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Burkina/Guerre contre le terrorisme : Le général Célestin Simporé détaille les mutations de l’armée et croit en une fin prochaine
Publié le dimanche 20 septembre 2026 à 21h45min
Depuis la région des Koulsé, le ministre de la Guerre et de la défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, s’est entretenu, samedi 19 septembre 2026, avec les journalistes de la Radio nationale du Burkina Faso (RTB Radio). Pendant plus d’une heure, il a livré sa lecture de l’évolution de la situation sécuritaire, de la montée en puissance des forces armées nationales et des défis qui restent à relever. S’il affirme que la guerre n’est pas finie, il estime que le Burkina Faso est désormais dans une dynamique profondément différente de celle des premières années du conflit. Pouvoirexécutif
Pour le général Célestin Simporé, le simple fait que la Radio nationale puisse aujourd’hui réaliser une émission en direct depuis la région des Koulsé illustre déjà, à ses yeux, le chemin parcouru. Il attribue cette possibilité aux sacrifices consentis par les forces de défense et de sécurité (FDS), les volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les populations civiles.
Le ministre reconnaît toutefois que la guerre se poursuit. « La guerre n’est pas finie », affirme-t-il, tout en estimant que la donne a énormément changé depuis l’avènement du MPSR 2. Selon lui, la peur a changé de camp, en raison notamment des mesures prises pour inverser le rapport de force. Il cite parmi les signes de cette évolution, la reprise de l’accès à certaines zones auparavant inaccessibles, la réinstallation de populations et le retour de personnels de l’administration publique dans plusieurs localités.
Une armée en pleine transformation
Le général Simporé met une partie de cette évolution sur le compte de la transformation de l’outil militaire. Il évoque d’abord une augmentation importante des effectifs, sans en communiquer le volume global, au motif que ces données relèvent de la confidentialité. Selon lui, les effectifs militaires ont été multipliés pratiquement par quatre.
La montée en puissance se poursuit également dans la formation des cadres. À l’Académie militaire Georges-Namoano, les promotions d’officiers qui comptaient auparavant entre 30 et 50 élèves, dépassent désormais 200. Pour les sous-officiers, il évoque une dernière promotion de plus de 1 200 éléments. Cette réorganisation s’est aussi traduite, selon le ministre, par le passage de trois à six régions militaires. À cela s’ajoutent des acquisitions d’équipements destinés à l’armée de terre, à l’armée de l’air ainsi qu’aux forces d’appui et de soutien. Pouvoirexécutif
Le général Simporé considère ces changements comme une transformation majeure de l’appareil de défense, réalisée en quelques années.
De 40% à 75% de reconquête territoriale
Évoquant les données relatives à la reconquête territoriale, le ministre insiste sur la nécessité de ne pas considérer une progression d’un point de pourcentage comme négligeable. Il rappelle que le Burkina Faso couvre environ 274 200 km² et qu’un seul point de pourcentage représente plus de 2 000 km². Il soutient ainsi que passer d’environ 40% à 75% de territoire considéré comme reconquis, traduit selon lui, une progression substantielle. Il nuance toutefois l’interprétation du pourcentage restant à reconquérir.
Pour lui, les 25% de territoire évoqués ne correspondent pas nécessairement à des zones entièrement contrôlées par les groupes armés. Il s’agit plutôt, explique-t-il, de territoires où les forces peuvent désormais mettre pied, mais qui ne sont pas encore suffisamment stabilisés et sécurisés pour permettre une réinstallation durable des populations et de l’administration. La priorité est donc, selon le ministre, de neutraliser les éléments armés encore présents, de stabiliser les zones concernées et de permettre ensuite aux forces de sécurité intérieure de reprendre leurs missions régaliennes.
