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Burkina : Hausse du prix du gasoil de 75 francs CFA, le gouvernement explique
Publié le dimanche 9 août 2026 à 22h32min
Le prix du gasoil passera de 675 à 750 francs CFA le litre au Burkina Faso. Le secrétaire général de la Primature *et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures,* Abdou-Salam Gampéné, reçu au JT de 20 h de la télévision nationale ce dimanche 9 août 2026, explique cette décision par la hausse des cours du pétrole sur le marché international, l’augmentation des coûts de transport et la revalorisation du dollar face au franc CFA. Il évoque également le poids croissant de la subvention de l’État et la surconsommation liée aux achats de gasoil par des transporteurs des pays voisins.
Le prix du gasoil va augmenter de 75 francs CFA, passant ainsi de 675 à 750 francs CFA le litre, à compter de 0 heure. Plusieurs facteurs expliquent cette décision, selon le secrétaire général de la Primature. Il rappelle d’abord que le dernier réajustement du prix du gasoil au Burkina Faso remonte à août 2022.
« Ça fait déjà quatre ans que le prix du gasoil est resté bloqué à 675 francs, malgré toutes les fluctuations que le marché international a connues. Et si le prix est resté fixé à 675 francs, c’est parce que les plus hautes autorités de notre pays, à commencer par le chef de l’État, ont privilégié une stabilité, une politique de stabilité des prix à travers un mécanisme de subvention. Et si aujourd’hui, il est question de revoir ce prix à la hausse, c’est parce que certaines réalités qui ne dépendent pas de nous, qui ne dépendent pas de notre pays, mettent à rude épreuve la soutenabilité financière de cette politique et surtout compromettent dangereusement la stabilité de notre pays en termes d’approvisionnement d’hydrocarbures ».
Parmi ces réalités, le secrétaire général de la Primature cite l’évolution des cours du pétrole dans un contexte international marqué par les crises au Moyen-Orient.
« Et une des réalités est que tout au long de l’année 2026, avec les crises qu’a connues le Moyen-Orient, nous assistons à une flambée des prix sur le marché international. Le cours du pétrole, le cours du brut a flambé. Les coûts de transaction, notamment les coûts liés aux frets terrestres et maritimes, ont connu une hausse ».
À cela s’ajoute une revalorisation du dollar vis-à-vis du franc CFA. Tous ces facteurs combinés ont des répercussions directes sur les prix des hydrocarbures. Pour le gasoil, le prix réel, c’est-à-dire le prix auquel il aurait dû être vendu, a atteint à un moment donné environ 1 050 francs CFA le litre.
La conséquence immédiate est qu’en six mois, les moins-values sur le gasoil correspondant aux subventions de l’État étaient de l’ordre de 60 milliards de francs CFA. Et si rien n’est fait d’ici à la fin de l’année, ces chiffres pourraient atteindre, voire dépasser, 135 milliards de francs CFA, rien que pour le gasoil.
La deuxième réalité avancée par le secrétaire général de la Primature est liée au niveau relativement bas du prix du gasoil au Burkina Faso par rapport à plusieurs pays de la sous-région.
« La quasi-totalité des pays de la sous-région ont des prix supérieurs à 675. En dehors du Niger et du Nigeria, qui ne sont pas un exemple, parce que ce sont des pays producteurs, le gasoil coûte plus cher au Togo. Il coûte plus cher au Bénin. Il coûte plus cher au Niger, en Côte d’Ivoire. Il coûte plus cher au Mali. Il coûte plus cher au Sénégal. Il coûte plus cher au Ghana qu’au Burkina Faso. Qu’est-ce qui se passe ? Les transporteurs de ces pays préfèrent venir faire le plein au Burkina, avec des réserves pour repartir. La conséquence est qu’il y a une sorte de surconsommation sur le gasoil du Burkina Faso ».
Les chiffres, poursuit Abdou-Salam Gampéné, illustrent l’ampleur du phénomène. En juin, la consommation était déjà supérieure à 365 millions de litres de gasoil. D’ici à la fin de l’année, elle pourrait atteindre 730 millions de litres, alors que la consommation moyenne du Burkina Faso se situe autour de 500 millions de litres.
