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Burkina/Flambée des prix des condiments : Entre retard des pluies et difficultés d’approvisionnement, vendeuses, restauratrices et ménagères à bout de souffle
Publié le vendredi 10 juillet 2026 à 23h33min
Au marché de Toécin, les étals ne désemplissent pas. Pourtant, les clientes repartent souvent avec des paniers à moitié remplis. Tomates, piments, choux, feuilles et autres condiments indispensables à la préparation des repas sont devenus hors de prix. Face à cette flambée des prix des denrées alimentaires, une équipe de Lefaso.net s’est rendue sur les lieux et a pu s’entretenir avec des commerçantes, des consommatrices, des restauratrices et des maraîchères afin de comprendre les causes de cette situation et ses répercussions sur leur quotidien. Toutes sont unanimes, les difficultés de production dues notamment au manque d’eau, la rareté des produits et difficultés d’approvisionnement, en sont les principales causes.
Parmi ces vendeuses, il y a Aminata Maïga, vendeuse d’épices au marché de Toécin. Pour elle, les condiments se font rares, d’où la flambée des prix. « C’est l’indisponibilité des condiments qui rend les prix chers. Pour dire vrai, nous qui sommes actuellement au marché, nous faisons pitié. Nous n’arrivons plus à faire de bénéfices. Pourtant, c’est sur ces bénéfices que nous comptons pour avoir de quoi nous mettre sous la dent. En dehors de la vente de condiments, nous n’avons pas d’autre travail », confie-t-elle.
La commerçante explique que, faute de moyens, elle est souvent contrainte de s’approvisionner à crédit. « Nous prenons souvent nos produits à crédit. Le lendemain, même si nous n’avons pas encore remboursé la précédente dette, nous sommes obligées de reprendre encore des marchandises à crédit. Sinon, nous n’aurons rien à vendre et rien à manger », révèle-t-elle.
Selon elle, cette situation touche particulièrement les femmes. « Les femmes ont aujourd’hui plus de difficultés que les hommes. S’endetter chaque jour pour vendre et ne même pas avoir de quoi nourrir sa famille est très difficile. Si les autorités peuvent faire quelque chose pour nous soulager, qu’elles le fassent », espère-t-elle.
Aminata Maïga évoque également les difficultés d’approvisionnement, qu’elle attribue notamment à la baisse de la production. « Les condiments venaient des barrages et de la brousse. Mais aujourd’hui, nos fournisseurs disent qu’il n’y en a plus. On se demande si ce n’est pas lié au fait que les producteurs ne peuvent plus cultiver comme avant à cause de l’insécurité. Quand les produits arrivent, ils sont tellement chers que nous avons du mal à les écouler », dit-elle.
Même constat chez une autre vendeuse de condiments qui préfère garder l’anonymat. Pour elle, les prix actuels rendent quasiment impossible toute rentabilité. « Le prix auquel nous vendons actuellement ne nous avantage pas. Nous n’avons pas d’autres sources de revenus. Il ne pleut pas, donc il n’y a pas de condiments. Quand nous achetons pour revendre, nous avons déjà du mal à récupérer notre investissement, sans parler de faire un bénéfice », explique-t-elle.
Elle attribue principalement cette flambée au déficit pluviométrique. « À cette période, normalement, nous devrions avoir beaucoup de condiments grâce aux pluies. Mais cette année, il n’a presque pas plu. Le sac de chou coûte aujourd’hui 47 500 francs CFA et celui du piment atteint 135 000 francs CFA. Avant, le sac de piment ne dépassait pas 15 000 à 20 000 francs CFA et celui du chou variait entre 25 000 et 30 000 francs CFA. À combien allons-nous revendre cela pour réaliser un bénéfice ? Habituellement, ces hausses ne durent pas longtemps. Cette année, elles se prolongent à cause du manque de pluie », regrette-t-elle.
Cette hausse des prix se répercute directement sur les ménages. Venue faire ses courses, Fatimata Ouédraogo/Ganamé, dit éprouver de plus en plus de difficultés à nourrir sa famille. « Les condiments sont vraiment très chers et, en plus, ils sont rares. On n’en trouve même pas facilement. Avec 3 000 francs CFA, il faut acheter la viande, les condiments et tout le reste. Actuellement, la tomate est tellement chère, tout comme les autres aliments. Ce n’est pas facile, mais on fait avec », soutient-elle.
