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L'optimisme bourgeois se résumait alors dans le programme des radicaux: abondance croissante des biens, suppression du paupérisme[1] par la multiplication des lumières et de la petite propriété. Nous autres, jeunes Messieurs, on l'avait mis à notre portée et nous découvrions, satisfaits, que nos progrès individuels reproduisaient ceux de la Nation. Ils étaient rares, pourtant, ceux qui voulaient s'élever au-dessus de leurs pères: pour la plupart, il ne s'agissait que d'atteindre l'âge d'homme; ensuite ils cesseraient de grandir et de se développer: c'était le monde, autour d'eux, qui deviendrait spontanément meilleur et plus confortable.[2] Certains d'entre nous attendaient ce moment dans l'impatience, d'autres dans la peur et d'autres dans les regrets. Pour moi, avant d'être voué, je grandissais dans l'indifférence: la robe prétexte[3] , je m'en foutais. Mon grand-père me trouvait minuscule et s'en désolait: « Il aura la taille des Sartre [4] », disait ma grand- mère pour l'agacer. Il feignait de ne pas entendre, se plantait devant moi et me toisait[5] : « Il pousse! » disait-il enfin sans trop de conviction. Je ne partageais ni ses inquiétudes ni ses espoirs: les mauvaises herbes poussent, elles aussi; preuve qu'on peut devenir grand sans cesser d'être mauvais[6] . Mon problème alors, c'était d'être bon in aeternum[7] . Tout changea quand ma vie prit de la vitesse: il ne suffisait plus de bien faire, il fallait faire mieux à toute heure[8] . Je n'eus plus qu'une loi: grimper. Pour nourrir mes prétentions[9] et pour en masquer la démesure[10] je recourus[11] à l'expérience commune: dans les progrès vacillants de mon enfance je voulus voir les premiers effets de mon destin[12] . Ces améliorations vraies mais petites et très ordinaires me donnèrent l'illusion d'éprouver ma force ascensionnelle. Enfant public, j'adoptai en public le mythe de ma classe et de ma génération: on profite de l'acquis, on capitalise l'expérience, le présent s'enrichit de tout le passé. Dans la solitude j'étais loin de m'en satisfaire. Je ne pouvais pas admettre qu'on reçût l'être du dehors, qu'il se conservât par inertie ni que les mouvements de l'âme fussent les effets des mouvements antérieurs.[13] Né d'une attente future je bondissais, lumineux, total et chaque instant répétait la cérémonie de ma naissance: je voulais voir dans les affections de mon cœur un crépitement[14] d'étincelles[15] . Pourquoi donc le passé m'eût-il enrichi? Il ne m'avait pas fait, c'était moi, au contraire, ressuscitant de mes cendres, qui arrachais du néant ma mémoire par une création toujours recommencée. Je renaissais meilleur et j'utilisais mieux les inertes réserves de mon âme par la simple raison que la mort, à chaque fois, plus proche, m'éclairait plus vivement de son obscure lumière[16] . On me disait souvent: le passé nous pousse, mais j'étais convaincu que l'avenir me tirait; j'aurais détesté sentir en moi des forces douces à l'ouvrage[17] , l'épanouissement lent de mes dispositions. J'avais fourré[18] le progrès continu des bourgeois dans mon âme et j'en faisais un moteur à explosion; j'abaissai le passé devant le présent et celui-ci devant l'avenir, je transformai un évolutionnisme tranquille en un catastrophisme révolutionnaire et discontinu. On m'a fait remarquer, il y a quelques années, que les personnages de mes pièces et de mes romans prennent leurs décisions brusquement et par crise, qu'il suffit d'un instant, par exemple, pour que l'Oreste des Mouches accomplisse sa conversion. Parbleu[19] : c'est que je les fais à mon image; non point tels que [20] je suis, sans doute, mais tels que j'ai voulu être.[21]
