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Économie : Faux monnayage et billets noirs, les dessous d’une escroquerie
Publié le dimanche 16 août 2026 à 23h17min
Lors du séminaire destiné aux journalistes économiques de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), les 21 et 22 juillet 2026 à Dakar, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a levé le voile sur deux phénomènes : le faux monnayage et la prétendue affaire des billets noirs qui alimentent régulièrement fantasmes, rumeurs et escroqueries. À travers les explications de ses experts, l’institution a permis de mieux comprendre les mécanismes qui se cachent derrière ces mises en scène souvent spectaculaires.
Avant de s’intéresser au phénomène des billets noirs, les experts de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ont commencé par préciser ce que recouvre la notion de faux monnayage. Celui-ci désigne, selon eux, l’ensemble des infractions consistant à fabriquer, falsifier, détenir ou mettre en circulation de la fausse monnaie, avec l’intention de la faire passer pour authentique. La distinction est fondamentale, expliquent les spécialistes de la BCEAO. Une monnaie véritable est celle qui a été émise par l’institution légalement habilitée à le faire, en l’occurrence la BCEAO pour les États membres de l’UMOA. À l’inverse, tout billet fabriqué ou falsifié en dehors du circuit officiel constitue de la fausse monnaie.
Les experts de la Banque centrale invitent également à faire preuve de prudence face à certaines annonces spectaculaires faisant état de saisies de plusieurs milliards de francs CFA. Selon eux, rien qu’un ou deux milliards de francs CFA en billets authentiques, par exemple, représentent déjà un volume et un poids considérables. L’idée qu’une personne puisse simplement transporter une telle somme dans une simple valise devrait donc, à elle seule, susciter quelques interrogations.
Quand le papier devient « fortune »
C’est dans cet univers de mystère et de mise en scène qu’intervient le phénomène des billets noirs. Mais avant d’aller plus loin, les spécialistes de la BCEAO signalent que les devises les plus concernées par le phénomène sont le dollar et l’euro. Selon les explications fournies, cette forme d’escroquerie repose sur un scénario soigneusement préparé. Les escrocs utilisent des feuilles de papier découpées au format de véritables billets, auxquelles ils associent quelques vrais billets de banque. Ils présentent ensuite le procédé à leur victime comme une opération capable de transformer ces papiers noirs en véritables billets. Toute la supercherie repose sur cette démonstration destinée à donner de la crédibilité à l’opération.
Les spécialistes de la Banque centrale signalent que le décor lui-même participe à l’illusion. Les lieux choisis, les prétendus employés, le matériel présenté comme sophistiqué, les produits chimiques et les gestes savamment répétés. Tout est pensé pour donner au scénario les apparences d’un laboratoire clandestin ou d’un atelier spécialisé. « La victime assiste alors à une démonstration soigneusement orchestrée. Les billets authentiques, préalablement noircis, sont lavés sous ses yeux. Après séchage et diverses manipulations, ils réapparaissent comme des billets parfaitement valides. Pour la victime, la démonstration semble convaincante. Pourtant, le piège est déjà presque refermé.
Le rôle central des vrais billets
Pour les spécialistes de la BCEAO, toute la perversité de l’astuce réside dans ce que la victime voit effectivement fonctionner. La démonstration est réelle, mais l’interprétation qu’elle en fait est fausse. Les quelques billets utilisés au départ sont authentiques. Le procédé spectaculaire ne sert donc nullement à fabriquer de l’argent ; il sert plutôt à convaincre la victime que les escrocs disposent d’un savoir-faire ou d’une technique secrète permettant de produire de l’argent en quantité.
La promesse devient alors particulièrement séduisante. Les escrocs font croire à leur cible qu’en remettant quelques millions de francs CFA, elle pourrait récupérer plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de millions. Dans leur discours, précisent les experts de la BCEAO, le produit chimique présenté comme indispensable à l’opération est parfois associé au mercure ou à d’autres substances mystérieuses. Mais derrière ce vocabulaire pseudo-technique, se cache surtout une mécanique destinée à entretenir le mystère et à rendre crédible ce qui, en réalité, ne l’est pas.
