https://lefaso.net/spip.php?article148522 Journée internationale de la jeunesse : « Les jeunes doivent se focaliser sur leur formation et saisir les opportunités qui se présentent à eux », Michel Sawadogo Publié le mardi 11 août 2026 à 22h58min
La journée internationale de la jeunesse est célébrée dans le monde entier le 12 août. Cette année cette journée est placée sous le thème mondial, « Contextes différents, aspirations communes ». Michel Sawadogo, directeur national de Compassion International Burkina Faso dans un entretien, revient sur les aspirations majeures et les défis de la jeunesse. Éducation, numérique, emploi, paix, environnement et formation, il appelle à faire davantage confiance aux jeunes et surtout à investir dans leur formation. Pour lui, malgré les difficultés liées au contexte national, les jeunes restent une force essentielle pour construire le Burkina Faso de demain.
Lefaso.net : Ce 12 août 2026 est commémorée la Journée internationale de la jeunesse sur le thème « Contextes différents, aspirations communes ». Dans un contexte de défis sécuritaires, quelles sont, selon vous, les principales aspirations des jeunes au Burkina Faso ?
Michel Sawadogo : Les aspirations des jeunes, que ce soit au Burkina Faso, au Mali, en Afrique de l’Est ou dans d’autres régions du monde, sont plus ou moins communes. Ce que les jeunes souhaitent avant tout, c’est pouvoir vivre et grandir dans un climat de paix. À partir de là, ils peuvent progressivement se former, s’insérer dans la vie active et devenir les leaders de demain. Pour le Burkina Faso, je suis convaincu que la jeunesse aspire surtout à une bonne éducation, à une formation de qualité et à disposer de cadres d’expression pour donner son opinion et participer à la construction de la nation. Elle souhaite également pouvoir contribuer, par sa force de travail au développement du pays.
Le numérique représente une grande opportunité de formation pour les jeunes, mais malheureusement, beaucoup n’y ont pas accès. Comment peut-on, de façon générale, les accompagner à mieux utiliser le numérique et à y avoir accès ?
De nos jours, le numérique est une opportunité indéniable. Le monde dans son ensemble est en train de se numériser. Aujourd’hui, lorsqu’on parle d’illettrisme, il ne s’agit plus seulement de quelqu’un qui n’est pas allé à l’école. On peut également parler d’illettrisme numérique lorsqu’une personne n’est pas suffisamment habile dans la manipulation des outils informatiques. Le numérique constitue donc une véritable opportunité de renforcement des capacités et Compassion prend cette dimension en compte dans ses interventions. Lorsqu’on est issu d’une famille modeste ou d’un milieu défavorisé, il n’est pas toujours évident d’avoir accès à certains outils. C’est pourquoi, dans le cadre de la formation professionnelle, nous veillons à mettre à disposition des outils qui prennent également en compte l’informatique et, plus largement, le numérique.
L’objectif est de permettre aux jeunes qui bénéficient de ces opportunités d’être suffisamment outillés pour ne pas rester en marge de l’évolution actuelle. Par exemple, Grâce à l’introduction de tablettes éducatives et d’outils d’apprentissage numériques, par Compassion, les jeunes dont le cursus scolaire a été interrompu bénéficient de programmes de remise à niveau et de rattrapage scolaire. Cette approche favorise leur réinsertion dans le système éducatif et leur permet de poursuivre leur apprentissage malgré les interruptions liées aux crises ou à d’autres facteurs de vulnérabilité. Nous offrons des ordinateurs à des étudiants qui commencent leur formation dans certains instituts ou universités partenaires.
Au niveau des centres de prise en charge, il existe également des salles informatiques qui permettent aux jeunes d’acquérir une formation de base et de progresser au fur et à mesure. Le personnel qui travaille dans ces centres est lui aussi formé afin d’avoir les compétences nécessaires pour transmettre les bases du numérique aux jeunes. Nous avons d’ailleurs des exemples de jeunes qui arrivent aujourd’hui à développer leurs activités grâce au numérique. Certains utilisent notamment la vente en ligne pour développer leurs affaires. Cela montre que le numérique peut être utilisé dans différents domaines et permettre à des jeunes de créer des opportunités économiques pour eux-mêmes.
Quel rôle les jeunes peuvent-ils jouer dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale ?