Je devins traître et je le suis resté[22] . J'ai beau me mettre entier dans ce que j'entreprends[23] , me donner sans réserve au travail, à la colère, à l'amitié, dans un instant je me renierai, je le sais, je le veux et je me trahis déjà, en pleine passion, par le pressentiment joyeux de ma trahison future. En gros, je tiens mes engagements comme un autre; constant dans mes affections et dans ma conduite je suis infidèle à mes émotions: des monuments, des tableaux, des paysages, il fut un temps où le dernier vu était toujours le plus beau; je mécontentais mes amis en évoquant dans le cynisme ou simplement dans la légèreté — pour me convaincre que j'en étais détaché — un souvenir commun qui pouvait leur rester précieux[24] . Faute de m'aimer assez, j'ai fui en avant; résultat: je m'aime encore moins, cette inexorable [25] progression me disqualifie sans cesse à mes yeux: hier j'ai mal agi puisque c'était hier et je pressens aujourd'hui le jugement sévère que je porterai sur moi demain. Pas de promiscuité[26] , surtout: je tiens mon passé à distance respectueuse. L'adolescence, l'âge mûr, l'année même qui vient de s'écouler, ce sera toujours l'Ancien Régime: le Nouveau s'annonce dans l'heure présente mais n'est jamais institué: demain, on rasera gratis. Mes premières années, surtout, je les ai biffées[27] : quand j'ai commencé ce livre, il m'a fallu beaucoup de temps pour les déchiffrer sous les ratures[28] [29] . Des amis s'étonnaient, quand j'avais trente ans: « On dirait que vous n'avez pas eu de parents. Ni d'enfance. » Et j'avais la sottise d'être flatté[30] . J'aime et je respecte, pourtant, l'humble et tenace[31] fidélité que certaines gens — des femmes surtout — gardent à leurs goûts, à leurs désirs, à leurs anciennes entreprises, aux fêtes disparues, j'admire leur volonté de rester les mêmes au milieu du changement, de sauver leur mémoire, d'emporter dans la mort une première poupée, une dent de lait, un premier amour. J'ai connu des hommes qui ont couché sur le tard [32] avec une femme vieillie par cette seule raison qu'ils l'avaient désirée dans leur jeunesse; d'autres gardaient rancune aux morts ou se seraient battus plutôt que de reconnaître une faute vénielle[33] commise vingt ans plus tôt[34] . Moi, je ne tiens pas les rancunes et j'avoue tout, complaisamment: pour l'autocritique, je suis doué, à la condition qu'on ne prétende pas me l'imposer[35] . On a fait des misères en 1936, en 1945 au personnage qui portait mon nom: est-ce que ça me regarde[36] ? Je porte à son débit[37] les affronts[38] essuyés[39] : cet imbécile ne savait même pas se faire respecter. Un vieil ami me rencontre; exposé d'amertume: il nourrit un grief depuis dix-sept ans; en une circonstance définie, je l'ai traité sans égards[40] . Je me rappelle vaguement que je me défendais, à l'époque, en contre-attaquant, que je lui reprochais sa susceptibilité[41] , sa manie de la persécution[42] , bref que j'avais ma version personnelle de cet incident: je n'en mets que plus d'empressement[43] à adopter la sienne; j'abonde[44] en son sens, je m'accable: je me suis comporté[45] en vaniteux[46] , en égoïste, je n'ai pas de cœur; c'est un massacre joyeux: je me délecte de ma lucidité; reconnaître mes fautes avec tant de bonne grâce, c'est me prouver que je ne pourrais plus les commettre[47] .
[1]paupérisme [popeʀism] 남성형 명사 (지역·계층의) 항구적 빈곤(상태)
paupériser [popeʀize] 타동사 (계층·지역을) 빈곤화하다 (=appauvrir)
[2]당시의 부르주아적 낙관주의는 급진주의자들의 강령 속에 요약되어 있었다. 즉, 재화의 꾸준한 증가, 계몽의 확산과 소시민적 재산의 확대를 통해 빈곤을 없애겠다는 것이었다. 우리 젊은이들은 그 낙관주의를 우리의 수준에 맞게 받아들이고, 만족스럽게도 우리의 개인적 발전이 국가의 발전을 되풀이하고 있음을 발견했다. 그러나 아버지 세대를 넘어 더 높이 오르기를 바라는 이는 드물었다. 대부분에게 중요한 것은 다만 성년이 되는 것뿐이었고, 그 뒤로는 더 이상 성장하거나 발전하지 않았다. 그들 주위의 세상이 저절로 더 나아지고, 더 편안해질 것이라 믿었던 것이다.
