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Burkina : En cas de danger, “Sécurité+”, une application locale veut rapprocher les secours des personnes en difficulté
Publié le lundi 5 octobre 2026 à 21h04min
Quand une personne se retrouve soudainement en danger, le premier réflexe est souvent de chercher de l’aide. Mais entre la survenue d’un incident, la capacité à donner l’alerte et l’arrivée effective d’un secours, plusieurs minutes peuvent parfois s’écouler. Dans une société où les solidarités familiales et communautaires jouent encore un rôle important, une question se pose : comment mettre cette solidarité en mouvement lorsque celui qui est en difficulté n’est plus en mesure de demander de l’aide ? C’est à partir de cette interrogation que « Sécurité+ », une application pensée pour raccourcir le temps entre le danger, l’alerte et la mobilisation des proches.
Au Burkina Faso, la question de la protection des personnes vulnérables reste une préoccupation importante. Les violences basées sur le genre, notamment, continuent de nécessiter des réponses en matière de prévention, de protection et de prise en charge. Les données de l’UNFPA indiquent notamment que 9,3 % des femmes et des filles ont subi des violences de la part d’un partenaire intime. Lirel'histoire
Dans le contexte humanitaire, l’organisation souligne également que les violences et les déplacements accroissent les risques auxquels sont exposées les femmes et les filles. Cependant, toutes les situations d’urgence ne sont pas liées aux violences. Un enfant peut se perdre. Une personne âgée peut être victime d’un malaise alors qu’elle est seule.
Un travailleur peut être confronté à un incident sur son lieu de travail. Une personne peut aussi se retrouver face à une agression et ne pas avoir la possibilité de téléphoner, de parler ou même d’expliquer où elle se trouve.
C’est précisément dans cet intervalle entre le danger et l’arrivée de l’aide que se situe la réflexion menée par un entrepreneur burkinabè, Kévin Moné. Plutôt que de partir d’une technologie pour chercher ensuite à lui trouver un usage, son équipe dit être partie d’une situation très concrète : que peut faire une personne lorsqu’elle a besoin d’aide, mais qu’elle n’est pas en mesure de la demander normalement ?
De cette réflexion est née Sécurité+, une application actuellement en phase de lancement, qui cherche à faciliter l’envoi d’une alerte vers des personnes préalablement choisies par l’utilisateur. L’idée paraît simple. Mais derrière cet outil se pose une question beaucoup plus large : la technologie peut-elle contribuer à organiser la solidarité sans se substituer aux services de secours, ni créer un faux sentiment de sécurité ?
Quand demander de l’aide devient difficile
C’est dans les situations où les gestes ordinaires deviennent difficiles que les promoteurs disent avoir identifié un besoin. « Une personne en situation de danger peut avoir besoin d’aide immédiatement, mais être incapable d’appeler, d’expliquer où elle se trouve ou de contacter plusieurs personnes à la fois », explique Kévin Moné. Une personne paniquée ne réagit pas nécessairement comme elle le ferait dans une situation normale. Elle peut ne pas pouvoir parler, ne pas savoir qui appeler en premier ou perdre de précieuses secondes à chercher une solution.
L’approche retenue par le promoteur consiste donc à réduire autant que possible le nombre d’actions nécessaires pour déclencher une alerte. Selon les fonctionnalités présentées, celle-ci peut notamment être activée par certains gestes sur le smartphone, sans que l’utilisateur ait besoin de passer un appel ou de parler.
L’objectif annoncé est de transmettre l’alerte à des contacts de confiance préalablement enregistrés et, lorsque les conditions techniques le permettent, de fournir des informations utiles comme la localisation. Mais le promoteur prend soin de préciser ce que l’outil ne prétend pas être. « L’objectif n’est absolument pas de remplacer les services de sécurité ou de secours, mais de faciliter et d’accélérer la circulation de l’alerte », souligne Kévin Moné.
Cette nuance est importante. Une application ne peut ni garantir qu’une agression n’aura pas lieu, ni assurer à elle seule l’intervention d’un secours. Son intérêt dépend de toute une chaîne : fonctionnement du téléphone, connectivité, réception de l’alerte, réaction des proches ou des personnes disponibles et, selon la situation, intervention des services compétents.