Quand la jeunesse est fortement engagée, il y a forcément un impact. C’est justement pourquoi les jeunes doivent veiller à ne pas être utilisés à tort. La jeunesse constitue une véritable force de frappe et il est important qu’elle sache quelles causes sont utiles au développement du pays. La jeunesse est la tranche la plus importante de la population en termes de dynamisme et d’énergie. Elle peut donc décider de rester intègre et de faire en sorte que toute action de mobilisation, d’investissement de ses capacités ou de sa force soit orientée vers le bien du pays.
Les cadres de rencontre et d’échange entre jeunes permettent également de briser les barrières. Lorsqu’ils se retrouvent avec des personnes issues d’autres groupes ethniques, d’autres catégories sociales ou même d’autres nationalités, ils développent un esprit plus ouvert. Cela peut les aider à ne pas se laisser enfermer dans des considérations ou des idéologies qui ne sont pas favorables à la promotion de notre pays.
Il faut donc savoir canaliser cette énergie. Si la jeunesse utilise sa force de façon positive pour contribuer au développement et son énergie pour convaincre et créer des liens entre les communautés la cohésion et la paix seront renforcées. Un élément important est que lorsqu’on regarde les différentes actions menées sur le terrain, la jeunesse est au premier plan. Elle contribue énormément et consent de nombreux sacrifices. Toutes ces actions participent à l’objectif commun de pacifier notre pays. Si nous voulons la paix, le développement et la tranquillité, il va de soi que nous incluons la jeunesse. Il faut l’intégrer et canaliser son énergie de sorte à faire avancer les choses.
« Si nous voulons la paix, le développement et la tranquillité, il va de soi que nous incluons la jeunesse » La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique concernent aussi l’avenir des jeunes, particulièrement dans un pays sahélien comme le Burkina Faso. Constatez-vous un engagement croissant des jeunes sur ces questions ?
Nous constatons effectivement un changement de mentalité chez les jeunes. Avec l’ouverture sur le monde, les connaissances auxquelles ils ont accès et leur capacité à s’informer notamment grâce aux outils numériques, ils disposent aujourd’hui d’une certaine vision, mais aussi d’une capacité d’analyse et même d’anticipation des phénomènes climatiques qui ont un impact sur notre environnement. À partir de ces connaissances, beaucoup de jeunes se mobilisent et manifestent le désir de défendre leur cadre de vie et l’environnement dans son ensemble. À Compassion, nous favorisons également cette dynamique en intégrant dans nos interventions des modules qui sensibilisent les jeunes à la nécessité de protéger l’environnement.
Nous avons ainsi des jeunes qui sont orientés vers des activités économiques conciliant protection de l’environnement et opportunités d’affaires. Il faut le dire : pour nos pays, les questions liées au climat et à l’environnement constituent également un secteur émergent qui offre des possibilités économiques importantes. Prenons simplement l’exemple de la cuisine domestique. Des personnes développent aujourd’hui des outils et des technologies qui peuvent améliorer notre manière de cuisiner et réduire l’utilisation du bois de chauffe. Il est possible d’orienter les populations vers de nouvelles technologies permettant de préparer les repas tout en protégeant l’environnement.
Il en va de même pour les moyens de déplacement. Nous avons vu des jeunes commencer à développer des modèles de moyens de transport qui utilisent des énergies moins polluantes, notamment l’énergie solaire ou les moteurs électriques. Tout cela contribue à la protection de notre environnement. Nous avons également régulièrement des campagnes de reboisement auxquelles les jeunes sont fortement associés. Globalement, nous pensons donc que la jeunesse est aujourd’hui suffisamment consciente des effets du changement climatique et que son engagement en faveur de la réduction de ces effets est réel.
Face aux obstacles que rencontrent les jeunes, comment Compassion International adapte-t-elle son accompagnement aux réalités du contexte burkinabè ?
Je crois que la démarche de Compassion est profondément inclusive. Si nous regardons notre organisation sociale, le contexte difficile que vous avez mentionné fait que certains jeunes ou enfants sont de facto exclus. Ils ne le sont pas parce qu’ils le souhaitent, mais parce qu’ils sont issus de familles modestes qui ne leur permettent pas toujours d’avoir les mêmes opportunités. Il nous appartient alors de développer des mécanismes permettant à l’ensemble de ces jeunes d’accéder également à la formation.