사르트르가 비꼬는 지점
겉으론 “진보, 계몽, 빈곤의 퇴치” 같은 큰 말을 하지만, 실제 개인의 목표는 “부모 수준에 도달한 뒤 멈추고, 그 뒤의 진보는 세계에 맡기는 것”에 그친다는 점을 사르트르는 풍자적으로 드러내는 중.
[3]prétexte 1 [pʀetεkst] 1. 남성형 명사 구실, 핑계
2. 남성형 명사 기회, 계기
prétexte 2 [pʀetεkst] 1. 여성형 명사 가장자리에 자주색 띠를 두른 흰 옷 (젊은 귀족·고위법관 따위가 입던 옷)
2. 여성형 명사 국사(國史)를 주제로 한 라틴 비극 (배우가 위의 옷을 입고 연기한 데서 유래)
Robe prétexte: 로마 시대 귀족 아이들이 입던 특별 의식복(화이트 토가에 자주 테두리). 프랑스 문학에서 '첫 성인 의식'이나 '세례식 의상'을 상징적으로 가리킴.
Prétexte는 라틴어 praetexta에서 온 것으로, '테두리가 있는 옷'이라는 뜻(가짜 핑계가 아님). 사르트르가 어린 시절 세례식이나 가족 행사 의상을 비꼬며 언급한 것임
[4]des Sartre 관사 des (de + les)는 집단적 특성. '사르트르 가문의 (전형적인) 키'를 가리킴
[5]toiser [twaze] 1. 타동사 (사람을) 경멸하듯이 아래위로 훑어보다
2. 타동사 [옛] 눈으로 측정하다, 목측하다
3. 대명동사 서로 째려보다
[6]우리 중 일부는 이 순간을 초조하게 기다렸고, 다른 일부는 두려움 속에서, 또 다른 일부는 아쉬움 속에서 기다렸다. 나에게는, 운명에 헌신되기 전에 무관심 속에서 자라났다: 그 예의 의식복(robe prétexte)에 대해서는 신경도 쓰지 않았다. 할아버지는 나를 작다고 생각해 한탄하셨다. 할머니는 그를 놀리려고 이렇게 말씀하셨다: « 사르트르 집안 크기겠어 ». 할아버지는 못 들은 척하시고 내 앞에 우뚝 서서 나를 위아래로 훑어보시더니, 마침내 별로 확신 없이 말씀하셨다: « 자라! ». 나는 할아버지의 불안도 희망도 공유하지 않았다: 잡초도 자라지 않는가; 나쁜 놈으로 남아도 크게 자랄 수 있다는 증거다.
# 부르주아적 '성장=진보' 신화를 비틀며, 외형적 변화(키, 사회적 지위)가 내면을 바꾸지 못한다는 주제를 예고함.
[7]in æternum [inetεʀnɔm] 부사구 영원히(묘비 따위의 문구)
[8]à toute heure (figuré) (familier) À chaque instant, continuellement.
tout à l'heure [Adverb] earlier
[9]prétention [pʀetɑ̃sjɔ̃] 1. 여성형 명사 (권리·이권 따위의) 요구, 주장,(복수) (거래·협상 따위에서의) 요구액, 요구 조건
2. 여성형 명사 의도, 바램, 포부
3. 여성형 명사 자만, 거만함, 우쭐함
[10]démesure [dem(ə)zyːʀ] 여성형 명사 정상을 벗어난 감정[태도], 기상천외
[11]recourir [ʀəkuʀiːʀ] 1. 자동사 다시 뛰다{달리다} , 서둘러서 다시 가다
2. 간접타동사 의 힘을 빌다, 도움을 청하다, 에 의지하다 ; (폭력 따위에) 호소하다 ; 이용하다.