Tout comme la vendeuse de condiments, elle impute cette situation au manque de pluie. « La saison est difficile. Comme il ne pleut pas, les cultures maraîchères sont ralenties », a-t-elle ajouté.
Du côté des restaurateurs, pas d’exception, ils subissent également les conséquences de cette flambée. Restauratrice depuis 2013, Chantal Woba tente de maintenir ses prix malgré l’augmentation continue du coût des intrants.
« En tout cas, c’est dur pour nous. Ce qu’on achetait à 100 francs coûte maintenant 200 ou 250 francs. Vous voyez bien qu’on ne peut pas s’en sortir. Augmenter le prix des repas n’est pas une option facile car les clients se plaignent déjà énormément. Même si tu augmentes seulement de cinq francs, ils trouvent que c’est trop. Jusqu’à présent, je n’ai pas augmenté mes prix, mais je suis en train de réfléchir parce que ça devient très difficile. Avant, j’allais m’approvisionner à Tanghin. Mais avec les travaux autour du barrage, il n’y a plus rien. La quantité de feuilles que je payais à 5 000 francs CFA coûte aujourd’hui 12 500 francs CFA », a-t-elle fait savoir.
À la base de toute cette chaîne d’approvisionnement, les maraîchères peinent elles aussi à produire. Installée sur un site attribué par la mairie depuis deux ans, Alizèta Zébré et ses coéquipières expliquent que le principal obstacle reste le manque d’eau.
« Cela fait deux ans que nous sommes sur cet espace, mais nous sommes toujours dans la souffrance. Notre seul souci, c’est le manque d’eau. Nous avons des forages, mais l’eau ne vient pas. Et lorsqu’elle arrive, la quantité est insuffisante », raconte-t-elle avant de poursuivre « C’est à cause du manque d’eau que nous n’arrivons plus à produire. Depuis qu’on nous a attribué ce site, nous n’avons tiré aucun bénéfice. Nous sommes dans la souffrance totale ».
Des maraîchers jusqu’aux marchés, en passant par les restaurants et les ménages, tous les acteurs rencontrés dressent le même constat à savoir la raréfaction des condiments, aggravée par le déficit en eau et les difficultés de production, qui entraînent une hausse généralisée des prix. Tandis que certains appellent au retour de la paix afin de permettre la reprise des activités agricoles dans les zones affectées par l’insécurité, d’autres fondent leurs espoirs sur l’installation effective de la saison des pluies, indispensable à la relance des cultures maraîchères.
Hanifa Koussoubé
Anita Zongo
Wassila Rouamba (stagiaire)
Lefaso.net
1. 기사 분석 및 요약
배경 (장소): 와가두구(Ouagadougou) 시에 위치한 토에신(Toécin) 시장
주요 현상: 토마토, 고추, 양배추, 잎채소 등 부르키나파소인들의 일상적인 식사 준비에 절대적으로 필요한 필수 양념류 및 채소류의 가격이 터무니없이 폭등함. 소비자들이 지갑을 열어도 장바구니를 절반밖에 채우지 못하는 상황임.
핵심 원인: 생산 저하: 물 부족(우기 지연)으로 인한 채소 및 농작물 재배의 극심한 어려움.
공급망 차단 및 희소성: 시장에 풀리는 농산물 절대량의 부족과 유통 과정의 인프라 불안정.
취재 대상들의 목소리 (사회적 파장):
- 상인 (예: 아미나타 마이가): "농산물 자체가 귀해지다 보니 도맷값이 뛰어 마진을 전혀 남기지 못하고 있다. 생계를 위해 매일 빚을 지며 물건을 떼어오고 있는 실정"이라며 시장 상인들이 비참한 처지에 놓여있다고 호소함.
- 식당 운영자 및 주부들: 원가 상승으로 인해 음식 가격을 올리거나 양을 줄여야 해 매출 타격이 크며, 일반 가정에서도 식비 부담이 한계에 다다름. 기사는 특히 생계를 책임지는 '여성층'이 이 경제적 타격을 가장 가혹하게 맞이하고 있음을 강조함.
