les réalités. C’est pourquoi je dis, nous respectons l’enseignement du Prophète dans les principes. Maintenant, les modalités peuvent évoluer selon le temps, suivant le pays, le contexte et suivant les nouvelles connaissances et la culture scientifique que nous avons aujourd’hui ». DécouvrirUn Loisir
Une autre composante de la dimension sociale et des droits de l’Homme porte sur la justice économique. Selon l’imam, le Prophète interdit formellement l’usure (Riba), car elle exploite les plus pauvres. « Cela fait 1400 ans, mais on voit aujourd’hui que l’intérêt usuraire a provoqué l’effondrement de l’économie des pays pauvres, etc. Justice économique, parce qu’elle exploite les pauvres. Le Prophète enseigne donc l’interdiction de l’intérêt usuraire. C’est pourquoi, dans les pays musulmans, le système des finances islamiques a été développé pour respecter ce principe », explique-t-il.
Le quatrième élément de cette dimension, c’est la sacralité de la vie. Autrement, il s’agit de l’interdiction du meurtre, du vol, de la loi du talion/des vengeances tribales (fin de la Jahiliyyah/période pré-islamique).
Le troisième grand axe d’enseignement à retenir du sermon d’adieu du Prophète, c’est la notion de responsabilité individuelle. « Au jugement dernier, chaque croyant est responsable de ses propres actes et devra en répondre devant Allah. Ici, on admet la notion de conscience, d’opinion, de liberté de pensée, de croire. Le croyant est responsable de ses actes et devrait répondre devant Allah. Celui qui fait un atome de bien va le voir et celui qui fait un atome de mal va le voir. Et pour les croyants, c’était très important de le souligner, parce que l’enseignement nous a parlé du destin... Dieu a donné à l’homme la conscience, le libre arbitre, l’intellect pour qu’il puisse réfléchir sur ses actes. Alors, tout homme est responsable devant Allah », rétablit l’imam Ilboudo.
Le Prophète recommande également l’obligation de restituer les biens confiés (le dépôt, Amanah) et de ne pas trahir la confiance d’autrui. « Ce qui est ici enseigné, c’est mériter la confiance ; aller au-delà du matériel pour être quelqu’un qui respecte ses engagements, qui ne trahit pas. Le prophète dit qu’il part et recommande d’être des hommes dignes après lui. Il s’agit pour le musulman, en lisant le Sermon, de scruter pour voir quelle est réellement la philosophie qui sous-tend cette parole du Prophète et comment il peut implémenter cela dans sa vie, dans sa communauté ; parce que le Prophète est parti, mais il a laissé un dernier message, un testament », a encouragé le leader religieux.
Du contenu du Sermon (Sourate Al-Maidah, verset 3)
Ce sermon est mieux connu sous le nom de Khoutbat al-Wada, ou le dernier sermon. Le Prophète prononça ce discours dix ans après l’Hégire (la migration de La Mecque à Médine), dans la vallée d’Ouranah, au mont Arafat.