3. 간접타동사 법률 상소하다
[12]그 당시 내 문제는 영원히 착한 아이로 남아야 한다는 것이었다. 내 삶이 속도를 내기 시작하면서 모든 게 바뀌었다: 더 이상 잘하는 것만으로는 부족했고, 매 순간 더 잘해야 했다. 이제 내게 남은 법칙은 오로지 올라가는 것뿐이었다. 내 야망을 키우고 그 과도함을 감추기 위해, 나는 보편적 경험에 의지했다: 어린 시절의 불안정한 발전 속에서 내 운명의 첫 효과를 보려 했다.
[13]이 작은 진전들은 진짜였지만 보잘것없고 매우 평범해서, 내 상승하는 힘을 시험하는 착각을 불러일으켰다. 공공의 아이로서 나는 내 계급과 세대의 신화를 공개적으로 받아들였다: 우리는 이미 얻은 것을 이용하고, 경험을 자본화하며, 현재가 모든 과거로 풍요로워진다는 것이다. (부르주아적 성공 신화 : 계급/세대 신화: "과거 경험을 자본화(capitalise)하고, 현재가 과거로 풍요로워진다" – 노력 없이 누적된 '유산'으로 성공한다는 믿음. 이는 앞 구절의 "세계가 저절로 좋아진다"는 낙관주의와 연결)
홀로 있을 때는 그걸로 만족할 수 없었다. 존재가 바깥에서 주어지고, 관성으로 유지되며, 영혼의 움직임이 이전 움직임의 결과라는 걸 인정할 수 없었다.(내면적 반발 : 존재가 '바깥에서 주어지고(du dehors)', '관성으로 유지'되며, '과거 움직임의 결과'라는 결정론을 부인. 실존주의 핵심: 인간은 자유롭게 존재를 선택해야지, 과거/환경의 산물이 될 수 없음.)
[14]crépitement [kʀepitmɑ̃] 남성형 명사 따닥따닥[탁탁] 소리
[15]étincelle [etɛ̃sεl] 1. 여성형 명사 불똥, 불티
2. 여성형 명사 (눈 따위의) 광채,섬광
3. 여성형 명사 [비유] (지성 따위의) 번득임
[16]미래의 기대 속에서 태어난 나는 빛나며, 완전하게 도약했다. 매 순간이 내 탄생 의식을 반복했다: 내 마음의 애정 속에서 불꽃의 스파크를 보려 했다. 과거가 나를 풍요롭게 할 이유가 뭐란 말인가? 과거는 나를 만들지 않았고, 오히려 나 자신이 재에서 부활하며, 끊임없이 재창조되는 창조 행위로 무(無)에서 내 기억을 끌어냈다. 나는 더 나아져 부활했고, 단순히 죽음이 매번 더 가까워지며 그 어두운 빛으로 나를 더 밝게 비추었기 때문에, 영혼의 무기력한 저장고를 더 잘 이용했다.
Né d'une attente future: 과거가 아닌 미래 지향적 존재 – 사르트르 실존주의의 '미래에서 오는 나'.
ressuscitant de mes cendres: 피닉스처럼 자아 재창조, 결정론 거부.
죽음의 가까움(la mort, à chaque fois, plus proche)이 오히려 생을 밝히는 역설적 계몽.
[17]'내 안에서 부드럽게, 꾸준히 일하는 힘들' – 마치 시계 장치나 노동자가 자동으로 돌아가는 듯한, 관성적·결정론적 발전 과정. 사르트르는 이런 '느린 노동(épanouissement lent)'을 싫어하며, 대신 미래 지향적 폭발을 원함.