C’est pourquoi Compassion oriente ses interventions vers les communautés les plus démunies. Cela commence dès le ciblage de nos participants, comme nous appelons les bénéficiaires de nos programmes, et se poursuit tout au long de leur accompagnement. Nous veillons à ce que ceux qui seraient normalement exclus puissent bénéficier des mêmes opportunités. Qu’il s’agisse d’éducation, de formation professionnelle, de ressources pour entreprendre une activité économique ou encore d’accès à certaines formations d’excellence, tout cela est pris en compte. Compassion met ainsi en œuvre des opérations liées à l’éducation formelle, la formation professionnelle, la création d’entreprises, l’accompagnement et le coaching, mais aussi dans l’organisation d’activités permettant de donner une chance à tous.
L’image des jeunes est souvent associée aux difficultés qu’ils traversent. Pourtant, beaucoup portent des initiatives innovantes dans leurs communautés. Comment les jeunes sont-ils accompagnés par Compassion pour devenir des acteurs du changement au Burkina Faso ?
Effectivement, on associe souvent les jeunes aux difficultés qu’ils rencontrent au début de leur vie active. Mais je considère cela comme un processus normal. Lorsqu’un enfant naît et grandit, lorsqu’il commence à marcher, il lui est difficile de se tenir immédiatement sur ses deux pieds et d’être aussi à l’aise et agile qu’il le souhaiterait. C’est aussi, à mon avis, ce qui se passe dans la vie professionnelle des jeunes. On grandit, on se forme.
On passe d’abord par l’éducation et l’instruction scolaire, puis on peut se former à un métier, entreprendre une activité professionnelle ou développer toute autre activité économique disponible dans notre contexte. Il est donc normal que les jeunes passent par différentes étapes. Mais lorsqu’ils sont déterminés, qu’ils ont la volonté et l’engagement, et qu’ils bénéficient de l’appui nécessaire, ils peuvent s’insérer dans la société et y apporter leur contribution.
Compassion compte, en termes de modèles de réussite, un grand nombre de jeunes qui pourraient se reconnaître dans cet entretien. Dans le domaine de l’éducation formelle, par exemple, certains jeunes ont été accompagnés depuis le CP1, voire depuis la maternelle. Pour certains, la prise en charge commence même dès la grossesse. Ils ont ensuite poursuivi leur parcours scolaire. Certains, qui n’ont pas pu aller plus loin dans l’enseignement général, se sont orientés vers la formation professionnelle. D’autres ont développé leurs propres activités économiques. Nous avons aujourd’hui de nombreux exemples de jeunes qui réussissent dans la vie et qui influencent positivement leurs communautés.
Nous avons ainsi des cadres supérieurs dans l’administration publique et dans le secteur privé. Nous avons également des jeunes qui servent au sein des forces de défense et de sécurité et qui travaillent au bénéfice de la nation. Il ne faut évidemment pas considérer que ces réussites sont uniquement le fruit de l’action de Compassion. La société est un tout et c’est ensemble, avec tous les acteurs, que nous construisons ces parcours.
Les partenaires sur le terrain apportent leur contribution, tout comme les parents et l’État à travers les structures d’éducation et de formation professionnelle. Nous avons également des jeunes qui ont été formés dans des écoles de référence grâce à des bourses offertes par Compassion International et qui sont aujourd’hui des cadres de référence, non seulement au Burkina Faso ou en Afrique, mais également sur d’autres continents où ils apportent leur contribution.
Selon Michel Sawadogo, Compassion International met l’accent sur le parrainage pour donner une opportunité aux jeunes et aux enfants d’accéder à la scolarisation Si vous aviez un message à adresser aux décideurs publics, aux partenaires techniques et financiers, aux investisseurs et aux bailleurs de fonds, quel domaine d’investissement devrait être prioritaire pour permettre aux jeunes de concrétiser leurs aspirations ?
Si j’avais une voix qui porte et la possibilité d’adresser un message aux responsables, aux autorités politiques et administratives de notre pays, aux investisseurs et aux bailleurs de fonds, je leur dirais tout simplement que la jeunesse est un trésor et que nous devons investir dans cette jeunesse. Je pense même que ce n’est pas une option. On dit très souvent que la jeunesse constitue les responsables de demain, mais je pense que nous ne mesurons pas suffisamment la portée de cette affirmation. Il ne faut même pas deux générations pour que le visage d’un pays soit progressivement renouvelé. Si nous ne formons pas l’esprit de notre jeunesse maintenant, le visage de notre pays demain sera le reflet de ce que nous aurons transmis aux enfants d’aujourd’hui.