L’argent disparaît, le « marabout » aussi
Selon les spécialistes de la BCEAO, le scénario connaît généralement une seconde phase, celle de la disparition. Après avoir remis, par exemple, cinq ou dix millions de francs CFA, la victime est invitée à revenir quelques semaines plus tard pour récupérer la somme qui lui a été promise. Mais à son retour, elle constate malheureusement que les vendeurs d’illusion ont disparu. Et avec eux, l’argent de la victime.
La victime peut hésiter à porter plainte tant l’escroquerie a fonctionné comme un coup de maître. Puisqu’elle a accepté de plein gré une opération illégale ou clandestine. Elle peut alors craindre de devoir expliquer aux enquêteurs pourquoi elle a remis plusieurs millions de francs CFA à des individus qui lui promettaient de multiplier son argent. C’est précisément cette zone de honte, de peur et parfois de culpabilité qui contribue à protéger les escrocs et à compliquer le signalement de ce type d’arnaque.
Ces « milliards » qui n’en sont pas
Le phénomène des « billets noirs » appelle donc à davantage de vigilance. Une importante quantité de papiers noirs, soigneusement découpés aux dimensions de billets de banque, peut produire un effet visuel impressionnant. Entassée dans une valise ou disposée en liasses, elle peut donner l’apparence d’une fortune considérable. Mais cette apparence ne lui confère aucune valeur monétaire. Les spécialistes de la BCEAO rappellent ainsi qu’une quantité importante de supports ressemblant à des billets peut être assimilée, dans le langage courant ou médiatique, à une importante somme d’argent. Or, un papier ne devient pas un billet de banque simplement parce qu’il en adopte le format ou l’apparence.
Dans un contexte où les trafics de faux billets peuvent se mêler à d’autres formes de criminalité, la vigilance ne concerne donc pas uniquement les banques, les douanes ou les forces de sécurité. Elle interpelle également le grand public. Les experts de la BCEAO interpellent sur le fait que la promesse de transformer quelques millions de francs CFA en dizaines ou en centaines de millions devrait davantage être considérée comme un signal d’alerte que comme une opportunité. Ainsi, derrière le mystère des prétendus « billets noirs », ce ne sont finalement pas des fortunes qui se créent, mais bien souvent l’argent des victimes qui disparaît.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
기사는 2026년 8월 16일 부르키나파소 언론매체인 'Lefaso.net'에 게재된 것으로, 서아프리카중앙은행(BCEAO)이 언론인 세미나를 통해 이른바 **‘블랙머니(Billets noirs)’ 사기 수법의 실체를 폭로하고 대중의 주의를 당부**하는 내용입니다.
## 📝 기사 내용 요약
이 기사는 서아프리카중앙은행(BCEAO) 전문가들이 설명하는 '블랙머니 사기(Wash Wash Scam)'의 치밀한 수법과 그 함정을 다루고 있습니다.
* **위조지폐와 블랙머니의 차이:**
위조지폐는 공식 기관(BCEAO)이 아닌 자가 진짜처럼 보이게 위조해 유통하는 가짜 돈입니다. 반면 블랙머니는 돈의 형태를 띤 가짜 종이를 이용해 피해자의 '진짜 돈'을 뜯어내는 사기 수법의 도구일 뿐입니다.
* **블랙머니 사기 수법 (환상 심어주기):**
사기꾼들은 지폐 크기로 자른 수많은 검은 종이 사이에 **검게 칠한 '진짜 지폐' 몇 장**을 섞어둡니다. 그리고 피해자 앞에서 정체불명의 화학 약품을 사용해 이 검은 종이를 씻어냅니다. 섞여 있던 진짜 지폐의 검은 칠이 벗겨지면서 진짜 돈으로 변하는 모습을 본 피해자는, 이 마법 같은 기술을 맹신하게 됩니다.
* **사기꾼의 목적과 도주:**
사기꾼들은 더 많은 검은 종이를 진짜 돈으로 바꾸기 위해 "비싼 화학 약품(수은 등)이 필요하다"며 피해자에게 수백만 세파프랑(CFA)의 투자금을 요구합니다. 피해자가 수백억의 일확천금을 꿈꾸며 돈을 건네고 나면, 사기꾼들은 돈을 챙겨 흔적도 없이 사라집니다.