[18]fourrer [fuʀe] 1. 타동사 (에) 쑤셔 넣다, 집어넣다 ; (언짢은 일에 남을) 끌어넣다 (=mettre)
2. 타동사 (지나치게, 분별없이) 마구 주다, 안기다 (=donner, flanquer)
3. 대명동사 들어가다, 틀어박히다 ; 끼이다, 연루되다
4. 대명동사 자신의 ···에 찔러 넣다
[19]parbleu [paʀblø] 감탄사 그렇고 말고! 아무렴! 물론이지! (단언·강한 찬성의 표현)
[20]tels que는 '…와 같은, …같은'으로 번역하는 관계절 도입사입니다. 여기서는 비교·대조를 강조합니다.
[21]사람들은 종종 나에게 말했다: 과거가 우리를 밀어준다고. 하지만 나는 미래가 나를 끌어당긴다고 확신했다. 내내 안에서 부드럽게, 꾸준히 일하는 힘들, 내 성향의 느린 전개가 느껴지는 걸 싫어했을 것이다. 나는 부르주아들의 지속적 진보를 내 영혼에 집어넣고 그것을 폭발 엔진으로 만들었다. 과거를 현재 앞에 낮추고, 현재를 미래 앞에 낮추며, 평온한 진화론을 혁명적이고 불연속적인 파국론으로 바꿔놓았다. 몇 년 전 누군가 지적해주었듯이, 내 희곡과 소설의 인물들은 갑작스럽고 위기적인 순간에 결정을 내린다. 예를 들어, 《파리》의 오레스테스가 순간에 전환을 이루는 데 충분하다. 당연한 일이다: 나는 그들을 내 모습대로 만들었기 때문이다. 내가 실제로 있는 그대로가 아니라, 내가 되고 싶었던 모습대로.
[22]rester 동사 다음에 le를 받는 구조는 프랑스어의 표준 명사 보어(state complement) + 대명사 패턴
[23]entreprendre [ɑ̃tʀəpʀɑ̃ːdʀ] 1. 타동사 착수하다, 시작하다,감행하다 (=commencer, hasarder)
2. 타동사 시도[기도]하다 (=essayer, tenter)
3. 자동사 [옛·문어] 침해하다, 위협하다 (=attenter à, empiéter sur)
[24]나는 배신자가 되었고, 지금까지 그 상태로 남아 있다. 내가 하는 일에 온전히 몰두해도 소용없다. 일, 분노, 우정에 아낌없이 자신을 바쳐도, 한 순간에 나 자신을 부정할 것이다. 나는 그것을 알고, 원하며, 이미 열정 속에서 미래의 배신에 대한 기쁜 예감으로 나 자신을 배신하고 있다. 대체로 나는 다른 사람처럼 약속을 지킨다. 애정과 행동에서 일관되지만, 감정에 대해서는 불충실하다. 기념물, 그림, 풍경에서, 한때 마지막으로 본 것이 항상 가장 아름다웠다. 나는 냉소나 단순한 가벼움으로 – 내가 그것에 무관심하다는 걸 스스로 납득시키기 위해 – 친구들에게 소중할 수 있는 공통 추억을 상기시켜 그들을 실망시켰다.
# 사르트르 특성(최근 최상) + 냉소적 표현 → 친구 소중 추억 깎아내림 → 실존주의 '배신' 증명 - 주요 목적: 친구 실망이 아니라, 자신의 '감정 불충실(infidèle à mes émotions)'을 예증. 부르주아적 '영속 추억' 대신 끊임없는 재창조를 선택한 삶.