Tous ces acteurs devraient donc mettre le maximum d’efforts dans la formation. Si nous avons une jeunesse bien formée et bien qualifiée, elle sera capable d’apporter sa contribution au développement du pays. Il faut également investir dans une jeunesse saine. Il est important de développer des mesures d’information et d’accompagnement afin que les jeunes ne se livrent pas à des pratiques susceptibles de détruire leur santé. Une jeunesse en bonne santé et vigoureuse dispose de toute la force nécessaire pour contribuer au développement de notre pays.
Il faut aussi investir dans les nouvelles technologies dont nous avons parlé. Les technologies de l’information sont aujourd’hui essentielles. Si nous disposons d’une force humaine bien formée, en bonne santé et répondant aux exigences actuelles du marché de l’emploi, notre pays progressera forcément. Je prends un exemple. Dans certains domaines, si nous devions intervenir aujourd’hui, nous serions probablement obligés de faire appel à des ressources humaines extérieures parce que nous ne disposons pas encore de toutes les compétences nécessaires. A titre d’exemple, pour la raffinerie de l’entrepreneur Dangoté, il a fait recours à une importante main-d’œuvre venue de l’Inde pour faire fonctionner les activités. Cela signifie que certaines compétences ne sont pas suffisamment disponibles en Afrique.
Pourquoi devons-nous aller les chercher ailleurs ? Pourquoi n’anticipons-nous pas en formant notre jeunesse dans ces domaines ? Si le Burkina Faso découvrait du pétrole aujourd’hui, disposerions-nous de suffisamment de ressources humaines pour pouvoir l’exploiter ? Les autorités politiques et administratives actuelles font également la promotion de l’énergie nucléaire. Avons-nous suffisamment de ressources humaines capables de répondre aux besoins dans ce domaine ? Ce sont autant de questions que nous devons nous poser. Si j’ai donc un appel à lancer, c’est véritablement celui-ci : investissons dans la formation et dans le soutien à notre jeunesse.
Pour terminer, quel est votre message à l’endroit de la jeunesse burkinabè ?
J’aimerais leur dire qu’ils ne vivent pas nécessairement dans une situation pire que celle de l’ancienne génération. C’est une perception que de croire que tout est plus difficile aujourd’hui qu’autrefois. La jeunesse d’aujourd’hui vit simplement son propre contexte et doit pouvoir participer pleinement à la société, tout comme les générations précédentes l’ont fait. Personne ne doit être laissé pour compte. La jeunesse doit croire en elle-même, croire en ses capacités et en ses potentialités, tout en restant objective et optimiste. Lorsque nous perdons espoir, cela peut nous conduire à tomber dans certains fléaux et à basculer complètement de l’autre côté.
À ce moment-là, nous ne sommes plus en mesure de servir efficacement notre nation. Si je devais résumer mon message, je dirais donc à la jeunesse : croyez en vous, formez-vous et éloignez-vous des pratiques qui peuvent vous nuire, notamment la consommation de stupéfiants, l’abus d’alcool et toutes les autres pratiques néfastes. Les jeunes doivent se focaliser sur leur formation et saisir les opportunités qui se présentent à eux pour apporter efficacement leur contribution à la construction de la nation.
Entretien réalisé par Farida Thiombiano Lefaso.net
🇧🇫 부르키나파소 국제 청년의 날: "청년 투자는 국가 생존과 기술 주권의 문제" 2026년 국제 청년의 날을 맞아 진행된 미셸 사와도고(Michel Sawadogo, 컴패션 인터내셔널 부르키나파소 국장)의 인터뷰는 보편적인 청년 담론을 넘어, 현재 부르키나파소가 직면한 뼈아픈 안보 위기와 미래 국가 재건의 현실적인 과제를 날카롭게 짚어냅니다. 이 인터뷰의 핵심은 부르키나파소 청년이 직면한 구조적 위기(테러, 학업 단절, 절망)를 조명하고, 선제적 교육 투자 없이는 국가의 '기술 주권'마저 상실할 수 있다는 강력한 경고를 담고 있습니다. 1. 안보 위기 속 최전선에 선 청년들 부르키나파소의 청년들은 단순한 보호 대상이 아니라, 테러와 극단주의의 위협 속에서 '국방과 치안의 맨 앞줄'에 서 있는 실질적인 당사자들입니다. 사와도고 국장은 청년이 가진 막대한 에너지가 올바른 국가 발전과 평화 구축에 쓰이지 못할 경우, 국가에 대한 '진짜 파괴력'으로 변질될 수 있다고 경고합니다.