2. 부르키나파소의 기후적 배경: 왜 이것이 큰 뉴스가 되는가?
부르키나파소에서 "우기 지연(Retard des pluies)"이 발생해 물가가 오르는 현상은 단순히 '올해 날씨가 조금 안 좋다'는 수준을 넘어, 국가적 생존을 흔드는 대형 재난 뉴스가 됩니다. 그 이유는 이 지역의 독특하고 취약한 기후 환경 때문입니다.
① 사헬(Sahel) 기후의 극단성: 1년 농사가 '우기'에 전부 결정됨
부르키나파소는 열대 사바나와 사막의 중간 지대인 사힐(Sahel) 지대에 위치해 있습니다. 이곳 기후의 가장 큰 특징은 1년이 극단적인 건기(10월~5월)와 우기(6월~9월)로 나뉜다는 점입니다.
- 건기에는 비가 거의 오지 않고 메마른 모래바람(하르마탄)이 불어 농사가 불가능합니다.
- 따라서 모든 농민들은 대략 6월경에 시작되는 우기만 바라보며 씨를 뿌리고 1년치 식량을 생산합니다.
② 우기가 단 몇 주만 늦어져도 발생하는 치명타
7월 중순인 현재 시점에서 "우기가 지연되고 있다"는 것은 농민들에게 재앙과 같습니다. 6월에 시작되어 토양에 물이 차올라야 할 시기에 비가 오지 않으면, 씨앗이 발아하지 못하거나 이미 심은 채소들이 타 죽어버립니다. 기사에서 언급된 토마토, 고추, 잎채소 등의 ‘생산 저하 및 물 부족’은 바로 이 극단적인 기후 특성에서 비롯된 것입니다.
③ 관개 시설(인프라)의 부재와 천수답 농업
부르키나파소는 현대적인 댐이나 스프링클러, 양수기 같은 관개 시스템이 매우 취약합니다. 농업의 절대다수가 오직 하늘에서 내리는 빗물에만 의존하는 천수답 농업입니다. 기후변화로 인해 우기 시작 시점이 불규칙해지거나 강수량이 조금만 줄어들어도 유통 가능한 채소의 양이 급감하여 시장 가격이 폭등(Flambée des prix)하게 됩니다.
④ 안보 위기(테러)와 기후 위기의 악순환
현재 부르키나파소는 기후 위기 외에도 국토의 상당 부분에서 이슬람 극단주의 세력과 내전을 치르고 있습니다. 안전하게 농사를 지을 수 있는 땅이 줄어든 상태에서, 그나마 농사가 가능한 지역마저 날씨(우기 지연)가 도와주지 않으니 공급망 차단(Difficultés d'approvisionnement) 현상이 훨씬 증폭되어 나타나는 것입니다.
요약하자면
이 기사는 단순히 "채소 가격이 올랐다"는 경제 뉴스가 아니라, 사헬 지역의 극단적인 기후 취약성(우기 의존성)과 미비한 농업 인프라가 초래한 민생의 한계 상황을 고발하는 사회적 경고음인 것입니다.
기사의 배경이 되는 부르키나파소의 관개 시설, 기후 위기, 그리고 주된 농업 구조에 대한 구체적인 답변입니다.
1. 관개 시설(인프라) 개선 노력은 없는가?
대대적인 국가적 개선 노력이 시작되었으나, 아직 갈 길이 멉니다.
부르키나파소 정부는 날씨에만 의존하는 천수답 농업의 한계를 절감하고 최근 몇 년간 막대한 국제 재원을 유치해 인프라 확충에 나섰습니다.
물 안보 메가 프로젝트: 최근 부르키나파소 정부는 1억 4,500만 달러(약 2,000억 원) 규모의 대형 물 안보 프로젝트를 본격 승인·시작했습니다. 이 계획을 통해 전국 35개의 주요 댐을 보수하고 약 788헥타르의 농지를 현대식 관개 농지로 전환하고 있습니다.
바마(Bama) 지역 대규모 개간: 2025년 중순에는 서아프리카 식량 시스템 회복력 프로그램(FSRP)의 일환으로 150억 CFA 프랑(약 330억 원) 이상을 투입해 1,260헥타르의 논과 70헥타르의 채소밭을 현대식 중력 관개 시스템으로 전면 재배치하는 공사에 착수했습니다. 이 인프라가 완성되면 1년에 3번까지 농사를 지을 수 있게 됩니다.