* **신고의 어려움:**
피해자들은 자신이 '불법적인 화폐 제조'에 가담하려 했다는 수치심과 경찰 조사의 두려움 때문에 사기를 당하고도 쉽게 신고하지 못합니다. 사기꾼들은 바로 이 점을 노립니다.
* **언론과 대중의 착각:**
BCEAO는 "블랙머니 수십억 압수"와 같은 자극적인 기사를 경계하라고 지적합니다. 실제 수십억 세파프랑은 가방 하나에 들어갈 수 없을 만큼 무겁고 부피가 큽니다. 여행 가방에 가득 찬 검은 종이는 수십억의 가치가 있는 위조지폐가 아니라, 그저 '종이 쓰레기'에 불과하다는 것입니다.
## 🔍 앞뒤 맥락 및 배경 설명
이 기사는 서아프리카 지역의 경제·사회적 환경과 금융 범죄의 심리적 구조를 깊이 있게 보여주는 흥미로운 배경을 가지고 있습니다.
### 1. 고전적인 '워시워시 사기(Wash Wash Scam)'의 지속
기사에서 설명하는 수법은 전 세계적으로 꽤 오래전부터 존재해 온 '블랙머니 사기' 또는 '워시워시 사기'의 전형입니다. 금융 시스템이 고도화된 선진국에서는 많이 사라졌으나, 현금 거래 비중이 높고 비공식 경제가 활성화된 아프리카 일부 지역에서는 여전히 기승을 부리고 있습니다. 유로화나 달러화를 표적으로 삼는 경우가 많지만, 현지 통화인 세파프랑(FCFA)을 이용한 사기도 빈번합니다.
### 2. BCEAO(서아프리카중앙은행)가 나선 이유: '언론 교육'
이 기사가 나오게 된 배경인 '다카르 언론인 세미나(2026년 7월)'에 주목할 필요가 있습니다. 현지 경찰이 사기 조직을 검거하면, 현지 언론들은 종종 "수백억 원대 위조지폐(블랙머니) 압수"와 같이 자극적인 헤드라인을 뽑아냅니다.
하지만 중앙은행 입장에서는 **언론이 검은 종이 무더기에 '수백억의 금전적 가치'를 부여하는 기사를 쓰면 쓸수록, 대중들이 블랙머니를 진짜 돈으로 착각하는 환상이 커진다**고 판단한 것입니다. 따라서 경제 기자들에게 "저것은 돈이 아니라 그냥 종이 쪼가리일 뿐이다"라는 점을 명확히 교육하여, 범죄의 신비감을 깨트리려는 목적이 큽니다.
### 3. 경제적 절박함과 인간의 탐욕을 노린 범죄
이 사기는 단순히 속임수가 정교해서 성공하는 것이 아니라, 아프리카 경제 위기 속에서 서민이나 상인들이 겪는 '경제적 절박함'과 '일확천금에 대한 탐욕'을 교묘하게 파고듭니다. 투자금 대비 수십 배의 수익을 준다는 유혹은 폰지 사기(다단계)와 비슷한 심리적 메커니즘을 작동시킵니다.
### 4. 사헬-서아프리카 지역의 치안 맥락
이전의 기사들(말리의 대테러 작전, 니제르의 정유공장 건설 등)에서 볼 수 있듯, 현재 서아프리카(UMOA 회원국 포함)는 정치적 불안정과 테러, 경제적 제재 등으로 혼란스러운 시기를 겪고 있습니다. 이러한 사회적 혼란기는 지하 경제(Underground economy)와 밀수, 사기 조직이 활개 치기 가장 좋은 토양을 제공합니다. 국가 기관이 이런 금융 사기에 대한 대국민 경고를 강화하는 것은 사회 전반의 범죄율을 낮추고 금융 시스템에 대한 신뢰를 회복하기 위한 조치로 볼 수 있습니다.
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