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SAMAO/SEMH-AES : Le Niger, le Mali et le Burkina partagent leurs expériences en matière d’exploitation minière
Publié le jeudi 17 septembre 2026 à 00h13min
À l’occasion de l’ouverture officielle de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) et de la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), les ministres en charge des mines des pays de l’espace confédéral ont conjointement animé un panel. Celui-ci a porté sur le thème : « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains ». Ils ont partagé les défis rencontrés par leurs pays en matière d’exploitation minière et évoqué les mécanismes mis en place pour transformer ces défis en opportunités.
Face aux acteurs du secteur minier et énergétique, les ministres en charge des mines du Burkina Faso et du Mali, ainsi que du pétrole du Niger, ont rappelé la vision portée par les trois États, qui consiste à faire des ressources extractives un véritable levier de souveraineté économique, d’industrialisation et de développement endogène. Ils ont insisté sur la nécessité de mieux valoriser les richesses naturelles, d’accroître les retombées économiques pour les populations et de renforcer le contrôle des États sur leurs ressources stratégiques.
Prenant la parole, le ministre burkinabè de l’énergie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba, a indiqué que le secteur minier demeure un pilier de l’économie nationale. VisionnerDes Documentaires
Il représente plus de 90 % des exportations du pays et constitue une importante source d’emplois et de recettes. Il a souligné qu’en dehors des enjeux économiques, la maîtrise du secteur minier relève également de la souveraineté nationale et de la capacité du pays à financer son développement à partir de ses propres ressources.
Parmi les principaux défis rencontrés dans le secteur figurent la sécurité des sites, la formalisation de l’exploitation artisanale, la protection de l’environnement et la gestion des attentes des communautés riveraines.
Yacouba Zabré Gouba, Ministre de l’énergie, des mines et des carrières du Burkina
Pour que le secteur minier participe pleinement au développement national, plusieurs réformes sont nécessaires, selon Yacouba Zabré Gouba. Il s’agit notamment d’une participation accrue de l’État dans les projets miniers, de l’exploitation directe de certaines ressources, de l’optimisation de la fiscalité, de la lutte contre les circuits frauduleux de commercialisation de l’or ainsi que du renforcement du contenu local.
Le ministre des mines a également insisté sur l’importance de l’industrialisation et de la transformation locale des minerais afin de capter davantage de valeur ajoutée, de créer des emplois et de réduire l’exportation des matières premières à l’état brut. Yacouba Zabré Gouba a par ailleurs évoqué la nécessité d’améliorer la connaissance géologique du sous-sol burkinabè afin de diversifier la production minière, aujourd’hui largement dominée par l’or. ConsulterLes Décrets
Le ministre malien des mines, Pr Amadou Keïta, a fait savoir que les défis auxquels sont confrontés les pays de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont largement similaires. Selon lui, la réflexion sur la gouvernance minière doit tenir compte à la fois des impératifs internes de développement et des enjeux géostratégiques internationaux liés aux minerais critiques et à la transition énergétique mondiale.
Pr Amadou Keïta a dénoncé ce qu’il considère comme un partage historiquement déséquilibré des revenus miniers au détriment des États africains. Il a notamment pointé du doigt le contraste entre la prospérité observée à l’intérieur de certaines mines et la pauvreté persistante des communautés environnantes. Il estime que les ressources minières doivent davantage contribuer au développement local et national.
Pr Amadou Keïta, Ministre des mines du Mali
Le ministre malien des mines a également décrié les anciens modèles contractuels qui, selon lui, accordaient une place insuffisante aux intérêts des États. Il a rappelé que le Mali a adopté un nouveau code minier en 2023 et engagé la renégociation de plusieurs conventions minières. D’après lui, ces réformes ont déjà permis à l’État malien de mobiliser plus de 700 milliards de FCFA supplémentaires grâce aux accords renégociés avec les sociétés minières.
Le renforcement du contenu local, la transparence dans l’attribution des permis, la protection de l’environnement et l’amélioration des capacités de contrôle de l’administration figurent également parmi les axes de réforme engagés par le Mali pour une meilleure gouvernance du secteur minier.
Invité à partager l’expérience du Niger dans le secteur pétrolier, le ministre nigérien chargé du pétrole, Hamadou Tini, a rappelé que son pays est devenu producteur de pétrole en 2011 avant de lancer plus tard les exportations à grande échelle. Il a indiqué qu’au 31 décembre 2025, le Niger avait exporté environ 32,5 millions de barils de pétrole, avec des perspectives de croissance importantes pour les années à venir.
Pour les autorités nigériennes, le développement du secteur pétrolier constitue une opportunité majeure pour renforcer la souveraineté économique du pays, accroître les recettes publiques et soutenir les investissements structurants. ConsulterLes Décrets
Hamadou Tini, Ministre en charge du pétrole du Niger
Ce panel a mis en évidence le fait qu’au-delà des spécificités nationales, les pays de l’AES sont unanimes sur la nécessité de reprendre davantage le contrôle de leurs ressources naturelles. Pour ce faire, la transformation locale des matières premières, le contenu local, la lutte contre la fraude et les circuits illicites ainsi que la protection de l’environnement figurent parmi les priorités des trois États, qui ont déjà engagé des réformes à cet effet.
Armelle Ouédraogo
LeFaso.net
기사 요약: 서아프리카 광업 주간(SAMAO) 행사에서 부르키나파소, 말리, 니제르(AES 소속 3개국)의 광업 및 석유 부문 장관들이 모여 천연자원을 활용한 경제적 주권 확보 방안을 논의했습니다. 말리의 새로운 광업법 도입 성과(약 7,000억 세파프랑 추가 세수 확보)와 니제르의 석유 수출 경험 등이 공유되었으며, 이들 국가는 광물 현지 가공과 불법 유통 근절 등을 통해 국가 통제력을 강화해야 한다는 데 뜻을 모았습니다.
배경 및 맥락: 부르키나파소, 말리, 니제르는 최근 군사 쿠데타 이후 기존 서아프리카경제공동체(ECOWAS)를 탈퇴하고 '사헬국가연합(AES)'이라는 독자적인 안보·경제 동맹을 결성했습니다. 이들은 과거 구주인국(프랑스 등 서방) 및 다국적 기업에 유리했던 자원 개발 계약을 파기하거나 재협상하여, 자국의 천연자원을 바탕으로 진정한 경제적 독립과 자립을 이루려는 강력한 지정학적 움직임을 보이고 있습니다.