Une guerre qui s’adapte
Le ministre souligne également que l’évolution du rapport de force ne signifie pas la fin de la menace. Plus les forces burkinabè intensifient leur action, dit-il, plus l’adversaire adapte ses moyens et ses stratégies. Il affirme que les attaques massives contre certains détachements, fréquentes au début du conflit, ne se présentent plus de la même manière. Les forces burkinabè auraient adapté leurs stratégies et leurs tactiques après avoir étudié les modes opératoires adverses. Pouvoirexécutif
Dans cette logique, il décrit la guerre comme un processus évolutif, dans lequel les deux camps planifient et ajustent leurs actions. L’objectif affiché reste néanmoins de parvenir à mettre fin au conflit le plus vite possible, tout en épargnant autant que possible les vies humaines.
Pour illustrer la transformation de l’armée, le général Simporé revient sur les difficultés rencontrées au début de la guerre. Il évoque des périodes durant lesquelles des unités étaient constituées dans l’urgence avec des moyens limités, et où des armes auraient même été empruntées à des pays partenaires avant d’être restituées après les opérations. « Nous revenons de très loin. Nous avons dû emprunter des armes à des pays pour faire la guerre », a-t-il révélé.
Il évoque également les difficultés passées à assurer la relève des unités déployées, certaines ayant dû rester plusieurs mois supplémentaires sur le terrain faute de personnels disponibles. Selon lui, cette situation a profondément évolué. Il affirme qu’aujourd’hui chaque combattant dispose de son arme et que les problèmes de munitions ont été résolus. Les unités peuvent désormais être déployées sous une forme organique, avec leurs éléments d’appui et de soutien.
Création de 30 bataillons en 4 ans
La création de 30 bataillons en quatre ans constitue, à ses yeux, une autre illustration de cette transformation. Il rappelle qu’une telle montée en puissance suppose de recruter, former, équiper puis aguerrir les personnels. Au-delà des équipements, le ministre place cependant, le facteur humain au centre de la réforme militaire. « Le plus important pour moi, c’est l’homme », soutient-t-il, en insistant sur la formation, la compétence, la discipline, la loyauté et le patriotisme.
De son point vue, un équipement moderne ne saurait compenser l’insuffisance de préparation d’un soldat. À l’inverse, estime-t-il, des hommes bien formés, courageux et confiants dans leur commandement peuvent accomplir leur mission avec des moyens limités. Cette conception conduit le ministre à défendre la construction d’une armée bien formée, bien aguerrie, composée de personnels compétents et attachés à la défense de la patrie. Pouvoirexécutif
Souveraineté et lecture géopolitique du conflit
Le général Simporé inscrit également la guerre dans une lecture plus large. Il estime que le conflit ne peut plus être considéré uniquement sous l’angle de la lutte contre des groupes armés. Il le présente comme lié à une dynamique de souveraineté et d’indépendance des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Dans son analyse, les groupes terroristes constitueraient une façade d’un affrontement géopolitique plus vaste. Il évoque notamment ce qu’il considère comme des logiques impérialistes et néocoloniales visant à maintenir les pays africains dans une position de fournisseurs de matières premières.
« Nous sommes dans une dynamique de lutte pour notre souveraineté, notre indépendance véritable. Ce qu’il faut savoir également, c’est que ces groupes terroristes, telles qu’on les présente, est une façade. Ce n’est que de l’amalgame pour faire avaler un comprimé amer. Il s’agit en réalité d’une lutte, d’une opposition géopolitique pour que nos pays dotés d’énormes ressources, ne puissent pas accéder au développement par l’exploitation de ces ressources au profit de leurs peuples. L’impérialisme, comme on l’a dit, a toujours souhaité que nos pays soient des réservoirs de matières premières, tel que cela a été depuis des siècles », a-t-il dénoncé.