« Ô hommes ! Prêtez-moi une oreille attentive, car je ne sais si, après cette année, je serai encore parmi vous. Écoutez donc attentivement ce que je dis et transmettez ces paroles à ceux qui n’ont pu être présents aujourd’hui »
« Ô hommes ! De même que vous considérez ce mois, ce jour et cette cité comme sacrés, considérez la vie et les biens de chaque musulman comme un dépôt sacré. Rendez les biens qui vous ont été confiés à leurs propriétaires légitimes. Ne faites de mal à personne afin que personne ne vous fasse de mal. Souvenez-vous que vous rencontrerez assurément votre Seigneur et qu’Il vous demandera compte de vos actes. »
« Allah vous a interdit de pratiquer l’usure ; désormais, toute obligation liée aux intérêts est annulée. Votre capital vous appartient. Vous n’infligerez ni ne subirez aucune injustice. Allah a décrété qu’il n’y aurait pas d’intérêt et que tous les intérêts dus à Abbas Ibn ’Abd al-Muttalib soient annulés. »
« Tout droit découlant d’un homicide de l’époque préislamique est désormais annulé, et le premier droit auquel je renonce est celui découlant du meurtre de Rabia ibn al-Harith. »
« Ô hommes ! Les mécréants se livrent à la falsification du calendrier afin de rendre licite ce qu’Allah a interdit et d’interdire ce qu’Allah a rendu licite. Auprès d’Allah, les mois sont au nombre de douze. Quatre d’entre eux sont sacrés : trois se suivent et un se situe seul entre les mois de Joumada et de Chaabane. »
« Prenez garde à Shaytan, pour la sauvegarde de votre religion. Il a perdu tout espoir de pouvoir vous égarer dans les grandes choses : gardez-vous donc de le suivre dans les petites. »
« Ô hommes ! Il est vrai que vous avez certains droits envers vos femmes, mais elles ont aussi des droits sur vous. Souvenez-vous que vous ne les avez prises pour épouses que sous le dépôt d’Allah et avec Sa permission. Si elles respectent vos droits, alors il leur revient le droit d’être nourries et vêtues avec bonté. Traitez bien vos femmes et soyez bienveillants envers elles, car elles sont vos compagnes et vos aides dévouées. Et c’est votre droit qu’elles ne se lient d’amitié avec personne que vous n’approuviez, et qu’elles demeurent toujours chastes. »
« Ô hommes ! Écoutez-moi avec sérieux : adorez Allah, accomplissez vos cinq prières quotidiennes, jeûnez durant le mois de Ramadan et donnez de vos biens en zakât. Accomplissez le hajj si vous en avez les moyens. »
« Toute l’humanité descend d’Adam et Ève ; un Arabe n’a aucune supériorité sur un non-Arabe, ni un non-Arabe sur un Arabe ; de même, un Blanc n’a aucune supériorité sur un Noir, ni un Noir sur un Blanc, sinon par la piété et les bonnes actions. Sachez que chaque musulman est le frère de chaque musulman et que les musulmans forment une seule fraternité. Rien de ce qui appartient à un frère musulman ne sera licite pour un musulman, à moins que cela ne lui ait été donné librement et de bon gré. »
« Ne commettez donc pas d’injustice envers vous-mêmes. Souvenez-vous qu’un jour vous rencontrerez Allah et répondrez de vos actes. Prenez donc garde : ne vous écartez pas du chemin de la droiture après mon départ. »
« Ô hommes ! Aucun prophète ni messager ne viendra après moi, et aucune nouvelle foi ne naîtra. Raisonnez donc bien, ô hommes, et comprenez les paroles que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses : le Coran et la Sunna ; si vous les suivez, vous ne vous égarerez jamais. »
« Que tous ceux qui m’écoutent transmettent mes paroles à d’autres, et ceux-là à d’autres encore ; et puissent les derniers comprendre mes paroles mieux que ceux qui m’écoutent directement. »
« Ô Allah, sois mon témoin que j’ai transmis Ton message à Ton peuple. »
Selon l’imam Alidou Ilboudo, dans le cadre de ce sermon, le Prophète Muhammad leur récita une révélation d’Allah qu’il venait de recevoir et qui achevait le Coran, car ce fut le dernier passage révélé :
« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et j’agréé l’Islam comme religion pour vous. Si quelqu’un est contraint par la faim, sans intention de pécher, alors Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
O.L.
Lefaso.net
요약: 이슬람 연구 단체인 CERFI가 무함마드의 '고별 설교'를 주제로 개최한 강연 내용입니다. 이 설교가 담고 있는 인종 차별 철폐, 여성의 존엄성 존중, 고리대금(이자) 금지 등 인권과 경제적 정의에 대한 보편적 가치를 강조했습니다.
배경 맥락: 부르키나파소는 무슬림과 기독교인이 공존하는 사회로, CERFI는 온건하고 학술적인 이슬람 교육을 주도하는 대표적인 시민 단체입니다.
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