Il en résulterait une différence de plus de 230 millions de litres qui, selon les estimations présentées, ne correspondrait pas à la consommation des Burkinabè. Or, rappelle le secrétaire général de la Primature, l’État subventionne le gasoil pour qu’il profite aux consommateurs burkinabè.
« Mais si l’État subventionne, et que ce gasoil se retrouve ailleurs, ça pose problème. Pour aller un peu plus loin, ces 230 millions de litres correspondent à environ 70 milliards de francs CFA. En termes simples, c’est comme si notre pays subventionnait les pays voisins dans lesquels le gasoil coûte plus cher, subventionnait les transporteurs de ces pays voisins à hauteur de 70 milliards ».
Dans ce contexte, le gouvernement estime nécessaire d’agir afin de préserver les capacités financières du pays et de garantir l’approvisionnement en hydrocarbures. « Dans un contexte de guerre, où chaque franc compte, vous convenez avec moi qu’il est impératif de faire quelque chose. Sinon, en plus de détruire la stabilité financière de la Sonabhy, nous faisons courir des risques à notre pays en termes d’approvisionnement, en termes de ce que j’appelle la continuité de l’approvisionnement de notre pays en hydrocarbures. Et comme vous le savez, une rupture de gasoil a des conséquences incalculables ».
Le gasoil seul concerné par la hausse
Le secrétaire général de la Primature précise que l’augmentation annoncée concerne uniquement le gasoil. Cette décision répond, selon lui, à la volonté des plus hautes autorités de maintenir une certaine stabilité des prix.
L’instruction donnée est donc de maintenir inchangés les prix des autres produits, notamment le Super 91 et le gaz. Le gouvernement fait toutefois face aux mêmes difficultés concernant le gaz. « Mais l’instruction a été donnée de les maintenir malgré ce que cela coûte comme subvention. La deuxième raison est une attitude prudentielle, le temps de voir comment vont se comporter les cours sur les marchés internationaux d’ici la fin de l’année, afin d’apprécier. Nous avons bon espoir que la tendance va s’inverser afin que les moins-values, et donc les subventions, prennent des proportions raisonnables et donc supportables par le budget de l’État ».
Interrogé sur la réalité des prix sans la subvention de l’État, le secrétaire général de la Primature donne plusieurs exemples. Le Super 91, vendu actuellement à 850 francs CFA le litre, aurait pu coûter 920 francs sans subvention. Le gasoil, qui coûte actuellement 675 francs, aurait pu atteindre 980 francs. Quant au gaz, la bouteille de six kilogrammes, vendue actuellement à 2 000 francs, aurait pu coûter 4 300 francs sans la subvention. Pour la bouteille de 12 kilogrammes, actuellement vendue à 5 500 francs, le prix aurait pu atteindre 8 960 francs.
Il souligne que ces exemples ne constituent qu’une partie des efforts consentis par l’État pour maintenir les prix des produits de grande consommation à des niveaux jugés acceptables.
À l’endroit des consommateurs, le secrétaire général de la Primature appelle d’abord à la compréhension, estimant que la hausse du prix du gasoil résulte d’une situation dans laquelle l’État n’a pas le choix.
Abdou-Salam Gampené invite également les citoyens à ne pas perdre de vue les efforts consentis par le gouvernement pour maintenir les prix des hydrocarbures, notamment le gaz, le gasoil et le Super 91, à des niveaux inférieurs à ceux qu’ils devraient normalement atteindre au regard des conditions du marché.
Le deuxième message concerne la responsabilité citoyenne. Les consommateurs sont invités à collaborer avec les corps de contrôle et à dénoncer les pratiques de contrebande.
Selon le secrétaire général de la Primature, l’État subventionne les hydrocarbures afin que cette subvention profite au Burkina Faso. La lutte contre la contrebande nécessite donc la participation des citoyens. Il invite ainsi les citoyens à aider l’État dans sa mission en contribuant à traquer les contrebandiers.
Le gouvernement adresse enfin un message aux acteurs économiques, particulièrement aux transporteurs, afin qu’ils ne répercutent pas immédiatement la hausse du prix du gasoil sur les prix des biens et services. « Le dernier message est que nous invitons les acteurs économiques, surtout les transporteurs, à ne pas tout de suite céder à des velléités inflationnistes. Autrement dit, il est conseillé de ne pas procéder à une augmentation des prix de quelque manière que ce soit de façon unilatérale ».