Une application qui devra encore démontrer son utilité
Sécurité+ est actuellement dans une phase de lancement, après des tests réalisés avec des utilisateurs. « Nous ne souhaitons pas présenter comme réels des cas d’intervention que nous n’avons pas encore documentés », affirme Kévin Moné. Cette prudence donne une autre dimension au projet. Elle signifie que la véritable épreuve commence maintenant : vérifier dans des conditions réelles la rapidité de transmission des alertes, la fiabilité du dispositif, l’expérience des utilisateurs et, surtout, la capacité de la chaîne d’assistance à fonctionner lorsqu’une personne a effectivement besoin d’aide.
Le promoteur de l’application, Kévin Moné est aussi le président du Salon panafricain de robotique et de l’intelligence artificielle.
Autrement dit, le nombre de téléchargements ne suffira pas à mesurer l’intérêt social d’une telle initiative. La question sera plutôt de savoir ce qui se passe lorsqu’une alerte est réellement déclenchée. Derrière l’application, Kévin Moné dit vouloir surtout travailler sur une idée ancienne dans les sociétés africaines : la solidarité de proximité.
Une femme en difficulté peut compter sur sa famille. Un enfant peut être aidé par un adulte de confiance. Une personne âgée peut avoir besoin de son voisinage. Mais cette solidarité ne fonctionne que si ceux qui peuvent intervenir savent qu’une personne a besoin d’aide. « Nous ne voulions pas créer simplement une application de sécurité. Nous voulions réfléchir à une réalité profondément africaine : la solidarité et la responsabilité collective », explique-t-il. Le projet est ainsi pensé autour de quatre dimensions : la femme, l’enfant, la famille et la communauté. Mais faire de la communauté un acteur de l’alerte pose aussi une limite essentielle. Recevoir une notification indiquant qu’une personne est en danger ne signifie pas qu’il faut courir à sa rencontre, au risque de se mettre soi-même en danger.
Les promoteurs défendent donc une conception de la solidarité fondée sur l’alerte, la vigilance et l’orientation vers les personnes ou services capables d’intervenir. Le changement de comportement recherché tient en une phrase : passer de « ce n’est pas mon problème » à « si je peux aider sans me mettre moi-même en danger, je peux contribuer ».
Farida Thiombiano
Lefaso.net
(부르키나: "Security+" 앱, 위험 시 구조 신속화 추구)
주요 내용:
기술: 부르키나 국산 앱
개발자: 케빈 모네 (기업가)
상태: 출시 단계
목적: 위기 상황에서 신속한 구조 조율
문제 진단:
위험한 상황에서 사람들은:
말할 수 없음 (패닉, 공포)
도움 청하는 방법을 모름
어디에 있는지 설명 불가
누구를 먼저 부를지 결정 못 함
상황 사례:
가정폭력 피해 여성
길을 잃은 아이
혼자 있던 노인의 건강 문제
직장에서의 사고
폭행 중인 사람
앱의 기능:
기능 설명
즉각 활성화 전화나 음성 없이 스마트폰 제스처로 알림 발송
미리 등록된 연락처 신뢰할 수 있는 사람들에게만 전송
위치 공유 (기술 가능할 때) GPS 좌표 제공
확인 메커니즘 사용자가 수신 확인 추적 가능
무엇이 아닌가:
공식 응급 서비스 대체가 아님
보안 100% 보장 불가
사람들이 저절로 달려올 앱 아님
개발자의 철학:
아프리카 공동체의 연대성 활용
"우리는 단순히 보안 앱을 만들고 싶지 않았습니다. 우리는 아프리카의 깊은 현실을 생각했습니다: 연대성과 집단 책임."
4개 기둥:
여성
아이
가족
공동체
핵심 변화:
"내 문제가 아니다" → "위험하지 않으면 도울 수 있다"
제약 조건:
스마트폰 기능 필요
신호 연결 필요
수신자의 행동 보장 안 됨
의료 기술 맥락:
UNFPA 데이터에 따르면:
부르키나파소 여성의 9.3%가 친밀한 파트너로부터 폭력 피해
분쟁 상황에서 여성·아동 위험 증가
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