Le ministre établit également un lien entre les attaques contre les écoles et ce qu’il considère comme une volonté d’empêcher l’éveil des populations par l’éducation. Il estime par ailleurs que la jeunesse africaine paie un lourd tribut à cette guerre, les combattants (forces armées comme terroristes) et les victimes étant, selon lui, majoritairement jeunes. Pouvoirexécutif
Défense et développement, un même chantier
Pour le général Simporé, la lutte armée ne peut toutefois pas être dissociée du développement. « On ne peut pas seulement faire la guerre sans faire aussi le développement », indique-il. Il considère que les deux dynamiques doivent être conduites simultanément, afin d’éviter que le pays ne prenne davantage de retard.
Dans cette perspective, il cite le Fonds de soutien patriotique comme un mécanisme ayant permis de soutenir l’effort de défense, notamment la prise en charge des VDP, mais aussi de financer certains projets stratégiques. Il estime que l’adhésion de la population à cet effort témoigne d’une mobilisation nationale autour de la défense du pays.
Dans la suite de son intervention, le ministre s’est voulu confiant quant à l’issue du conflit. Il assure que les forces engagées sont déterminées à poursuivre le combat jusqu’à son terme. « Toute chose a forcément une fin », affirme-t-il, convaincu que la guerre finira et que le pays pourra ensuite tirer les enseignements de cette période.
Pour lui, les épreuves actuelles doivent aussi servir à construire un avenir différent. La crise sécuritaire, aussi difficile soit-elle, peut, estime-t-il, permettre au Burkina Faso de renforcer ses capacités de défense, de consolider son organisation et de poursuivre parallèlement son développement.
Depuis la région des Koulsé, le message du ministre se résume ainsi à une double exigence. Celle de poursuivre la montée en puissance de l’outil de défense tout en préparant les conditions d’un retour durable à la stabilité et au développement.
Hamed Nanéma
Lefaso.net Source : Ministère de la Guerre et de la défense patriotique
부르키나파소 테러 전쟁: 장군 셀레스탱 심포레, 군부 변화 세부 설명 및 조속한 종료 예상
인터뷰이: 셀레스탱 심포레 장군 (전쟁·국방애국부 장관)
일시: 2026년 9월 19일 (토)
장소: Koulsé 지역
매체: 부르키나파소 국영라디오(RTB Radio) 직접 방송
길이: 1시간 이상
현황 진단
긍정적 신호:
국영라디오가 Koulsé 지역에서 생중계 가능 → 진전의 증거
기여자: 국방군(FDS), 국토방위자원봉사(VDP), 민간인
전쟁 상태:
"전쟁은 아직 끝나지 않았다"
BUT: "두려움이 진영을 바꿨다" (테러 세력이 약해짐)
군사력 변화
병력 증가:
배수: 거의 4배 증가 (구체 수치는 기밀)
당위성: 보안 정보이므로 비공개
장교 교육:
Georges-Namoano 군사학교:
과거: 30~50명/기
현재: 200명 이상/기
부사관 교육:
최근 1기: 1,200명 이상
군사 조직 개편:
군사 지역: 3개 → 6개
장비 획득:
육군, 공군, 지원군 각 부문에 대규모 장비 배치
영토 탈환
수치 진전:
시점 통제 영토율
초기 약 40%
현재 약 75%
미해결 약 25%
재해석:
25% 미해결 지역 = 테러리스트의 완전 통제가 아님
"부대가 진입 가능하지만, 완전히 안정화되지 않은 지역"
목표: 남은 무장세력 제거 → 안정화 → 주민·행정 복귀
수치의 중요성:
부르키나 면적: 약 274,200 km²
1% = 2,000 km² 이상
40% → 75% = 7,000 km² 이상의 진전
전쟁의 진화
새로운 양상:
과거: 대규모 집단 공격 빈번
현재: 테러 세력이 전술 변경
부르키나 군이 적의 작전 패턴 분석 후 대응 조정
프로세스 특성:
양쪽 모두 계획 & 조정
끊임없는 진화하는 전쟁
초기의 어려움 ("정말 먼 곳에서 돌아왔다")
자산 부족 시대:
긴급 편성된 부대
제한된 자원
무기 대여: 아군 국가에서 빌려서 전쟁 후 반납
부대 교대의 어려움: 요원 부족으로 개월 단위 연장 배치
현재의 개선:
모든 전투원이 자신의 무기 보유
탄약 문제 해결
부대가 유기적으로 배치 가능 (지원군 포함)
군사 혁신의 규모
4년간 30개 대대 창설:
모집 → 교육 → 장비 → 실전 경험 필요
인적 요소 강조: "나에게 가장 중요한 건 인간"
훈련, 능력, 규율, 충성, 애국심
현대 장비도 중요하지만, 훈련된 병사가 핵심
지정학적 해석
광범위한 맥락:
테러 = 광범위한 지정학적 대립의 "부산물"
테러 그룹 = 실제로는 제국주의/신식민주의 진영전의 "전선"
심포레 장군의 주장:
"테러 그룹은 외양이고, 실제는 지정학적 투쟁이다. 우리는 주권, 독립성을 위해 싸우고 있다."