Cette mise en garde ne signifie toutefois pas que le dialogue est fermé. Le gouvernement assure avoir mis en place un dispositif permettant de recueillir les préoccupations des acteurs économiques, d’échanger avec eux et d’analyser leurs difficultés afin de rechercher, le cas échéant, des solutions.
« Cela ne veut pas dire que les portes sont fermées au dialogue, mais toute personne qui s’exercera à vouloir augmenter les prix de façon unilatérale aura sur son chemin les forces de contrôle. Le gouvernement a mis en place un dispositif afin de recueillir toutes les préoccupations, d’échanger autour des préoccupations, de les analyser, afin de trouver des solutions éventuellement. Mais cela suppose que tous les acteurs saisissent les ministères concernés, les ministères ou les structures habilitées à cet effet », conclut Abdou-Salam Gampené.
Lefaso.net
부르키나파소 경유 가격 인상: 에너지 정책의 딜레마와 안보 재정 위기
2026년 8월 9일, 부르키나파소 정부는 4년 만에 경유(Gasoil) 가격을 리터당 675프랑 CFA에서 750프랑 CFA로 약 11%(75프랑) 인상했습니다. 이번 조치는 단순히 유가 변동을 반영한 것을 넘어, 테러와의 전쟁이라는 국가적 위기 속에서 파탄 직전에 이른 국가 재정을 방어하고 국부 유출을 막기 위한 불가피한 '고육지책'의 성격을 띱니다.
1. 경유 가격 인상을 강제한 5가지 핵심 요인
부르키나파소 정부가 지난 4년간 물가 안정을 위해 고수해 온 '가격 동결' 정책을 포기하게 된 배경에는 다음과 같은 복합적 요인이 존재합니다.
2. 전략적 선택: 왜 '경유'만 인상했는가?
정부는 이번 조치에서 휘발유(Super 91)와 생활용 가스(LPG) 가격은 동결하고 오직 '경유' 가격만 인상하는 선택적 조치를 취했습니다. 보조금을 제거할 경우 휘발유는 920프랑, 12kg 가스는 8,960프랑(현재 5,500프랑)까지 뛰어오릅니다. 정부는 광범위한 서민 생활에 직격탄이 되는 가스와 휘발유는 막대한 출혈을 감수하고서라도 계속 보호하겠다는 의지를 보였습니다. 향후 국제 유가가 안정화되기를 기대하는 '관망(Wait-and-see)' 전략임과 동시에, 민심 이반을 최소화하려는 정치적 계산이 깔려 있습니다.
3. 전시 경제(War Economy)와 3대 대국민 메시지
현재 부르키나파소는 테러리스트들의 위협으로 국방비가 급증하는 '전시 상황'입니다. 총리실 사무총장은 "전쟁 중에는 단 1프랑도 중요하다"고 역설하며, 국영 석유회사(Sonabhy)의 재정 붕괴가 국가 안보 시스템의 붕괴로 이어질 수 있음을 경고했습니다. 이를 바탕으로 정부는 강온 양면의 3대 메시지를 냈습니다.
결론적으로 이번 사태는 아프리카 내륙국이 겪는 뼈아픈 현실을 노출합니다. 자체 생산 능력이 없는 국가가 국제 유가 변동성에 얼마나 취약한지, 그리고 선의의 '국민 보호용 보조금' 정책이 이웃 국가와의 가격 차이로 인해 어떻게 '국부 유출(밀수)'이라는 부메랑으로 돌아오는지를 명확히 보여줍니다.
부르키나파소 정부는 파산 위기를 넘기고 치안 국방력을 유지할 재원을 방어(승자)했지만, 운송업계의 비용 증가로 인한 인플레이션 압박은 결국 서민 경제의 부담(패자)으로 돌아올 위험을 안고 있습니다. 이는 '거시적 국가 안보'와 '미시적 민생 경제' 사이에서 아슬아슬한 줄타기를 해야만 하는 살헬 지역 국가들의 구조적 한계를 완벽하게 대변하는 사례입니다.