한계점: 국가 전체적으로 현대적인 수자원 통제가 가능한 농지는 전체 잠재 농지의 5% 미만에 불과합니다. 정부가 쿠웨이트나 세계은행(World Bank) 등으로부터 차관을 들여와 댐과 시스템을 짓고 있지만, 전국적인 인프라 혜택을 보기까지는 여전히 절대적인 인프라 부족 상태입니다. 게다가 현재 부르키나파소 내부의 치안 불안(테러) 문제로 인해 공사 진행이 지연되는 고충이 있습니다.
2. 우기가 지연되는 것은 종종 있는 일인가?
예, 매우 자주 일어나는 일이며, 최근 기후변화로 인해 그 빈도와 예측 불가능성이 훨씬 심각해졌습니다.
사헬 지대는 원래도 전 세계에서 기후 변동성이 가장 극심한 지역 중 하나입니다.
기후변화의 직격탄: 과거에는 대략 5월 말~6월 초면 안정적으로 우기가 시작되었으나, 최근에는 6월 말이나 7월 초, 심지어 7월 중순까지 비가 오지 않는 '우기 지연(Retard des pluies)' 현상이 연례행사처럼 빈번해졌습니다.
극단적인 강수 패턴: 비가 단순히 늦게 오는 것뿐만 아니라, 한 번 올 때 폭우로 쏟아져 내려 메마른 땅에 홍수를 일으키고, 정작 농작물이 자라야 할 시기에는 다시 긴 가뭄이 이어지는 등 '가뭄과 홍수의 극단적 교차'가 고착화되고 있습니다.
3. 우기(6월~9월)에 어떤 농사를 짓는가?
우기 동안 부르키나파소 농민들은 1년 치 주식(Staple food)과 수출용 현금 작물 농사에 사활을 겁니다.
주요 식량 작물 (주식): 부르키나파소인들의 영양 공급원인 수수(Sorghum), 조/기장(Millet), 옥수수(Maize)가 전체 곡물 생산의 85~90%를 차지합니다. 이 작물들은 건조한 기후에 강해 우기의 짧은 빗물만으로도 자랄 수 있어 가장 우선적으로 심어집니다. 늪지나 저지대에서는 쌀(Rice)도 재배됩니다.
주요 현금 작물 (수출용): 국가 수출 수입의 큰 축을 담당하는 면화(Cotton)가 대표적이며, 그 외에도 참깨(Sesame), 땅콩(Groundnut), 동부콩(Cowpea)을 대량 재배합니다.
원예 작물 (양념류): 기사에 언급된 토마토, 양파, 고추, 양배추 등도 이 시기에 대대적으로 노지 재배되어 도시 시장으로 공급됩니다.
4. 식량은 수입에 의존하는가?
전체 식량의 양으로는 수입 의존도가 낮지만, '특정 필수 품목'과 '흉작 시기'에는 외부에 극도로 의존합니다.
기본 주식은 자급 노력: 자급자족 형태의 소농 비중이 커 수수나 조 같은 기본 곡물은 평년 기후 기준으로는 국내 생산으로 버텨냅니다.
쌀, 밀 등 유행 작물은 수입 의존: 도시화가 진행되면서 도시민들의 쌀과 밀(빵) 소비량이 폭발적으로 늘었으나 국내 생산량이 이를 전혀 따라가지 못해, 소비되는 쌀과 밀가루의 상당 부분을 해외 수입에 의존하고 있습니다.
기후 및 안보 위기 시 수입·원조 폭증: 기사처럼 우기가 지연되어 대흉작이 발생하거나, 현재 진행 중인 내부 테러 위기로 농민들이 고향(농토)에서 쫓겨나 난민이 되면 자급 체계가 완전히 무너집니다. 이 때문에 평소에는 전체 수입액의 15% 안팎이던 식량 수입 비중이 기후·안보 재난 시기에는 급증하며, 유엔 세계식량계획(WFP) 등의 국제 구호 원조에 국가 생존을 의존하게 됩니다.
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