[25]inexorable [inεgzɔʀabl] 1. 형용사 인정에 끌리지 않는, 무정한, 준엄한 (=implacable, impitoyable)
2. 형용사 (명사 앞·뒤) 냉혹한, 가혹한,피할 수 없는 (=fatal, inévitable)
exorable [εgzɔʀabl] 형용사 자비로운, 관대한
[26]promiscuité [pʀɔmiskɥite] 1. 여성형 명사 잡거(雜居) (생활)
2. 여성형 명사 뒤섞임, 복잡함, 혼잡
[27]biffer [bife] 타동사 지우다, 삭제[말소]하다,제거하다, (과거의 언동 따위를) 무효화하다 (=raturer, rayer, supprimer)
[28]rature [ʀatyːʀ] 1. 여성형 명사 삭제[정정]하기 위해 그은 줄 (=biffure)
2. 여성형 명사 [금속] (순도 검사를 위해 깎아낸) 금괴 박편(薄片)
[29]자기 사랑 부족으로 앞으로 도망쳤고, 결과적으로 나 자신을 더 사랑하지 않게 됐다. 이 피할 수 없는 진보가 내 눈에 나를 끊임없이 자격 미달로 만든다: 어제 내가 잘못 행동한 것은 어제였기 때문이고, 오늘 나는 내일 내가 내릴 가혹한 판단을 예감한다. 특히 친밀함(무질서한 뒤섞임)은 절대 안 돼: 나는 내 과거를 존중하는 거리 두기로 유지한다. 청소년기, 성숙기, 심지어 방금 지난 해조차도 항상 '구체제'일 뿐이다: '신체제'는 현재 순간에 예고되지만 결코 제도화되지 않는다: 내일이면 공짜로 면도해 주겠다. 특히 내 첫 몇 년은 완전히 지웠다: 이 책을 시작할 때, 그 밑의 글씨를 긁어 지운 흔적 아래서 해독하는 데 오랜 시간이 걸렸다.
#demain, on rasera gratis: 프랑스 속담(공짜 약속의 헛소리) – '미래 혁명'이 영원히 미루어짐.
[30]flatter [flate] 1. 타동사 아첨하다, 비위를 맞추다, 알랑거리다
2. 타동사 [옛] 기만하다, 속이다,[문어] (에게) (을) 헛되이 갖게 하다
3. 대명동사 [옛] (헛된) 기대를 가지다, 환상을 품다
4. 대명동사 자신하다, 은근히 기대하다
[31]tenace 1 [tənas] 1. 형용사 점착력이 있는, 끈적거리는,잘 지워지지[제거되지] 않는
2. 형용사 [비유] (감정·습관 따위가) 뿌리깊은,(고통·병 따위가) 잘 치유되지 않는,(기억력이) 좋은
3. 형용사 완고한,끈질긴, 집요한,완강한 (=opiniâtre)
[32]tard [taːʀ] 1. 부사 늦게,나중에, 후에, 뒤에
2. 부사 늦은 시기[시간]에,(아침·밤) 늦게
3. 남성형 명사 sur le tard [옛] 저녁 늦게,만년에
[33]véniel [venjεl] 1. 형용사 [신학] 용서받을 수 있는 (↔mortel)
2. 형용사 [문어] (과오 따위가) 가벼운, 경미한
[34]30대 때 친구들이 놀라워했다: « 부모도 없고, 어린 시절도 없었던 것 같군요. » 나는 어리석게도 그 말이 기뻤다. 그러나 나는 어떤 사람들—특히 여자들—이 자신의 취향, 욕망, 옛 사업, 사라진 축제에 대해 보이는 겸손하고 끈질긴 충실함을 사랑하고 존경한다. 변화 속에서 똑같은 자신으로 남으려는 그들의 의지, 기억을 구하려는 노력, 죽음 속으로 첫 인형, 젖니, 첫사랑을 가져가려는 태도를 나는 존경한다. 젊었을 때 욕망했던 이유만으로 늦게까지 늙은 여자와 동침한 남자들을 알았고, 죽은 자에게 원한을 품거나 20년 전의 사소한 잘못을 인정하기보다는 싸우려 했던 다른 남자들도 알았다.