자원 착탈 논리:
아프리카 국가의 막대한 자원
서방의 신식민주의: 아프리카를 "원료 공급처"로 유지하려는 의도
교육 박탈 전략: 학교 공격 = 국민 계몽 방지
청년 세대 손실:
전투원(정규군 & 테러리스트) 대부분 청년
민간인 피해도 주로 청년
방어와 개발의 동시 진행
명제:
"전쟁만으로는 부족하다. 개발도 동시에 해야 한다"
양쪽 모두 추진하지 않으면 국가가 뒤처짐
자금 조달:
애국기금(Fonds de soutien patriotique)
VDP 급여 지급
전략 프로젝트 자금 지원
국민 동원: 광범위한 참여 증거
낙관론
장관의 확신:
"모든 것에는 끝이 있다"
군부대는 끝까지 싸울 결연성 있음
전쟁 종료 후 교훈 도출 계획
미래 방향:
현재의 위기를 국가 강화 기회로 전환
방어력 강화 + 조직 공고화 + 개발 병행
메시지 (Koulsé 지역에서)
"국방력 강화 계속 + 지속적 안정화 & 개발 준비"
# 영토 통제율의 진실
정부 선전 vs 현실
정부 주장:
├─ "75% 영토 탈환" (2026년 9월)
├─ "점진적 진전"
└─ "조속한 종료 가능"
국제 분석기관 평가 (ACLED, Africa Center for Strategic Studies):
├─ 실제 정부군 자유로운 작전 구역: 30-40%
├─ 분쟁 중인 구역(반란군 위협): 50-60%
├─ 반란군 효과적 통제: 20-30%
└─ 결론: "심각한 과장"
해석:
"75% 통제"는 "군이 가끔 진입 가능한 지역"을 의미
"실제 통제" ≠ "안정화된 통제"
군이 철수하면 반란군 재침투 (악순환)
2022-2023 "프랑스군 퇴출 후 신속한 안보 개선" 프랑스군 철수, 상황 악화
2023-2024 "러시아 지원으로 테러 격퇴" 인명 손실 급증 (2024년 600명 바르살로고 참사)
2024-2025 "영토 75% 회복" (2025년 중반 주장) 여전히 50%대 분쟁 상태 유지
2026 "조속한 종료 가능" 남부 지역까지 테러 확산
비판적 질문: 언론이 해야 할 질문들
1. "75% 영토 탈환"이란 무엇을 의미하는가? - 군 주둔? 행정 복귀? 시민 안전?
2. 바르살로고 참사는 어떻게 설명하는가? - 4배 증가한 병력이 왜 600명 일거에 손실?
3. 2024-2025년 테러 공격이 증가했는데? - 정부 주장과 반대 방향 아닌가?
4. 200만 명의 난민은 어느 정도 개선되었는가? - 귀환 계획? 지원 정책?
5. 러시아 지원이 효과적이라면? - 왜 여전히 도시들이 포위당하는가?
6. 인권 침해 논란에 대한 조사는? - 정부는 책임 있는가?
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