- 사회 통합의 도구: 타 민족, 타 계층과의 지속적인 교류와 네트워킹을 통해 편견을 깨고 열린 마음을 가질 때, 청년들은 극단주의 이념 선전에 빠지지 않고 국가 평화와 결집을 주도하는 긍정적 에너지로 작용할 수 있습니다.
2. '기술 주권' 상실에 대한 강력한 경고 (핵심 통찰) 이 인터뷰에서 가장 주목해야 할 부르키나파소만의 고유한 통찰은 다가올 '인력 공백'에 대한 우려입니다.
- 전략 산업과 인재 부족: 현재 부르키나파소 정부는 원자력 에너지 도입을 추진 중이며, 향후 석유 자원 개발 가능성도 열려 있습니다. 그러나 사와도고 국장은 "지금 당장 고급 기술 인력을 양성하지 않으면, 결국 주요 산업 인력을 외국(예: 인도의 노동력을 수입한 당고테 정유소 사례)에 전적으로 의존하게 될 것"이라고 꼬집습니다.
- 즉, 디지털 격차 해소와 고급 기술 교육은 단순한 청년 복지가 아니라, 부르키나파소의 자립 경제와 기술 주권을 수호하기 위한 필수 안보 전략입니다.
3. 교육 시스템 붕괴와 절망의 악순환 극복 계속되는 내전과 안보 불안으로 인해 부르키나파소 극빈층 청년들의 학업 단절은 심각한 수준에 이르렀습니다.
- 구조적 배제 해소: 컴패션 인터내셔널은 교육용 태블릿 등 디지털 기기를 지원하여 학업이 중단된 청년들에게 재교육의 기회를 제공하고 있습니다. 단순한 문맹을 넘어 '디지털 문맹'을 극복하게 함으로써 현대 경제 생태계(온라인 비즈니스 등)에 참여할 수 있도록 돕습니다.
- 약물 중독과 극단주의 예방: 빈곤과 사회적 불안정이 야기한 심리적 절망감은 청년들을 마약과 알코올 중독으로 몰아넣고 있습니다. 이는 곧 테러 단체의 쉬운 모병 대상으로 전락함을 의미합니다. 따라서 청년들에 대한 심리적 지지와 신체적 건강 관리는 극단주의를 막는 1차 방어선입니다.
4. 환경 위기를 새로운 경제적 기회로 사헬(Sahel) 지역에 위치한 부르키나파소에게 기후 변화는 생존의 문제입니다. 하지만 디지털을 통해 글로벌 정보에 접근하게 된 청년 세대는 이를 새로운 비즈니스 기회로 인식하고 있습니다.
- 장작 사용을 획기적으로 줄이는 새로운 조리 기구의 개발이나, 태양광 및 전기 모터를 활용한 친환경 수송 수단의 도입 등은 기후 변화에 대응함과 동시에 청년 일자리를 창출하는 신흥 경제 섹터로 자리 잡고 있습니다.
💡 종합 결론 미셸 사와도고의 메시지는 단호합니다. 부르키나파소에게 청년 투자는 나중에 여유가 생기면 해야 할 '선택지'가 아닙니다. 지금 당장 이들에게 양질의 교육, 특히 디지털 및 고급 기술 교육을 제공하고 심리적 안정을 되찾아주지 않는다면, 국가는 테러 위협의 폭발과 외국 자본에 의한 경제적 종속이라는 파국을 맞이할 수밖에 없습니다. 반대로 이들의 에너지를 올바르게 이끌어낸다면, 불과 1~2세대 안에 부르키나파소의 얼굴을 완전히 바꿀 수 있는 가장 강력한 구원 투수가 될 것입니다. |