[35]imposer [ɛ̃poze] 1. 타동사 (공물 따위를) 과하다, 지불하게 하다
2. 타동사 과세하다 (=taxer)
3. 간접타동사 [en imposer à] ([옛] en 없이) 에게 강한 인상을 주다, 경외심을 갖게 하다, 압도하다
4. 간접타동사 [옛] [(en) imposer ] 을 속이다 (=tromper)
[36]regarder [ʀəgaʀde] 1. 타동사 보다, 바라보다,지켜보다
2. 타동사 관찰하다, 지켜보다 (=observer)
3. 간접타동사 [regarder à qc] 에 신경을 쓰다, 집착하다
4. 간접타동사 [regarder à qc/] (돈·비용을) 아끼다
[37]débit 2 [debi] 1. 남성형 명사 지불금[채무] 계정
2. 남성형 명사 [상업] 매상 전표의 작성
3. 남성형 명사 [회계] 차변(借邊), (↔crédit)
[38]affront [afʀɔ̃] 1. 남성형 명사 모욕, 창피 (=insulte, humiliation, outrage)
2. 남성형 명사 수치심, 불명예
[39]essuyer [esɥije] 1. 타동사 (물기 따위를) 닦다, 씻다
2. 타동사 (먼지·더러움 따위를 없애기 위해) 닦다, 문지르다
3. 대명동사 (자기의) 몸을 닦다
4. 대명동사 자기의 을 닦다
'받아내다/참다'
[40]égard [egaːʀ] 1. 남성형 명사 고려, 참작 (=considération)
2. 남성형 명사 존경, 경의,(복수) 존경의 표시
[41]susceptibilité [sysεptibilite] 1. 여성형 명사 격하기 쉬운[자존심이 강한, 과민한] 성격
2. 여성형 명사 신경과민
3. 여성형 명사 (병 따위에 대한) 감응성, 감염성
[42]persécution [pεʀsekysjɔ̃] 1. 여성형 명사 박해, 학대
2. 여성형 명사 [구어] 괴롭힘,귀찮게 함
[43]empressement [ɑ̃pʀεsmɑ̃] 1. 남성형 명사 열의, 열심,민첩, 민활 (=ardeur, zèle,), (↔froideur)
2. 남성형 명사 배려, 친절, 정중 (=complaisance)
[44]abonder [abɔ̃de] 1. 자동사 많다, 풍부하다 (=foisonner, fourmiller)
2. 자동사 (이) 많다
[45]comporter [kɔ̃pɔʀte] 1. 타동사 허용하다 (=admettre)
2. 타동사 포함하다,내포하다 (=impliquer)
3. 대명동사 행동하다, 처신하다 (=se conduire)
4. 대명동사 (주어는 사물) 움직이다, 작동하다,(환율 따위가) 변동하다
[46]vaniteux [vanitø] 1. 형용사 자만심[허영심]이 강한,거만한, 건방진 (=orgueilleux,), (↔modeste)
2. 명사 자만심[허영심]이 강한 사람
[47]나는 원한을 품지 않고 모든 걸 즐겁게 고백한다: 자기비판에는 재능이 있지만, 강요되지 않는 한에서다. 1936년, 1945년에 내 이름을 단 그 인물에게 가해진 불행들 – 그게 나와 무슨 상관인가? 그 멍청이가 받은 모욕들을 그의 탁자에 올려놓는다: 그 바보는 존중받는 법조차 몰랐다. 오랜 친구가 나를 만난다. 쓰디쓴 폭로: 17년째 품은 원한을 토로한다. 특정 상황에서 내가 그를 무시했다. 어렴풋이 기억난다 – 그때 나는 반격하며 변명했지, 그의 과민함과 피해의식을 비난하며, 그 사건에 대한 나만의 버전을 가졌었다: 오히려 더 열심히 그의 버전을 받아들인다. 나는 그의 의견에 동조하며, 스스로를 짓밟는다. 허영심 많고 이기적인 놈으로 행동했어, 마음이 없었어. 이건 즐거운 학살이다: 내 명료함에 황홀해진다. 그렇게 좋은 태도로 잘못을 인정하는 건, 더 이상 그런 잘못을 저지르지 않을 거라는 증거다.
#1. 과거 회상: *Je me rappelle vaguement* (17년 전 변명 버전 기억)
↓
2. 현재 전환: *je n'en mets que plus d'empressement à adopter la sienne*
(*mets* 현재시제: 더 열심히 친구 버전 채택)
↓
3. 현재 자기파괴: *j'abonde* (동조) → *je m'accable* (스스로 짓밟음)
